« Il n’est pas permis de verser le sang d’un musulman sauf dans l’un des trois cas suivants : une âme pour une âme, un adultère qui a été marié et quelqu’un qui se sépare en abandonnant sa religion. »
Le Livre des Serments (qasamah), de la Rétaliation et du Prix du Sang - Sunan an-Nasa'i
Référence du Hadith : Sunan an-Nasa'i 4721
Analyse Textuelle
Ce hadith profond établit la sacralité du sang musulman, le déclarant inviolable sauf dans trois circonstances précisément définies. Le Prophète Muhammad (que la paix soit sur lui) a énoncé cela comme un principe juridique fondateur lors de son Pèlerinage d'Adieu, soulignant la gravité de prendre une vie humaine.
Première Exception : Une Âme pour une Âme (Qisas)
Cela se réfère à la rétaliation légale pour meurtre intentionnel. La base coranique est « Ô vous qui avez cru, la loi du talion vous est prescrite en cas de meurtre » (2:178). Cela est administré par l'autorité islamique légitime après que des procédures judiciaires appropriées ont établi la culpabilité au-delà de tout doute. Le but est d'établir la justice et la dissuasion, non la vengeance.
Deuxième Exception : L'Adultère Marié (Zina al-Muhsan)
Cela s'applique spécifiquement à un musulman qui est muhsan (marié, libre, adulte, et ayant eu des relations sexuelles licites dans le mariage) qui commet l'adultère. La punition est la lapidation (rajm), basée sur la Sounna établie. Cette peine sévère souligne la sacralité du mariage et de la lignée en droit islamique. Les exigences probatoires sont extrêmement strictes - nécessitant quatre témoins musulmans intègres de la pénétration réelle.
Troisième Exception : L'Apostat (Murtadd)
Cela se réfère à celui qui renonce volontairement à l'islam après l'avoir embrassé en connaissance de cause. Les savants classiques expliquent que cette punition s'applique seulement après que l'apostat a eu l'opportunité de se repentir et de revenir à l'islam. La base est la protection de l'intégrité religieuse et du tissu social de la communauté musulmane. Cette règle s'applique à ceux qui déclarent publiquement l'apostasie, non aux doutes privés.
Principes Juridiques Dérivés
Ce hadith établit que la vie est sacrée par défaut. Les exceptions sont limitées et strictement définies. Les trois cas nécessitent un processus judiciaire islamique approprié - aucun individu ne peut prendre l'exécution en main. Les punitions servent de dissuasions ultimes pour les crimes qui menacent les fondements sociétaux fondamentaux : la vie, l'honneur familial et l'unité religieuse.