Sunan an-Nasa'i
Sunan an-Nasa'i 3235
Il est permis de regarder avant le mariage
Texte arabe du hadith
أَخْبَرَنَا مُحَمَّدُ بْنُ عَبْدِ الْعَزِيزِ بْنِ أَبِي رِزْمَةَ، قَالَ حَدَّثَنَا حَفْصُ بْنُ غِيَاثٍ، قَالَ حَدَّثَنَا عَاصِمٌ، عَنْ بَكْرِ بْنِ عَبْدِ اللَّهِ الْمُزَنِيِّ، عَنِ الْمُغِيرَةِ بْنِ شُعْبَةَ، قَالَ خَطَبْتُ امْرَأَةً عَلَى عَهْدِ رَسُولِ اللَّهِ صلى الله عليه وسلم فَقَالَ النَّبِيُّ صلى الله عليه وسلم " أَنَظَرْتَ إِلَيْهَا " . قُلْتُ لاَ . قَالَ " فَانْظُرْ إِلَيْهَا فَإِنَّهُ أَجْدَرُ أَنْ يُؤْدَمَ بَيْنَكُمَا "
Traduction
Rapporté par Al-Mughirah bin Shu’bah
Al-Mughirah bin Shu’bah a dit : « J’ai proposé le mariage à une femme à l’époque du Messager d’Allah, et le Prophète a dit : 'L’as-tu vue ?' J’ai dit : « Non. » Il dit : « Regarde-la, car c’est ce qui risque de créer de l’amour entre vous. »
Aperçu et thème central
Ce hadith de Sunan an-Nasa'i (Le Livre du Mariage, 3235) établit un principe prophétique profond : l'importance de voir son futur conjoint avant le mariage. Le Prophète ﷺ ordonne à Al-Mughirah ibn Shu'bah de regarder la femme qu'il envisage d'épouser, déclarant que cet acte « est plus susceptible de créer de l'amour entre vous ». Cet enseignement transcende la simple étiquette sociale ; c'est une directive fondamentale pour bâtir un mariage sur la clarté, l'attirance mutuelle et le consentement éclairé, réduisant ainsi le risque de regret et de discorde après le mariage. Ce commandement reflète la vision holistique de la charia : le mariage n'est pas seulement un contrat légal mais une union de cœurs, et le Prophète ﷺ cherche à protéger ce lien sacré des ombres de l'incertitude.
Contexte et perspectives linguistiques
Le hadith se situe dans le contexte de l'intention sincère d'un compagnon de se marier, le Prophète ﷺ répondant à sa consultation. La phrase clé en arabe est « انْظُرْ إِلَيْهَا » (unẓur ilayhā) — « regarde-la » — qui implique linguistiquement un regard délibéré et permis, non pas un regard fugace ou lubrique. La justification du Prophète, « أَنَّهُ أَحْرَى أَنْ يُؤْلَفَ بَيْنَكُمَا » (anna-hu aḥrā an yu'lafa baynakumā), utilise la racine « ألف » (ulfah), signifiant intimité, harmonie et compagnie affectueuse. Le comparatif « aḥrā » (plus susceptible) indique que la familiarité visuelle est un moyen, non une garantie absolue, de l'affection conjugale. Les savants notent que cette permission a été donnée à l'époque du Prophète ﷺ, et elle reste applicable, avec la compréhension que le regard doit se limiter au visage et aux mains — des zones qui révèlent la beauté et la compatibilité sans violer la pudeur.
Aperçus savants clés et bénéfices juridiques
Vie quotidienne et application spirituelle
Dans la pratique contemporaine, ce hadith guide les musulmans à aborder le mariage avec sérieux et sincérité. Avant de s'engager, une personne devrait chercher à connaître le futur conjoint par des canaux permis : impliquer la famille, se rencontrer en public avec un chaperon (maḥram), et poser des questions pertinentes sur la foi, le caractère et les objectifs de vie. Le modèle prophétique encourage une approche équilibrée — ni romantisme aveugle ni pragmatisme froid, mais un effort conscient pour voir la personne telle qu'elle est. Pour ceux qui ne peuvent pas se rencontrer directement, organiser un appel vidéo de manière respectueuse et supervisée peut servir un objectif similaire, en maintenant toujours les limites de la pudeur. En fin de compte, le croyant devrait combiner ce « regard » extérieur avec la prière intérieure (istikhārah), en faisant confiance à Allah pour bénir une union fondée sur la sincérité et le respect mutuel. Le hadith rappelle également aux époux de nourrir l'affection initiale par une bonté continue, car l'« ulfah » (amour) qui commence par un regard doit être cultivée par une vie de miséricorde et de compassion.