Sunan an-Nasa'i
Sunan an-Nasa'i 4779
Représailles avec autre chose que l’épée
Texte arabe du hadith
أَخْبَرَنَا إِسْمَاعِيلُ بْنُ مَسْعُودٍ، قَالَ حَدَّثَنَا خَالِدٌ، عَنْ شُعْبَةَ، عَنْ هِشَامِ بْنِ زَيْدٍ، عَنْ أَنَسٍ، أَنَّ يَهُودِيًّا، رَأَى عَلَى جَارِيَةٍ أَوْضَاحًا فَقَتَلَهَا بِحَجَرٍ فَأُتِيَ بِهَا النَّبِيُّ صلى الله عليه وسلم وَبِهَا رَمَقٌ فَقَالَ " أَقَتَلَكِ فُلاَنٌ " . فَأَشَارَ شُعْبَةُ بِرَأْسِهِ يَحْكِيهَا أَنْ لاَ . فَقَالَ " أَقَتَلَكِ فُلاَنٌ " . فَأَشَارَ شُعْبَةُ بِرَأْسِهِ يَحْكِيهَا أَنْ لاَ . قَالَ " أَقَتَلَكِ فُلاَنٌ " . فَأَشَارَ شُعْبَةُ بِرَأْسِهِ يَحْكِيهَا أَنْ نَعَمْ . فَدَعَا بِهِ رَسُولُ اللَّهِ صلى الله عليه وسلمفَقَتَلَهُ بَيْنَ حَجَرَيْنِ
Traduction
D’après Anas, on a dit que
un Juif a vu des bijoux sur une fille, alors il l’a tuée avec une pierre. Elle a été amenée au Prophète alors qu’elle rendait son dernier souffle, et il a dit : « Est-ce que tel ou tel t’a tué ? » - Shu’bah (l’un des narrateurs) a fait un geste de la tête, pour montrer qu’elle avait fait un geste de non. - Il a dit : « Est-ce qu’untel t’a tué ? » - Shu’bah (l’un des narrateurs) a fait un geste de la tête pour montrer qu’elle avait fait un geste de non. - Il a dit : « Est-ce qu’untel t’a tué ? » - Shu’bah (l’un des narrateurs) a fait un geste de la tête pour montrer qu’elle avait fait un geste oui. - Alors le Messager d’Allah l’appela et le tua de deux pierres.
Aperçu & Thème central
Ce hadith profond, rapporté dans Sunan an-Nasa'i dans le Livre des Serments, de la Rétorsion et du Prix du Sang, établit l'inviolabilité de la vie humaine et la sainteté absolue de la justice en Islam. Le Prophète ﷺ démontre que même un sujet non-musulman (dhimmi) qui commet un meurtre est soumis au qisas (rétorsion), et que le témoignage d'une victime mourante—même par des gestes non verbaux—est légalement valide et suffisant pour établir la culpabilité. Le thème central tourne autour de l'application rapide et décisive de la justice, de la protection des vulnérables, et du principe qu'aucun coupable, quel que soit son statut, ne peut échapper à la responsabilité dans une société islamique.
Contexte & Aperçus linguistiques
Le hadith se déroule dans le contexte d'un homme juif qui a assassiné une jeune fille pour ses bijoux—un crime de cupidité et de violence contre une enfant innocente. Le terme arabe "qasamah" fait référence à la procédure de serment dans les cas d'homicide, tandis que "qisas" désigne la rétorsion égale. Le récit met en lumière l'approche méticuleuse du Prophète ﷺ : il a interrogé la fille mourante trois fois, utilisant "fit un signe de la tête" (fa-ishara bi-ra'sihi) pour confirmer son identification du meurtrier. Le mot "awwashat" (fit un signe) indique le mouvement de tête de la fille—un hochement pour l'affirmation et un signe de dénégation pour le refus—démontrant qu'une communication non verbale claire a un poids légal. La répétition de la question par le Prophète ﷺ souligne l'importance de la certitude dans les affaires capitales, garantissant que le témoignage était sans ambiguïté avant d'ordonner l'exécution avec deux pierres, reflétant la méthode du crime.
Aperçus savants clés & Bénéfices juridiques
Application quotidienne & spirituelle
Dans notre vie quotidienne, ce hadith nous appelle à incarner la justice, le courage et la compassion. Il nous enseigne à nous tenir fermement contre l'oppression, même lorsque l'oppresseur détient le pouvoir, et à protéger les vulnérables—enfants, personnes âgées et marginalisés—comme un dépôt sacré. La vérification minutieuse du Prophète ﷺ nous rappelle d'éviter la précipitation dans le jugement, que ce soit dans les affaires juridiques ou les disputes personnelles, en assurant l'équité et la clarté avant d'agir. Spirituellement, nous sommes exhortés à cultiver une société où la vérité prévaut, où la voix des sans-voix est entendue, et où la responsabilité est embrassée comme un mandat divin. Ce récit nous inspire à être des instruments de justice dans nos communautés, sachant que la justice d'Allah ﷻ est parfaite et que nos efforts pour la soutenir, aussi petits soient-ils, sont des actes d'adoration.