Riyad as-Salihin

Riyad as-Salihin 1187

L’excellence de la prière facultative (Tawawih) pendant le Ramadan
Texte arabe du hadith
عن أبي هريرة رضي الله عنه، أن رسول الله صلى الله عليه وسلم قال‏:‏ ‏"‏من قام رمضان إيمانًا واحتسابًا غفر له ما تقدم من ذنبه‏"‏‏.‏ ‏(‏‏(‏متفق عليه‏)‏‏)‏ ‏.‏
Traduction
Abou Hourairah (qu’Allah l’agrée) a rapporté

Le Messager d’Allah (ﷺ) a dit : « Celui qui observe la prière facultative (prières de Tarawih) tout au long du Ramadan, par sincérité de foi et dans l’espoir d’obtenir une récompense, verra ses péchés passés pardonnés. » [Al-Bukhari et Muslim].

Commentaire

Aperçu et thème central

Ce hadith, rapporté dans Riyad as-Salihin (1187) sous le Livre des Vertus, résume le mérite spirituel immense de la prière du Tarawih pendant le Ramadan. Le Prophète ﷺ relie cette prière nocturne volontaire au pardon des péchés passés, à condition de deux éléments essentiels : une foi sincère (iman) et l'espoir sincère de la récompense divine (ihtisab). Le thème central est que les actes d'adoration, lorsqu'ils sont accomplis avec une intention pure et une confiance inébranlable en la promesse d'Allah, deviennent un moyen de purification profonde et d'élévation spirituelle. Cet enseignement souligne la miséricorde d'Allah, qui transforme un acte recommandé en un véhicule de pardon complet, reflétant la générosité du Divin dans le mois béni du Ramadan.

Contexte et perspectives linguistiques

Le hadith a été rapporté par Abu Hurairah (qu'Allah l'agrée) et est rapporté par Al-Bukhari et Muslim, indiquant son authenticité élevée (muttafaqun alayh). Le terme "Qama" (celui qui se tient debout) fait référence à la prière nocturne, spécifiquement le Tarawih, comme établi par la pratique du Prophète et le consensus des premiers musulmans. L'expression "Imanan" (par foi) signifie la croyance en l'ordre d'Allah et la véracité de Sa promesse, tandis que "Ihtisaban" (espoir de récompense) implique d'accomplir la prière uniquement pour le plaisir d'Allah, non pour paraître ou pour un gain mondain. La racine arabe "ghafara" (pardonner) transmet l'effacement complet des péchés, comme s'ils étaient entièrement couverts. Linguistiquement, la clause conditionnelle "man qama" (quiconque se tient debout) souligne que la récompense dépend à la fois de l'action et de l'intention qui l'accompagne, un point nuancé que les savants ont élaboré abondamment.

Principales perspectives savantes et bénéfices juridiques

  • La prière du Tarawih est une Sunna confirmée (Sunna mu'akkadah) pour les hommes et les femmes, et sa pratique en congrégation est encouragée, car le Prophète ﷺ l'a dirigée en congrégation mais a ensuite cessé pour s'assurer qu'elle ne serait pas rendue obligatoire.
  • La condition de sincérité (ikhlas) et de recherche de récompense (ihtisab) est un prérequis pour obtenir le pardon promis ; une simple pratique rituelle sans présence spirituelle ne produit pas le plein bénéfice.
  • Les savants, dont l'imam An-Nawawi, clarifient que "les péchés passés" fait référence aux péchés mineurs, car les péchés majeurs exigent un repentir sincère (tawbah) et l'accomplissement des droits dus aux autres ; c'est le consensus de Ahl al-Sunna.
  • Le hadith encourage implicitement l'accomplissement du Tarawih pendant tout le mois, car l'expression "pendant le Ramadan" indique la constance, bien que la récompense soit également accessible pour une observance partielle avec les mêmes conditions.
"Le Prophète ﷺ a dit : 'Quiconque se tient debout en prière pendant les nuits du Ramadan par foi et en cherchant la récompense, ses péchés passés seront pardonnés.' C'est une grande vertu, donc le croyant doit être désireux de l'accomplir avec sincérité et présence de cœur, car c'est un moyen d'obtenir le pardon et la miséricorde d'Allah." — Imam An-Nawawi, Sharh Sahih Muslim

Vie quotidienne et application spirituelle

Dans nos vies contemporaines, ce hadith sert de rappel puissant pour aborder le Tarawih non pas comme une routine pesante mais comme une opportunité précieuse de renouveau spirituel. Pour incarner cet enseignement, on devrait : (1) purifier l'intention avant chaque prière, en affirmant consciemment que cet acte est uniquement pour Allah, cherchant Son pardon et Sa récompense ; (2) assister à la prière du Tarawih en congrégation lorsque c'est possible, car cela favorise l'unité communautaire et améliore le khushu' (humilité) ; (3) s'efforcer de comprendre la récitation et de réfléchir sur ses significations, permettant au Coran de transformer le cœur ; (4) maintenir la constance tout au long du mois, même avec des récitations plus courtes, car Allah aime les actes constants, même petits ; et (5) après le Ramadan, porter l'esprit de cette dévotion dans le reste de l'année en maintenant les prières nocturnes volontaires (qiyam al-layl), étendant ainsi les bénédictions du pardon et de la proximité d'Allah au-delà du mois béni. Ce hadith enseigne finalement que le chemin du pardon est accessible à chaque croyant sincère, quel que soit son statut, à travers l'acte simple mais profond de se tenir debout en prière avec un cœur dévoué.