L’interdiction de la médisance et le commandement de garder sa langue Riyad as-Salihin 1511
Texte arabe du hadith
وعن أبي هريرة رضي الله عنه عن النبي صلى الله عليه وسلم قال: "من كان يؤمن بالله واليوم الآخر، فليقل خيرًا، أو ليصمت" ((متفق عليه)).
وهذا صريح أنه ينبغي أن لا يتكلم إلا إذا كان الكلام خيرًا، وهو الذي ظهرت مصلحته، ومتى شك في ظهور المصلحة، فلا يتكلم.
Traduction
Abou Hourairah (qu’Allah l’agrée) a rapporté
Le Prophète (ﷺ) a dit : « Celui qui croit en Allah et au Jour dernier doit soit dire du bien, soit garder le silence. » [Musulman].
Aperçu et thème central
Ce hadith, rapporté par l'imam Muslim dans Riyad as-Salihin (Livre des actions interdites, n° 1511), résume un principe fondamental de l'éthique islamique : la discipline de la langue. Le Prophète ﷺ lie directement la parole à la foi (iman) en Allah et au Jour Dernier, faisant de la retenue verbale un marqueur de la vraie croyance. Le thème central est que les paroles du croyant sont un dépôt : soit elles apportent un bénéfice et un bien, soit elles doivent être retenues. Ce principe régit toutes les interactions sociales, élevant le silence comme une vertu lorsque la parole manque de valeur, et positionnant la langue comme une porte vers le Paradis ou l'Enfer. C'est un guide complet pour préserver sa foi, sa réputation et ses relations grâce à une communication consciente.
Contexte et aperçus linguistiques
Le hadith a été rapporté par Abou Hourayra (qu'Allah l'agrée) dans le cadre d'un conseil plus long du Prophète ﷺ, qui a également conseillé : "Que celui qui croit en Allah et au Jour Dernier honore son voisin, et que celui qui croit en Allah et au Jour Dernier honore son invité." L'expression "parle bien ou tais-toi" (فَلْيَقُلْ خَيْرًا أَوْ لِيَصْمُتْ) utilise l'impératif "liyaqul" (qu'il parle) et "liyasmut" (qu'il se taise), soulignant une obligation contraignante. Le mot "khayr" (bien) englobe non seulement une parole vraie et bénéfique, mais aussi une parole aimable, juste et constructive, tandis que "samt" (silence) n'est pas une simple passivité mais un acte conscient et délibéré de retenue. Le cadre conditionnel — "celui qui croit en Allah et au Jour Dernier" — sert de motivateur puissant, rappelant au croyant la responsabilité divine et les conséquences éternelles de chaque parole. Linguistiquement, le hadith utilise une structure rhétorique qui rend le principe universel, s'appliquant à tous les contextes et à toutes les époques.
Aperçus savants clés et bénéfices juridiques
Application quotidienne et spirituelle
Dans la vie quotidienne, ce hadith sert de filtre pratique pour chaque conversation. Avant de parler, le croyant devrait se demander : cette parole est-elle bonne — vraie, bénéfique, aimable ou nécessaire ? Si non, le silence est le choix plus sûr et plus vertueux. Cela s'applique aux publications sur les réseaux sociaux, aux discussions professionnelles, aux disputes familiales et aux conversations informelles. Le principe cultive la pleine conscience (muraqabah), nous rappelant qu'Allah entend chaque parole et que le Jour Dernier témoignera de nos paroles. Pratiquement, on peut adopter des habitudes comme faire une pause avant de répondre, éviter les commérages, reformuler les commentaires négatifs en commentaires constructifs, et utiliser le silence comme un outil de réflexion et de maîtrise de soi. En intériorisant cet enseignement, un musulman construit un caractère d'intégrité, gagne la confiance et protège son état spirituel, transformant la langue d'une source de mal en un moyen de se rapprocher d'Allah.