La vertu de celui qui mémorise le Coran Sahih Muslim 797 b

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Traduction
Ce hadith a été rapporté par Qatada avec la même chaîne de transmetteurs, mais avec une altération qui au lieu du mot

« hypocrite » (Munafiq), là c’est « méchant » (fajir).

Comment

🎯 Aperçu et thème central

Ce hadith, rapporté dans Sahih Muslim (797 b) dans le Livre de la Prière – Voyageurs, présente une taxonomie morale profonde : celui qui récite le Coran avec une excellence visible mais cache l'hypocrisie est qualifié de "munafiq" (hypocrite), tandis que celui qui récite avec une apparente déficience mais nourrit une foi sincère est qualifié de "fajir" (méchant). Le thème central est la primauté de la sincérité intérieure (ikhlas) sur la performance extérieure, et l'avertissement sévère contre l'utilisation du Coran comme moyen d'auto-exhibition (riya') ou de gain mondain. Le Prophète ﷺ enseigne que le Coran est une preuve pour ou contre une personne – sa récitation doit être accompagnée d'une action vertueuse, et non seulement d'une articulation éloquente.

📖 Contexte et aperçus linguistiques

Le hadith complet, tel que rapporté par Muslim, dit : "L'exemple d'un croyant qui récite le Coran est comme un cédrat (utrujjah), son odeur est agréable et son goût est agréable ; l'exemple d'un croyant qui ne récite pas le Coran est comme une datte, son odeur est nulle mais son goût est sucré ; l'exemple d'un hypocrite qui récite le Coran est comme un basilic (rayhanah), son odeur est agréable mais son goût est amer ; et l'exemple d'un hypocrite qui ne récite pas le Coran est comme une coloquinte (handhalah), son odeur est nulle et son goût est amer." Les termes munafiq (hypocrite) et fajir (méchant) sont ici utilisés dans un sens relatif – se référant à celui dont la récitation extérieure n'est pas assortie d'une foi intérieure, ou dont les actions contredisent ses paroles. Linguistiquement, fajir dérive de fajara (briser, fendre), indiquant celui qui se détache de l'obéissance. Le sabab al-wurud (contexte) se rapporte au Prophète ﷺ illustrant les états variés des croyants et des hypocrites dans leur relation avec le Coran, soulignant que le simple acte de récitation sans foi transformatrice est blâmable.

💎 Aperçus savants clés et bénéfices juridiques

  • Le Coran est une preuve vivante (hujjah) pour le récitant au Jour du Jugement s'il agit selon lui, et contre lui s'il le néglige – la récitation seule ne garantit pas le salut.
  • L'hypocrisie (nifaq) dans ce contexte n'est pas nécessairement la mécréance théologique des hypocrites de Médine, mais une hypocrisie moindre (nifaq al-‘amal) – se faire voir dans l'adoration, ce qui est un péché majeur contre lequel les savants ont averti.
  • Les savants déduisent qu'il est permis de décrire l'état extérieur d'une personne avec des termes comme "fajir" lorsque ses actions contredisent clairement la foi, à condition que ce soit pour avertir et non pour calomnier.
  • Le hadith encourage les musulmans à embellir leur récitation avec un tajweed correct, mais plus crucialement, à laisser le Coran transformer leurs cœurs et leurs actions – sinon, la récitation devient un fardeau contre eux.
"L'imam An-Nawawi (qu'Allah lui fasse miséricorde) a dit : 'Ce hadith indique que la récitation du Coran par un hypocrite ne lui est d'aucun bénéfice, et que le croyant qui ne récite pas est tout de même récompensé pour sa foi, mais celui qui récite avec foi est supérieur. La ressemblance de l'hypocrite qui récite est celle d'une herbe à l'odeur agréable mais au goût amer – son apparence extérieure plaît aux gens, mais sa réalité intérieure est corrompue.'"

🌱 Vie quotidienne et application spirituelle

Dans notre vie quotidienne, ce hadith nous appelle à purifier nos intentions (niyyah) avant chaque récitation – en nous demandant : Est-ce que je lis pour être entendu des autres, ou pour être transformé par les paroles d'Allah ? Il nous exhorte à associer la tilawah (récitation) au tadabbur (réflexion) et au 'amal (action), en veillant à ce que le Coran façonne notre caractère, notre parole et nos choix. Lorsque nous voyons quelqu'un avec une récitation médiocre mais une piété évidente, nous ne devons pas le mépriser ; plutôt, nous devons admirer sa sincérité. Inversement, nous devons nous garder d'être impressionnés par des récitants éloquents dont la vie contredit le Coran. Des étapes pratiques incluent : fixer une portion quotidienne de Coran avec traduction, mettre en œuvre au moins un commandement de ce que nous lisons, et chercher refuge auprès d'Allah contre le riya'. Que le Coran soit un fruit sucré dans nos cœurs, et non une herbe amère sur nos langues.