Mon père a dicté (et j'ai écrit pour lui) à Ubaidullah b. Abu Bakra alors qu'il était le juge de Sijistan: ne jugez pas entre deux personnes lorsque vous êtes en colère, car j'ai entendu le messager d'Allah (ﷺ) comme disant: aucun de vous ne devrait juger entre deux personnes quand il est en colère.
Le Livre des Décisions Judiciaires - Sahih Muslim 1717a
Cette narration d'Abu Bakrah, transmise par son fils Ubaidullah, établit un principe fondamental pour le système judiciaire islamique : l'interdiction de juger des litiges en état de colère.
Commentaire Savant
L'interdiction découle de la capacité de la colère à obscurcir le raisonnement judiciaire et l'impartialité. Lorsque la colère domine le cœur, elle peut conduire à des jugements hâtifs, une enquête inappropriée ou une déviation des principes juridiques établis.
Les savants classiques soulignent que cette règle s'applique à toutes les formes de prise de décision judiciaire, que ce soit dans des tribunaux formels ou des arbitrages informels. La sagesse derrière cette interdiction garantit que les jugements restent ancrés dans la justice plutôt que dans des impulsions émotionnelles.
Mise en Œuvre Pratique
Les juristes recommandent que les juges reportent les procédures jusqu'à ce que leur état émotionnel se stabilise. Certains savants étendent ce principe pour inclure d'autres extrêmes émotionnels tels qu'une faim extrême, la fatigue ou la détresse qui pourraient altérer un jugement sain.
Ce hadith établit que le maintien de conditions internes appropriées est aussi crucial que la correction procédurale externe dans le système judiciaire islamique, reflétant la nature complète de la justice islamique qui prend en compte à la fois les actions extérieures et les états intérieurs.