Les deux parties à une transaction commerciale ont le droit de l’annuler tant qu’elles ne se sont pas séparées ; et s’ils disent la vérité et rendent tout clair, ils seront bénis dans leur transaction ; mais s’ils mentent et cachent quoi que ce soit, la bénédiction de leur transaction sera effacée.
Texte et Référence du Hadith
« Les deux parties dans une transaction commerciale ont le droit de l'annuler tant qu'elles ne se sont pas séparées ; et si elles disent la vérité et rendent tout clair, elles seront bénies dans leur transaction ; mais si elles mentent et cachent quoi que ce soit, la bénédiction sur leur transaction sera effacée. »
Source : Le Livre des Transactions, Sahih Muslim 1532 a
Commentaire sur le Droit de Rétractation (Khiyar al-Majlis)
La phrase « tant qu'elles ne se sont pas séparées » établit le principe juridique du Khiyar al-Majlis (option de session). Cela accorde à l'acheteur et au vendeur le droit inhérent de résilier le contrat tant qu'ils restent ensemble au lieu de la transaction, avant la séparation physique. Cette disposition protège les parties contre des décisions hâtives et permet une reconsidération.
Les savants interprètent la « séparation » comme le départ physique du lieu de négociation. L'école hanafite soutient que cette option persiste jusqu'à ce que les parties se séparent. Les écoles malikite, chaféite et hanbalite maintiennent qu'elle dure jusqu'à la conclusion de la réunion contractuelle elle-même.
L'Impératif de Véracité et de Divulgation Complète
La condition « si elles disent la vérité et rendent tout clair » impose une obligation religieuse et éthique au-delà du simple respect légal. Elle interdit le gharar (incertitude excessive) et le ghish (fraude/tromperie). Un commerçant doit divulguer tous les défauts matériels et informations pertinentes, même s'ils ne sont pas explicitement demandés.
La dissimulation (kitman) ici se réfère à cacher des défauts dans la marchandise, des descriptions trompeuses ou omettre des termes cruciaux. De tels actes violent la confiance essentielle au droit commercial islamique et annulent la bénédiction divine (barakah) dans la richesse gagnée.
La Conséquence Spirituelle : Barakah et Sa Perte
L'enseignement central est que le commerce licite n'est pas seulement un échange mondain mais un acte de culte récompensé par la barakah—une bénédiction divine qui augmente le bénéfice, la satisfaction et la valeur spirituelle dans la richesse et son utilisation.
Inversement, la tromperie « efface » cette bénédiction. La transaction peut sembler rentable en termes mondains, mais elle devient spirituellement en faillite, pouvant conduire à la perte, l'insatisfaction et la responsabilité dans l'Au-delà. Ainsi, l'honnêteté est le fondement du succès temporel et de la récompense éternelle.