حَدَّثَنَا عَبْدُ بْنُ حُمَيْدٍ، قال حَدَّثَنِي زَكَرِيَّاءُ بْنُ عَدِيٍّ، أَخْبَرَنَا عُبَيْدُ اللَّهِ بْنُ عَمْرٍو، عَنْ عَبْدِ اللَّهِ بْنِ مُحَمَّدِ بْنِ عَقِيلٍ، عَنْ جَابِرِ بْنِ عَبْدِ اللَّهِ، قَالَ جَاءَتِ امْرَأَةُ سَعْدِ بْنِ الرَّبِيعِ بِابْنَتَيْهَا مِنْ سَعْدٍ إِلَى رَسُولِ اللَّهِ صلى الله عليه وسلم فَقَالَتْ يَا رَسُولَ اللَّهِ هَاتَانِ ابْنَتَا سَعْدِ بْنِ الرَّبِيعِ قُتِلَ أَبُوهُمَا مَعَكَ يَوْمَ أُحُدٍ شَهِيدًا وَإِنَّ عَمَّهُمَا أَخَذَ مَالَهُمَا فَلَمْ يَدَعْ لَهُمَا مَالاً وَلاَ تُنْكَحَانِ إِلاَّ وَلَهُمَا مَالٌ ‏.‏ قَالَ ‏"‏ يَقْضِي اللَّهُ فِي ذَلِكَ ‏"‏ ‏.‏ فَنَزَلَتْ آيَةُ الْمِيرَاثِ فَبَعَثَ رَسُولُ اللَّهِ صلى الله عليه وسلم إِلَى عَمِّهِمَا فَقَالَ ‏"‏ أَعْطِ ابْنَتَىْ سَعْدٍ الثُّلُثَيْنِ وَأَعْطِ أُمَّهُمَا الثُّمُنَ وَمَا بَقِيَ فَهُوَ لَكَ ‏"‏ ‏.‏ قَالَ أَبُو عِيسَى هَذَا حَدِيثٌ حَسَنٌ صَحِيحٌ لاَ نَعْرِفُهُ إِلاَّ مِنْ حَدِيثِ عَبْدِ اللَّهِ بْنِ مُحَمَّدِ بْنِ عَقِيلٍ وَقَدْ رَوَاهُ شَرِيكٌ أَيْضًا عَنْ عَبْدِ اللَّهِ بْنِ مُحَمَّدِ بْنِ عَقِيلٍ ‏.‏
Traduction
Jabir bin 'Abdullah a dit

« L’épouse de Sa’d bin Ar-Rabi vint avec ses deux filles de Sa’d auprès du Messager d’Allah (SAW) et dit : Ô Messager d’Allah ! ces deux-là sont des filles de Sa’d bin Ar-Rabi qui a combattu à vos côtés le jour d’Uhud et a été martyrisée. Leur oncle a pris leurs biens, sans leur laisser de richesses, et ils ne se marieront pas s’ils n’ont pas de richesse. Il a dit : « Allah décidera à ce sujet. » Le veret concernant l’héritage a été révélé, alors le Messager d’Allah (SAW) a envoyé (mot) à leur oncle en disant : Donnez aux deux filles de Sa’d les deux tiers, et donnez-en à leur mère un huitième, et ce qui reste, alors c’est pour vous.

Comment

Chapitres sur l'héritage - Jami' at-Tirmidhi 2092

Cette narration de Jami` at-Tirmidhi établit un précédent fondateur dans le droit successoral islamique, démontrant comment la révélation divine a abordé des problèmes sociétaux spécifiques avec des solutions juridiques précises.

Contexte historique et problème juridique

L'affaire concerne la veuve et les filles de Sa'd bin Ar-Rabi, un martyr de Uhud, dont le frère a saisi tout l'héritage sans pourvoir aux héritières féminines, reflétant les coutumes pré-islamiques où les femmes étaient souvent exclues de l'héritage.

La plainte des femmes met en lumière leur position vulnérable - sans richesse, elles ne pouvaient pas se marier, révélant comment la déshérence économique créait une marginalisation sociale pour les femmes dans l'Arabie pré-islamique.

Intervention divine et révélation juridique

La réponse initiale du Prophète "Allah décidera de cette affaire" indique qu'il attendait une guidance divine plutôt que d'appliquer des coutumes préexistantes, démontrant la nature réactive de la législation coranique face aux besoins réels de la communauté.

La révélation ultérieure des versets sur l'héritage (plus tard codifiés dans la sourate An-Nisa) a fourni les parts mathématiques spécifiques qui ont révolutionné les droits économiques des femmes au 7e siècle en Arabie.

Distribution appliquée de l'héritage

Le jugement prophétique a alloué : deux tiers aux deux filles (suivant le principe coranique que les enfants féminins multiples reçoivent collectivement deux tiers), un huitième à la mère (comme prescrit lorsque des descendants existent), et le reste à l'oncle paternel en tant qu'agnat masculin le plus proche (asabah).

Cette distribution a établi le principe fondamental de l'héritage islamique des parts fixes (faraid) pour des héritiers spécifiques, avec la richesse résiduelle allant aux agnats masculins, créant un système équilibré entre les droits prescrits et les pratiques coutumières.

Signification savante

Les savants classiques considèrent ce hadith comme une preuve textuelle primaire pour plusieurs règles successorales : les parts des filles, la part de la mère lorsque des descendants existent, et le rôle de l'asabah (héritiers résiduels).

L'affaire démontre l'approche révolutionnaire de l'Islam envers les droits économiques des femmes, garantissant des parts d'héritage fixes des siècles avant que des droits similaires n'émergent dans d'autres civilisations.