Sunan an-Nasa'i

Sunan an-Nasa'i 1748

Ne pas lever les mains en suppliant pendant le witr
Texte arabe du hadith
أَخْبَرَنَا مُحَمَّدُ بْنُ بَشَّارٍ، قَالَ حَدَّثَنَا عَبْدُ الرَّحْمَنِ، عَنْ شُعْبَةَ، عَنْ ثَابِتٍ الْبُنَانِيِّ، عَنْ أَنَسٍ، قَالَ كَانَ النَّبِيُّ صلى الله عليه وسلملاَ يَرْفَعُ يَدَيْهِ فِي شَىْءٍ مِنْ دُعَائِهِ إِلاَّ فِي الاِسْتِسْقَاءِ ‏.‏قَالَ شُعْبَةُ فَقُلْتُ لِثَابِتٍ أَنْتَ سَمِعْتَهُ مِنْ أَنَسٍ قَالَ سُبْحَانَ اللَّهِ ‏.‏ قُلْتُ سَمِعْتَهُ قَالَ سُبْحَانَ اللَّهِ
Traduction
Il a été rapporté qu’Anas a dit

« Le Prophète (ﷺ) ne levait les mains dans aucune de ses supplications, sauf lorsqu’il priait pour la pluie (Al-Istisqa'). » (L’un des narrateurs) Shu’bah dit : « J’ai dit à Thabit : 'L’as-tu entendu de la bouche d’Anas ?' Il a dit : « Subhan Allah ! » J’ai dit : 'Tu l’as entendu ?' Il a dit : « Subhan Allah ! »

Commentaire

Aperçu & Thème Central

Ce hadith de Sunan an-Nasa'i (1748) capture une dimension subtile mais profonde de la pratique de supplication du Prophète ﷺ : la retenue délibérée dans l'élévation des mains pendant le du'a, à la seule exception de l'Istisqa' (prière pour la pluie). Le thème central n'est pas une interdiction d'élever les mains dans le du'a en général, mais plutôt une démonstration de la pratique normative (Sunnah) du Prophète ﷺ dans la plupart des supplications—caractérisée par l'humilité, la quiétude et la confiance en la sagesse d'Allah—tout en réservant le geste des mains levées pour les moments de détresse communautaire et de besoin, comme la sécheresse. Cela enseigne au croyant que le du'a est un acte du cœur et de la langue, pas simplement une posture physique, et que la Sunnah fournit une approche équilibrée et sensible au contexte pour l'adoration.

Contexte & Aperçus Linguistiques

Le narrateur, Anas ibn Malik (qu'Allah soit satisfait de lui), a observé le Prophète ﷺ sur une longue période et a noté que lever les mains dans la supplication n'était pas son habitude générale—sauf pendant l'Istisqa'. Le terme arabe Istisqa' (استسقاء) dérive de saqa (سقى), signifiant "donner à boire", et fait référence à la prière rituelle et à la supplication pour la pluie pendant la sécheresse. La réponse emphatique de Shu'bah, "Subhan Allah!" (gloire à Allah), reflète sa prudence savante et son étonnement face à la question, affirmant l'authenticité de la transmission de Thabit al-Bunani d'après Anas—une chaîne d'une fiabilité impeccable. Cette nuance linguistique souligne que les mains levées dans l'Istisqa' étaient une exception spécifique et légiférée, pas une règle générale, et le hadith souligne l'importance d'une transmission précise dans la préservation des actions du Prophète ﷺ.

Aperçus Savants Clés & Bénéfices Juridiques

  • Règle Jurisprudentielle : La majorité des savants (Jumhur) tiennent que lever les mains dans le du'a est recommandé (mustahabb) en général, mais ce hadith indique que le Prophète ﷺ ne le faisait pas habituellement—ainsi, ce n'est pas une Sunnah requise ou soulignée dans chaque supplication, mais plutôt un acte d'humilité permis, avec l'Istisqa' comme exception confirmée où lever les mains est fortement recommandé.
  • Principe Éthique : Le hadith enseigne la sincérité (ikhlas) et le khushu' (humilité) dans le du'a—l'essence de la supplication réside dans le cœur qui se tourne vers Allah, pas dans des gestes physiques élaborés. Trop insister sur l'élévation des mains peut mener à l'ostentation (riya'), tandis que la retenue du Prophète ﷺ modèle une supplication calme et sérieuse.
  • Consensus Classique : L'imam An-Nawawi (qu'Allah lui fasse miséricorde) dans Sharh Sahih Muslim déclare : "La Sunnah établie est d'élever les mains dans l'Istisqa', et le Prophète ﷺ ne les élevait pas dans d'autres supplications comme pratique générale—cela indique que lever les mains n'est pas une condition pour l'acceptation du du'a, mais un moyen de montrer le besoin, particulièrement en période de difficulté collective."
"Le Prophète ﷺ avait l'habitude d'élever ses mains dans l'Istisqa' jusqu'à ce que la blancheur de ses aisselles soit visible, et il ne les élevait pas dans d'autres supplications—c'est une preuve que la Sunnah est d'être modéré dans le du'a, et que la présence du cœur est plus importante que l'élévation des mains." — Imam Ibn Hajar al-Asqalani, Fath al-Bari

Application Quotidienne & Spirituelle

Pour le croyant moderne, ce hadith offre une clarté libératrice : le du'a est une conversation avec Allah, pas une performance théâtrale. Dans les supplications quotidiennes—avant de manger, pendant la prière, dans les moments d'anxiété—on doit se concentrer sur la présence du cœur (hudur al-qalb) et la sincérité de sa demande, que les mains soient levées ou non. Cependant, face à des calamités collectives—comme la sécheresse, la famine ou l'injustice généralisée—le croyant est encouragé à imiter l'exception du Prophète ﷺ, en levant les mains dans une supplication collective sincère, combinant ainsi l'humilité physique avec l'urgence spirituelle. Cet équilibre empêche à la fois l'extrémisme (sur-ritualisation) et la négligence (abandon de la Sunnah), et nous rappelle que chaque action du Prophète ﷺ était mesurée, intentionnelle et enracinée dans la guidance divine—un modèle pour notre propre adoration en toutes circonstances.