Riyad as-Salihin

Riyad as-Salihin 501

L’excellence d’une vie simple et le fait de se contenter de peu
Texte arabe du hadith
وعن أبي هريرة رضي الله عنه قال‏:‏ والله الذي لا إله إلا هو، إن كنت لأعتمد بكبدي على الأرض من الجوع، وإن كنت لأشد الحجر على بطني من الجوع‏.‏ ولقد قعدت يوماً على طريقهم الذي يخرجون منه، فمر بي النبي، صلى الله عليه وسلم ، فتبسم حين رآني، وعرف ما في وجهي وما في نفسي، ثم قال‏:‏ ‏"‏ أبا هر‏"‏ قلت لبيك يا رسول الله، قال‏:‏ ‏"‏ الحق‏"‏ ومضى فاتبعته، فدخل فاستأذن، فأذن لي فدخلت، فوجد لبنا في قدح فقال‏:‏ ‏"‏ من أين هذا اللبن‏؟‏‏"‏ قالوا‏:‏ أهداه لك فلان- أو فلانة- قال‏:‏‏"‏ أبا هر‏"‏ قلت‏:‏ لبيك يارسول الله، قال‏:‏ ‏"‏ الحق إلى أهل الصفة فادعهم لي‏"‏ قال‏:‏ وأهل الصفة أضياف الإسلام، لا يأوون على أهل، ولا مال، وإذا أتته هدية أرسل إليهم، وأصاب منها وأشركهم فيها، فساءني ذلك فقلت‏:‏ وما هذا اللبن في أهل الصفة‏!‏ كنت أحق أن أصيب من هذا اللبن شربة أتقوى بها، فإذا جأووا وأمرني فكنت أنا أعطيهم؛ وما عسى أن يبلغني من هذا اللبن، ولم يكن من طاعة الله وطاعة رسوله، صلى الله عليه وسلم بد، فأتيتهم فدعوتهم، فأقبلوا واستأذنوا، فأذن لهم وأخذوا مجالسهم من البيت قال‏:‏‏"‏ يا أبا هر‏"‏ قلت‏:‏ لبيك يا رسول الله قال‏:‏ ‏"‏ خذ فأعطهم‏"‏ قال‏:‏ فأخذت القدح، فجعلت أعطيه الرجل فيشرب حتى يروى، ثم يرد علي القدح، فأعطيه الآخر فيشرب حتى يروى، ثم يرد علي القدح حتى انتيهت إلى النبي صلى الله عليه وسلم ، وقد روي القوم كلهم، فأخذ القدح فوضعه على يده، فنظر إلي فتبسم، فقال‏:‏ ‏"‏ أبا هر‏"‏ قلت‏:‏ لبيك يا رسول الله، قال‏:‏ ‏"‏ بقيت أنا وأنت‏"‏ قلت‏:‏ صدقت يا رسول الله، قال‏:‏ ‏"‏ اقعد فاشرب‏"‏ فقعدت فشربت‏:‏ فقال‏:‏ ‏"‏ اشرب‏"‏ فشربت، فما زال يقول‏:‏ ‏"‏ اشرب‏"‏ حتى قلت‏:‏ لا والذي بعثك بالحق ما أجد له مسلكاً‏!‏ قال‏:‏ ‏"‏ فأرني‏"‏ فأعطيته القدح، فحمد الله تعالى، وسمى وشرب الفضلة‏"‏ ‏(‏‏(‏رواه البخاري‏)‏‏)‏‏.‏
Traduction
Abou Hourairah (qu’Allah l’agrée) a rapporté

Par Allah en dehors de qui il n’y a personne digne d’adoration, j’avais l’habitude de presser mon estomac contre la terre à cause de ma faim. J’attacherais une pierre dessus. Un jour, j’étais assis sur le chemin qu’ils prennent habituellement lorsque le Prophète (ﷺ) est passé à côté de moi. Quand il m’a vu, il m’a souri et a connu mon état et mes sentiments. Il m’a appelé et j’ai répondu : « À ton service, ô Messager d’Allah. » Il a dit : « Suis-moi. » Alors je l’ai suivi. Arrivé chez lui, il demanda la permission et entra. Il m’a laissé entrer et moi aussi, je suis entré. Il a trouvé du lait dans un bol et a demandé : « D’où cela vient-il ? » On lui a dit que c’était un cadeau pour lui de la part d’untel. Il m’a appelé et j’ai répondu : « À ton service, ô Messager d’Allah. » Il a dit : « Va vers les gens d’As-Suffah et fais-les entrer. » Abou Hourairah (qu’Allah l’agrée) a expliqué : « Les gens d’As-Suffah étaient des invités de l’Islam. Ils n’avaient pas de famille, pas de propriété et pas de parents. Lorsque le Messager d’Allah (ﷺ) recevait quelque chose en aumône, il le leur envoyait sans rien en prendre. Lorsqu’il recevait un cadeau, il les envoyait chercher et le partageait avec eux. À cette occasion, je n’aimais pas leur donner quoi que ce soit. Je me disais : « Cette maigre quantité de lait ne suffira pas à tous les gens d’As-Suffah ! Je le mérite plus que quiconque. En le buvant, je peux acquérir une certaine force. Quand ils viendront, il m’ordonnera de le leur donner. Je ne m’attends pas à ce qu’il me reste quoi que ce soit de ce lait. Comme il n’y avait pas d’autre alternative que d’obéir à Allah et à Son messager (ﷺ). Je suis allé les appeler. Ils sont venus et ont demandé la permission qui leur a été accordée. Ils prirent place. Le Prophète (ﷺ) m’a appelé et j’ai répondu : « À ton service, ô Messager d’Allah. » Il dit alors : « Prenez le lait et donnez-le-leur. » J’ai pris le bol et l’ai donné à un homme qui a bu à sa faim et me l’a rendu, et je l’ai donné au suivant et il a fait de même. J’ai continué ainsi jusqu’à ce que le bol parvienne au Messager d’Allah (ﷺ). À ce moment-là, tout le monde avait pris sa faim. Il (ﷺ) a pris le bol, l’a mis dans sa main, m’a regardé, a souri et a dit : « Abou Hirr ». J’ai dit : « À ton service, ô Messager d’Allah. » Il a dit : « Maintenant, vous et moi, il nous reste. » J’ai dit : « C’est vrai, ô Messager d’Allah. » Il a dit : « Asseyez-vous et buvez. » J’ai bu, mais il a continué en disant : « Buvez encore. » J’ai dit : « Par Celui qui vous a envoyés avec la Vérité, je n’ai pas de place pour cela. » Il a dit : « Alors, donne-le-moi. » Alors je lui ai donné le bol. Il loua Allah, prononça le Nom d’Allah et but le reste. [Al-Bukhari].