« Sahlah s’approcha du Messager d’Allah et lui dit : « Ô Messager d’Allah, Salim entre chez nous et il comprend ce que les hommes comprennent, et il sait ce que les hommes savent. » Il dit : « Allaite-le, et tu deviendras de ce fait un obstacle pour lui. » (Ibn Abi Mulaikah, l’un des narrateurs a dit :) Pendant un an, je n’ai pas raconté cela, puis j’ai rencontré Al-Qasim et il m’a dit : « Raconte-le et ne t’en inquiète pas. »
Commentaire du Hadith : Le Cas de l'Allaitement de Salim
Cette narration de Sunan an-Nasa'i (3322) présente une décision légale importante concernant l'allaitement (radāʿ) et son effet sur l'établissement des relations de mahram. Lorsque Sahlah a rapporté que Salim, qui vivait dans leur foyer, avait atteint la maturité physique et pouvait percevoir l'attrait des femmes, le Prophète a prescrit l'allaitement comme solution.
D'un point de vue juridique islamique classique, ce hadith établit qu'allaiter un homme adulte peut créer la même interdiction de mariage qu'allaiter un nourrisson. La sagesse derrière cette décision protège l'intimité du foyer et prévient les tentations potentielles lorsque des adultes non apparentés cohabitent.
L'hésitation initiale du narrateur pendant un an reflète la prudence des compagnons dans la transmission du savoir religieux, en particulier pour les questions sensibles. Ce n'est qu'après avoir consulté Al-Qasim ibn Muhammad ibn Abi Bakr (un érudit renommé de la génération des tabi'in) qu'il s'est senti confiant pour le rapporter, démontrant le processus rigoureux de vérification dans la transmission du hadith.
Les érudits notent que cette décision s'applique spécifiquement à des circonstances exceptionnelles où les solutions conventionnelles sont impraticables. La position majoritaire exige que l'allaitement ait lieu pendant les deux premières années de la vie pour établir une relation de mahram, bien que certains érudits se réfèrent à ce hadith pour des cas exceptionnels limités.