حَدَّثَنَا عَمْرٌو النَّاقِدُ، وَابْنُ أَبِي عُمَرَ، قَالاَ حَدَّثَنَا سُفْيَانُ بْنُ عُيَيْنَةَ، عَنْ عَبْدِ الرَّحْمَنِ، بْنِ الْقَاسِمِ عَنْ أَبِيهِ، عَنْ عَائِشَةَ، قَالَتْ جَاءَتْ سَهْلَةُ بِنْتُ سُهَيْلٍ إِلَى النَّبِيِّ صلى الله عليه وسلم فَقَالَتْ يَا رَسُولَ اللَّهِ إِنِّي أَرَى فِي وَجْهِ أَبِي حُذَيْفَةَ مِنْ دُخُولِ سَالِمٍ - وَهُوَ حَلِيفُهُ ‏.‏ فَقَالَ النَّبِيُّ صلى الله عليه وسلم ‏"‏ أَرْضِعِيهِ ‏"‏ ‏.‏ قَالَتْ وَكَيْفَ أُرْضِعُهُ وَهُوَ رَجُلٌ كَبِيرٌ فَتَبَسَّمَ رَسُولُ اللَّهِ صلى الله عليه وسلم وَقَالَ ‏"‏ قَدْ عَلِمْتُ أَنَّهُ رَجُلٌ كَبِيرٌ ‏"‏ ‏.‏ زَادَ عَمْرٌو فِي حَدِيثِهِ وَكَانَ قَدْ شَهِدَ بَدْرًا ‏.‏ وَفِي رِوَايَةِ ابْنِ أَبِي عُمَرَ فَضَحِكَ رَسُولُ اللَّهِ صلى الله عليه وسلم ‏.‏
Traduction
Zainab, fille d’Abu Salama, a rapporté

J’ai entendu Umm Salama, l’épouse du Messager d’Allah (que la paix soit sur lui) dire à 'A’isha : « Par Allah, je n’aime pas être vu par un jeune garçon qui a passé la période de nourricier, sur quoi elle ('A’isha) a dit : « Pourquoi en est-il ainsi ? Sahla, fille de Suhail, s’approcha du Messager d’Allah (ﷺ) et lui dit : « Messager d’Allah, je le jure par Allah que je vois sur le visage d’Abou Houdhaïfa (les signes de dégoût) à cause de l’entrée de Salim (dans la maison), sur quoi le Messager d’Allah (ﷺ) a dit : « Allaite-le. Elle (Sahla bint Suhail) a dit : « Il a entendu. » Mais il a (encore) dit : « Allaite-le, et cela enlèvera ce qu’il y a (expression de dégoût) sur le visage d’Abou Hudhaifa. Elle a dit : « (J’ai fait cela) et, par Allah, je n’ai vu (aucun signe de dégoût) sur le visage d’Abou Hudhaïfa.

Comment

Le Livre de l'Allaitement - Sahih Muslim 1453 e

Ce récit d'Oumm Salama et 'A'isha concerne la règle du radā' (allaitement) et son effet dans l'établissement de la mahramiyyah (interdiction de mariage). La sagesse derrière cette législation divine est d'élargir le cercle des parents non-mariable, préservant ainsi la pudeur et prévenant la fitnah potentielle.

Explication Contextuelle

Sahla bint Suhail s'est approchée du Prophète ﷺ concernant Salim, leur fils adoptif qui avait atteint la maturité. Bien qu'il ne soit pas son fils biologique, il vivait dans leur foyer. Abou Houdayfa ressentait un malaise avec l'entrée non restreinte de Salim dans leurs quartiers privés.

L'instruction du Prophète ﷺ d'allaiter Salim a établi une relation mère-fils par le radā', le rendant son mahram. Cette méthode prescrite divinement a résolu le malaise du foyer tout en respectant les directives islamiques.

Règlements Légaux Dérivés

Ce hadith établit que le radā' (allaitement) crée la même relation de mahram que les liens de sang. Cinq allaitements ou plus établissent une mahramiyyah permanente selon l'opinion savante prédominante.

La règle s'applique même si la personne allaitée est adulte, comme démontré par Salim ayant une barbe. La relation de radā' permet le même niveau d'interaction qu'avec les mahrams de sang.

Ce cas était spécifique à la situation du foyer de Sahla et n'indique pas une autorisation générale pour l'allaitement adulte. La législation primaire concerne l'allaitement infantile, ceci étant une règle exceptionnelle pour un besoin particulier.

Commentaire Savant

L'imam Nawawi explique que ce hadith démontre la complétude de la loi islamique en répondant à tous les besoins humains tout en préservant la pudeur. La relation de radā' empêche ce qui serait autrement une vision et une interaction interdites.

Ibn Hajar al-Asqalani note que cette règle était pour une nécessité spécifique et n'établit pas une pratique générale. La sagesse réside dans la flexibilité de la Charia pour répondre aux besoins humains authentiques tout en maintenant ses principes fondamentaux.

Les savants soulignent que le nombre minimum d'allaitements requis pour établir la mahramiyyah est de cinq tétées séparées, basé sur d'autres récits authentiques de la Mère des Croyants, 'A'isha.