Interdiction de dilapider les richesses Riyad as-Salihin 1782

Texte arabe du hadith
وعن وراد كاتب المغيرة شعبة قال‏:‏ أملى على المغيرة بن شعبة في كتاب إلى معاوية رضي الله عنه ، أن النبي صلى الله عليه وسلم أن يقول في دبر كل صلاة مكتوبة‏:‏ ‏"‏لا إله إلا الله وحده لا شريك له، له الملك وله الحمد وهو على كل شيء قدير، اللهم لا مانع لما أعطيت، ولا معطي لما منعت، ولا ينفع ذا الجد منك الجد‏"‏ وكتب إليه أنه ‏"‏كان ينهى عن قيل وقال، وإضاعة المال، وكثرة السؤال، وكان ينهى عن عقوق الأمهات، ووأد البنات، ومنع وهات” ‏(‏‏(‏متفق عليه وسبق شرحه‏)‏‏)‏‏.‏
Traduction
Warrad, le scribe d’Al-Mughirah bin Shu’bah (qu’Allah l’agrée) a dit

Al-Mughirah bin Shu’bah m’a dicté une lettre adressée à Mu’awiyah (qu’Allah l’agrée) que le Prophète (ﷺ) avait l’habitude d’implorer à la fin de chaque Salat obligatoire (prière prescrite) : « La ilaha illallahu, wahadahu la sharika lahu, lahul-mulku, wa lahul-hamdu, wa Huwa 'ala kulli shai’in Qadir. Allahumma la mani’a lima a’taita, wa la mu’tiya lima mana’ta, wa la yanfa’u dhal-jaddi mink-al-jaddu. (Il n’y a pas de vrai dieu en dehors d’Allah, Celui qui n’a pas d’associé. A Lui est la souveraineté et à Lui est la louange, et Il est Capable de tout. Ô Allah ! Personne ne peut retenir ce que Tu donnes ; et personne ne peut donner ce que Tu retiens ; et le statut élevé d’une personne n’est d’aucune utilité contre Ta volonté)." Il lui a également écrit que le Prophète (ﷺ) avait l’habitude d’interdire les paroles hors de propos, les dépenses inutiles, les questions persistantes, la désobéissance des parents (en particulier des mères), l’infanticide des filles en les enterrant vivantes, privant les autres de leurs droits et l’acquisition illicite de biens. [Al-Bukhari et Muslim].

Commentaire

Aperçu & Thème central

Ce hadith profond, transmis par Al-Mughirah ibn Shu'bah (qu'Allah l'agrée) et rapporté dans Riyad as-Salihin (Livre des actions interdites, n° 1782), encapsule deux dimensions complémentaires du culte et de la moralité islamiques. Premièrement, il enseigne au croyant une invocation complète (dhikr) à réciter après chaque prière obligatoire, affirmant l'unicité absolue d'Allah, Sa souveraineté et Sa providence. Deuxièmement, il énumère les principales interdictions qui protègent l'individu et la société : les paroles vaines, le gaspillage, les questions excessives, la désobéissance aux parents (surtout aux mères), l'infanticide des filles, la rétention des droits et l'acquisition illicite de biens. Le thème central est l'harmonie entre la dévotion verticale (tawhid et du'a) et l'éthique horizontale (actions interdites), démontrant que la foi véritable intègre le cœur, la langue et la conduite.

Contexte & Aperçus linguistiques

Cette narration se situe dans le contexte où Al-Mughirah écrit à Mu'awiyah (qu'Allah les agrée tous deux) pour transmettre les enseignements du Prophète (ﷺ). L'invocation commence par « La ilaha illallahu wahdahu la sharika lah » — une déclaration de tawhid (monothéisme) avec emphase sur l'exclusivité. « Lahul-mulku wa lahul-hamdu » affirme que toute souveraineté et toute louange appartiennent uniquement à Allah, tandis que « wa Huwa 'ala kulli shai'in Qadir » reconnaît Sa puissance absolue. La phrase « Allahumma la mani'a lima a'taita, wa la mu'tiya lima mana'ta » met en évidence linguistiquement le contrôle absolu d'Allah sur le don et le refus, niant tout pouvoir intermédiaire. « Wa la yanfa'u dhal-jaddi mink-al-jaddu » — le terme « jadd » fait référence à la richesse, au statut ou à la fortune ; le sens est que le rang mondain ou les richesses d'une personne ne peuvent la sauver du décret d'Allah. Les interdictions énumérées utilisent des termes arabes précis : « qil wa qal » (paroles sans importance), « idha'at al-mal » (dépenses excessives), « kathrat al-su'al » (questions persistantes), « uquq al-ummat » (désobéissance aux mères), « wa'd al-banat » (enterrer les filles vivantes), « man' wa hatin » (priver les autres de leurs droits), et « akl amwal al-nas bil-batil » (acquérir injustement des biens).

Aperçus savants clés & Bénéfices juridiques

  • Vertu du dhikr après la prière : Réciter cette invocation après les prières obligatoires est une Sunna confirmée (mustahabb), comme l'ont établi Al-Bukhari et Muslim. Elle combine tawhid, louange et reconnaissance du décret d'Allah, servant de sceau à la prière.
  • Souveraineté divine absolue : La du'a renforce qu'Allah seul contrôle le bien et le mal, le don et le refus. Cela cultive le tawakkul (confiance en Allah) et protège contre le shirk dans la confiance ou la peur des créatures.
  • Interdiction des paroles nuisibles et du gaspillage : L'interdiction du « qil wa qal » (paroles oiseuses) et de l'« idha'at al-mal » (gaspillage des richesses) souligne l'importance que l'Islam accorde à la parole utile et à la gestion responsable des ressources, en accord avec la description coranique des croyants qui évitent les discours vains (Coran 23:3).
  • Honorer les parents, surtout les mères : La mention explicite de la désobéissance aux mères (avec les mères prioritaires dans d'autres narrations) souligne le statut élevé des soins maternels en Islam, faisant de la piété filiale une obligation majeure.
  • Sainteté de la vie et de la propriété : L'interdiction de l'infanticide des filles (une pratique préislamique) et de l'acquisition illicite de richesses affirme la sainteté de la vie humaine et des droits de propriété, formant des principes fondamentaux de la justice pénale et économique islamique.
« L'imam An-Nawawi (qu'Allah lui fasse miséricorde) a commenté : "Ce hadith rassemble l'essence du culte et des bonnes manières. L'invocation après la prière parfait l'acte d'adoration, tandis que les interdictions protègent le croyant de la corruption morale. La mention spécifique des mères indique leur priorité dans la bonté, comme confirmé dans Sahih Muslim où le Prophète (ﷺ) a dit : "Ta mère, ta mère, ta mère."" »

Vie quotidienne & Application spirituelle

Dans la vie contemporaine, ce hadith offre une feuille de route pratique pour l'excellence spirituelle (ihsan). Après chaque prière obligatoire, faites une pause pour réciter ce dhikr avec présence du cœur, en intériorisant qu'Allah seul est le gestionnaire de toutes les affaires — cela dissoudra l'anxiété concernant la subsistance, le statut ou les résultats. Gardez votre langue des commérages, des disputes et des bavardages inutiles, surtout à l'ère du bruit numérique ; engagez-vous plutôt dans une parole bénéfique ou le silence. Soyez attentif à vos dépenses, évitant l'extravagance même dans les choses permises, et remplissez les droits des autres — qu'ils soient financiers, émotionnels ou sociaux. Priorisez la bonté envers vos parents, particulièrement votre mère, par des contacts réguliers, des invocations et des services. Réfléchissez à la gravité des actions interdites : ce ne sont pas seulement des maux sociaux mais des violations des limites divines. En intégrant cette du'a et ces interdictions dans la pratique quotidienne, vous transformez chaque prière en tremplin pour une vie vertueuse, incarnant la vision holistique de l'Islam qui unit la dévotion du cœur à la discipline des membres.