« Quand Abou Moussa était proche de la mort, sa femme s’est mise à crier. » Ils dirent : « Il se réveilla et dit : « Ne vous ai-je pas dit que je suis libre de ce que le Messager d’Allah est libre ? » Ils dirent : « Il racontait que le Messager d’Allah avait dit : « Je suis libre de celui qui se rase la tête, déchire ses vêtements ou élève la voix en se lamant. »
Le Livre des Funérailles - Sunan an-Nasa'i 1863
Cette narration de Sunan an-Nasa'i présente un enseignement profond concernant la conduite appropriée pendant les périodes de deuil, comme démontré dans les derniers moments de la vie d'Abu Musa al-Ash'ari.
Analyse Contextuelle
L'incident se produit alors qu'Abu Musa approche de la mort, et sa femme commence à se lamenter bruyamment - une pratique pré-islamique courante connue sous le nom de "niyāḥah".
Malgré son état affaibli, Abu Musa se réveille immédiatement pour corriger ce comportement, démontrant son engagement envers les enseignements islamiques même à la fin de sa vie.
Commentaire Savant
La déclaration du Prophète "Je suis libre de..." indique une dissociation complète de trois pratiques de deuil spécifiques : se raser la tête, déchirer les vêtements et élever la voix en lamentation.
Les savants classiques expliquent que c'étaient des coutumes de la jāhiliyyah (ignorance pré-islamique) que l'islam cherchait à éliminer. Se raser la tête et déchirer les vêtements exprimaient un chagrin excessif frisant la remise en question du Décret Divin.
Élever la voix en lamentation (niyāḥah) est particulièrement interdit car cela démontre de l'impatience envers le décret d'Allah et encourage l'excès émotionnel.
Règlements Juridiques
La majorité des savants considèrent ces actes comme interdits (ḥarām) sur la base de cette narration et d'autres similaires.
L'interdiction s'applique à la fois au deuil et à ceux qui embauchent des pleureuses professionnelles, car tous deux participent à l'acte interdit.
Le deuil permis comprend les pleurs silencieux, les larmes naturelles et le souvenir patient d'Allah - le tout dans les limites de la patience islamique (ṣabr).
Signification Spirituelle
Cet enseignement met l'accent sur l'approche équilibrée de l'islam face au chagrin - reconnaître l'émotion humaine tout en maintenant la foi en la Sagesse Divine.
Le dernier acte de correction d'Abu Musa sert de témoignage éternel à son engagement envers les enseignements prophétiques, faisant de sa mort une leçon pour les vivants.