« Une femme déjà mariée ne doit pas être mariée avant d’avoir demandé sa permission, et une vierge ne doit pas être mariée tant que son consentement n’a pas été recherché. » Ils dirent : « Ô Messager d’Allah, comment donne-t-elle sa permission ? » Il a dit : « Sa permission, c’est si elle garde le silence. »
Texte et Contexte du Hadith
La narration de Sunan an-Nasa'i 3265 établit le principe islamique fondamental que le consentement d'une femme est une condition obligatoire pour la validité du mariage. Cette règle s'applique universellement, à la fois à la femme précédemment mariée (thayyib) et à la vierge (bikr).
Commentaire Savant : L'Exigence du Consentement
Les savants s'accordent unanimement sur le fait que le consentement d'une femme saine d'esprit et adulte est un pilier (rukn) du contrat de mariage. Un mariage conclu sans son consentement valide est considéré comme nul (batil). Ce hadith élève le statut des femmes dans la loi islamique, leur accordant l'autonomie sur l'un des engagements les plus importants de la vie.
La distinction entre les deux catégories de femmes ne réside pas dans la nécessité du consentement, mais dans la méthode pour le solliciter. Une femme précédemment mariée, étant expérimentée, doit être interrogée directement et sa permission verbale est requise. Pour une vierge, en raison de sa timidité naturelle (haya'), une norme différente de consentement est reconnue.
Le Silence de la Vierge comme Consentement
La clarification du Prophète que la permission d'une vierge est son silence est une concession légale et sociale profonde. Ce n'est pas une simple absence de parole, mais un silence qui se produit dans un contexte spécifique : après que la proposition de mariage lui a été formellement présentée et qu'elle a eu une véritable opportunité de s'opposer.
Des commentateurs classiques comme l'Imam an-Nawawi expliquent que ce silence est interprété comme un consentement car c'est la manière coutumière dont une vierge exprime son approbation, par pudeur et respect. Cependant, si elle refuse explicitement, son refus est contraignant et le mariage ne peut pas avoir lieu. Son silence est une forme d'approbation tacite (iqrar) qui porte tout le poids d'une déclaration légale.
Règlements Légaux et Application Pratique
Les tuteurs (wali) dans le mariage, généralement le père ou le parent masculin le plus proche, ont la responsabilité de solliciter le consentement de la femme et d'agir dans son meilleur intérêt. Ils ne peuvent pas la contraindre à un mariage qu'elle ne désire pas. Le rôle du tuteur est de faciliter un mariage sain, et non d'imposer sa volonté.
Ce hadith, tiré du Livre du Mariage dans Sunan an-Nasa'i, démantèle toute coutume pré-islamique de mariage forcé. Il établit le droit d'une femme de choisir son époux, garantissant que le fondement de la famille est l'accord mutuel et la volonté, ce qui est essentiel pour la paix, l'amour et la miséricorde que Dieu a ordonnés pour la relation conjugale.