Le Messager d’Allah passa par l’un des jardins de La Mecque ou de Médine et entendit le bruit de deux hommes tourmentés dans leurs tombes. Le Messager d’Allah a dit : « Ils sont punis, mais ils ne sont pas punis pour quelque chose qui était difficile à éviter. » Puis il dit : « En effet, l’un d’eux avait l’habitude de ne pas prendre soin d’éviter de se faire uriner sur le corps ou sur les vêtements, et l’autre avait l’habitude de se promener en répandant des commérages. » Il leur demanda une tige de palmier qu’il brisa en deux et en plaça un morceau sur chaque tombe. On lui dit : « Ô Messager d’Allah, pourquoi as-tu fait cela ? » Il a dit : « Qu’il soit réduit pour eux tant que cela ne se tarit pas » ou : « jusqu’à ce que cela se dessèche ».
Le Livre des Funérailles - Sunan an-Nasa'i 2068
Un commentaire du point de vue de l'érudition islamique classique sur le hadith concernant le châtiment dans la tombe.
L'Incident et Son Importance
Cette narration établit la réalité du châtiment dans la tombe (ʿadhāb al-qabr), une croyance fondamentale en Islam confirmée par de nombreux versets coraniques et traditions prophétiques. La capacité du Prophète à entendre le tourment démontre sa perception spirituelle unique accordée par Allah.
L'emplacement près des jardins indique que le châtiment divin peut survenir n'importe où, pas seulement dans des lieux désolés, rappelant aux croyants l'omniprésence d'Allah et l'immédiateté de la responsabilité.
Analyse des Péchés
Le premier individu a été puni pour négligence concernant la pureté rituelle (ṭahārah) de l'urine. Les érudits classiques soulignent que l'urine est parmi les impuretés les plus fortes (najāsah), et son élimination correcte est essentielle pour la validité de la prière. Cette punition met en lumière la gravité que l'Islam accorde à la propreté physique et spirituelle.
Le deuxième individu a été puni pour nameemah (médisance, colportage) - répandre des paroles pour créer la discorde. Les érudits classent cela parmi les péchés majeurs en raison de ses conséquences sociales destructrices, brisant les liens de fraternité et répandant la corruption au sein de la communauté.
La déclaration du Prophète "pas pour quelque chose de difficile à éviter" indique que c'étaient des péchés évitables nécessitant une conscience religieuse de base plutôt qu'un effort extraordinaire.
L'Intervention Prophétique
La fente de la tige de palmier et la pose des morceaux sur les tombes représentent une forme de supplication (duʿāʾ) et d'intercession (shafāʿah). Les érudits expliquent cela comme un privilège spécial accordé au Prophète pour atténuer le châtiment pour des individus spécifiques avec la permission d'Allah.
Le séchage des tiges indique une nature temporaire de ce soulagement, enseignant que bien que l'intercession prophétique puisse bénéficier aux pécheurs, le pardon ultime dépend de la miséricorde d'Allah et de l'état spirituel de l'individu.
Implications Juridiques et Théologiques
Ce hadith confirme la réalité du monde intermédiaire (barzakh) où les âmes éprouvent du confort ou du châtiment entre la mort et la résurrection.
Il établit la permission de rechercher des résultats bénéfiques pour le défunt par des moyens licites, tout en distinguant entre les capacités uniques des prophètes et les limites des croyants ordinaires.
La narration sert de rappel puissant à maintenir la pureté rituelle et à garder sa langue - deux domaines que le Prophète a fréquemment soulignés comme fondamentaux dans la pratique islamique.