أَخْبَرَنَا يَعْقُوبُ بْنُ إِبْرَاهِيمَ، قَالَ حَدَّثَنَا عَبْدُ الرَّحْمَنِ بْنُ مَهْدِيٍّ، قَالَ حَدَّثَنَا حَمَّادُ بْنُ سَلَمَةَ، عَنْ حَمَّادٍ، عَنْ إِبْرَاهِيمَ، عَنِ الأَسْوَدِ، عَنْ عَائِشَةَ، عَنِ النَّبِيِّ صلى الله عليه وسلم قَالَ ‏"‏ رُفِعَ الْقَلَمُ عَنْ ثَلاَثٍ عَنِ النَّائِمِ حَتَّى يَسْتَيْقِظَ وَعَنِ الصَّغِيرِ حَتَّى يَكْبُرَ وَعَنِ الْمَجْنُونِ حَتَّى يَعْقِلَ أَوْ يَفِيقَ ‏"‏ ‏.‏
Traduction
D’après 'Aïcha, le Prophète a dit :

« La plume a été enlevée de trois : du dormeur jusqu’à ce qu’il se réveille, du mineur jusqu’à ce qu’il grandisse, et du fou jusqu’à ce qu’il revienne à la raison ou se rétablisse. »

Comment

Texte et Référence du Hadith

« La plume a été levée pour trois : pour le dormeur jusqu'à ce qu'il se réveille, pour le mineur jusqu'à ce qu'il grandisse, et pour le fou jusqu'à ce qu'il retrouve ses sens ou guérisse. »

Source : Sunan an-Nasa'i 3432 | Le Livre du Divorce

Signification et Contexte

Ce noble hadith établit un principe fondamental dans la jurisprudence islamique concernant la responsabilité morale et légale (taklīf). La « plume » symbolise l'enregistrement des actions et la responsabilité divine qui en découle. Son « élévation » signifie l'exemption d'un tel enregistrement et de cette responsabilité pendant des conditions spécifiées.

Le Prophète (que la paix soit sur lui) identifie trois catégories d'individus temporairement exemptés des obligations (farā'id) et des interdictions (muḥarramāt) de la Charia en raison de leur manque de capacité intellectuelle complète ('aql) ou de conscience.

Commentaire Détaillé sur les Trois Catégories

1. Le Dormeur : Une personne en sommeil profond manque de conscience et d'intention (niyyah), qui sont des piliers pour la validité de la plupart des actes d'adoration et de l'imputation du péché. Les actions accomplies pendant le sommeil, qu'elles soient bonnes ou mauvaises, ne sont pas enregistrées. Cette exemption dure jusqu'à ce qu'il retrouve pleinement conscience en se réveillant.

2. Le Mineur : Un enfant qui n'a pas atteint l'âge de discernement (tamyīz) ou de puberté (bulūgh) manque de l'intellect mature pour comprendre les implications complètes des obligations religieuses. Par conséquent, ils ne sont pas tenus responsables des omissions ou des commissions. Cependant, leurs tuteurs sont commandés de les instruire et de les habituer aux pratiques islamiques.

3. Le Fou : Une personne folle (majnūn) est celle qui a perdu sa faculté de raison ('aql), le fondement de la responsabilité légale. Comme le mineur, il ne peut pas distinguer le bien du mal d'une manière juridiquement reconnaissable. L'exemption continue jusqu'à ce qu'il retrouve sa santé mentale et sa pensée rationnelle.

Implications Juridiques et Sagesse

Ce hadith démontre la justice et la miséricorde profondes de la loi islamique. La responsabilité est conditionnelle à la capacité de comprendre et de choisir. Il nie la punition arbitraire et souligne que la loi divine est rationnelle et attentive aux circonstances humaines.

Les savants déduisent de cela que les jugements légaux liés aux transactions civiles (mu'āmalāt) entreprises par ces individus sont généralement invalides, car ils manquent de la capacité légale (ahliyyah). La sagesse réside dans la protection de ceux qui sont vulnérables en raison d'un manque de conscience ou d'intellect requis, assurant la justice et prévenant les difficultés indues.