أَخْبَرَنَا مَحْمُودُ بْنُ غَيْلاَنَ، قَالَ حَدَّثَنَا أَبُو دَاوُدَ، قَالَ حَدَّثَنَا شُعْبَةُ، عَنْ عُثْمَانَ بْنِ عَبْدِ اللَّهِ بْنِ مَوْهَبٍ، سَمِعْتُ عَبْدَ اللَّهِ بْنَ أَبِي قَتَادَةَ، يُحَدِّثُ عَنْ أَبِيهِ، أَنَّ رَسُولَ اللَّهِ صلى الله عليه وسلم أُتِيَ بِرَجُلٍ مِنَ الأَنْصَارِ لِيُصَلِّيَ عَلَيْهِ فَقَالَ النَّبِيُّ صلى الله عليه وسلم ‏"‏ صَلُّوا عَلَى صَاحِبِكُمْ فَإِنَّ عَلَيْهِ دَيْنًا ‏"‏ ‏.‏ قَالَ أَبُو قَتَادَةَ هُوَ عَلَىَّ ‏.‏ قَالَ النَّبِيُّ صلى الله عليه وسلم ‏"‏ بِالْوَفَاءِ ‏"‏ ‏.‏ قَالَ بِالْوَفَاءِ ‏.‏ فَصَلَّى عَلَيْهِ ‏.‏
Traduction
D’après Abou Houraïra,

si un croyant mourait avec des dettes impayées, le Messager d’Allah lui demandait s’il avait laissé quelque chose pour rembourser ses dettes. S’ils disaient oui, il priait pour lui, mais s’ils disaient non, il disait : « Prie pour ton compagnon. » Puis, lorsqu’Allah a enrichi Son messager par la conquête, il a dit : « Je suis plus proche des croyants qu’eux-mêmes. Celui qui meurt et laisse une dette, je la paierai, et celui qui laisse derrière lui des richesses, c’est pour ses héritiers.

Comment

Commentaire du Hadith : La Responsabilité de la Dette du Croyant

Ce noble hadith de Sunan an-Nasa'i (1963) établit la responsabilité profonde que portent les musulmans concernant les obligations financières et le statut élevé du Prophète Muhammad (ﷺ) en tant que gardien de l'Oummah.

Pratique Initiale : Prière Funéraire Conditionnelle

La pratique initiale du Prophète de s'enquérir des dettes des croyants décédés démontre que l'accomplissement des droits financiers (huquq al-'ibad) prime sur le simple rituel. La prière funéraire (salat al-janazah) est une supplication collective pour la miséricorde, et sa nature conditionnelle souligne que les dettes non résolues constituent une injustice qui peut entraver le pardon divin.

Les savants expliquent que lorsque le Prophète (ﷺ) a ordonné "Priez pour votre compagnon" au lieu de diriger la prière lui-même, cela indiquait que l'état spirituel du défunt était compromis par des obligations impayées envers autrui, nécessitant l'intercession de la communauté plutôt que l'approbation prophétique.

Providence Divine et Responsabilité Élargie

Le转折点 s'est produit lorsque Allah a enrichi la communauté musulmane par la conquête (fay'), permettant au Prophète (ﷺ) de déclarer : "Je suis plus proche des croyants qu'ils ne le sont d'eux-mêmes." Cette déclaration affirme son rôle de gardien ultime (awla) qui assume la responsabilité là où les musulmans individuels échouent.

Les commentateurs classiques notent que cette déclaration a établi le Bayt al-Mal (trésor public) comme responsable du règlement des dettes des musulmans décédés qui ont laissé des biens insuffisants, garantissant qu'aucun croyant ne rencontre Allah accablé par les droits financiers d'autrui.

Implications Légales et Spirituelles

Ce hadith établit que les héritiers doivent régler les dettes du défunt avant de distribuer l'héritage, car l'assomption du paiement de la dette par le Prophète était un filet de sécurité communautaire, et non une abolition de la responsabilité personnelle.

La leçon spirituelle souligne que les obligations financières sont des dépôts sacrés, et les musulmans devraient s'efforcer de mourir libres des réclamations d'autrui contre eux, comme le Prophète (ﷺ) l'a déclaré dans une autre narration : "L'âme d'un croyant est suspendue par sa dette jusqu'à ce qu'elle soit payée en son nom."