حَدَّثَنَا هَارُونُ بْنُ إِسْحَاقَ الْهَمْدَانِيُّ، حَدَّثَنَا عَبْدَةُ بْنُ سُلَيْمَانَ، عَنْ هِشَامِ بْنِ عُرْوَةَ، عَنْ أَبِيهِ، عَنْ عَبْدِ اللَّهِ بْنِ عَمْرِو بْنِ الْعَاصِ، قَالَ قَالَ رَسُولُ اللَّهِ صلى الله عليه وسلم ‏"‏ إِنَّ اللَّهَ لاَ يَقْبِضُ الْعِلْمَ انْتِزَاعًا يَنْتَزِعُهُ مِنَ النَّاسِ وَلَكِنْ يَقْبِضُ الْعِلْمَ بِقَبْضِ الْعُلَمَاءِ حَتَّى إِذَا لَمْ يَتْرُكْ عَالِمًا اتَّخَذَ النَّاسُ رُءُوسًا جُهَّالاً فَسُئِلُوا فَأَفْتَوْا بِغَيْرِ عِلْمٍ فَضَلُّوا وَأَضَلُّوا ‏"‏ ‏.‏ وَفِي الْبَابِ عَنْ عَائِشَةَ وَزِيَادِ بْنِ لَبِيدٍ ‏.‏ قَالَ أَبُو عِيسَى هَذَا حَدِيثٌ حَسَنٌ صَحِيحٌ ‏.‏ وَقَدْ رَوَى هَذَا الْحَدِيثَ الزُّهْرِيُّ عَنْ عُرْوَةَ عَنْ عَبْدِ اللَّهِ بْنِ عَمْرٍو وَعَنْ عُرْوَةَ عَنْ عَائِشَةَ عَنِ النَّبِيِّ صلى الله عليه وسلم مِثْلَ هَذَا ‏.‏
Traduction
Rapporté par Jubair bin Nufair

d’Abou Ad-Darda qui a dit : « Nous étions avec le Prophète (صلى الله عليه وسلم) quand il a levé les yeux vers le ciel, puis il a dit : « C’est le moment où la connaissance doit être enlevée des gens, jusqu’à ce que ce qui en reste n’aboutisse plus à rien. » Alors Ziyad bin Labid Al-Ansari a dit : « Comment va-t-on nous l’enlever pendant que nous récitons le Coran ? C’est par Allah que nous le récitons, et que nos femmes et nos enfants le récitent ? Il (صلى الله عليه وسلم) a dit : « Puisses-tu être privé de ta mère Ô Ziyad ! J’avais l’habitude de vous considérer parmi les Fuqaha des gens d’Al-Madinah. La Tawrah et l’Injil sont avec les Juifs et les Chrétiens, mais à quoi leur servent-ils ? Jubair a dit : « J’ai donc rencontré 'Ubadah bin As-Samit et je lui ai dit : 'N’as-tu pas entendu ce que ton frère Abu Ad-Darda a dit ?' Puis je l’ai informé de ce qu’avait dit Abou Ad-Darda. Il a dit : « Abu Ad-Darda a dit la vérité. Si vous le souhaitez, nous vous raconterons la première connaissance qui doit être retirée du peuple : C’est Khushu', bientôt vous entrerez dans la mosquée de la congrégation, mais vous n’y verrez aucun homme avec Khushu'.

Comment

Commentaire du Hadith : La Disparition de la Connaissance

Cette narration profonde de Jami' at-Tirmidhi (2653) aborde la disparition progressive de la vraie connaissance, pas seulement sa préservation textuelle. La déclaration du Prophète ﷺ sur la connaissance qui est prise se réfère à la compréhension et à l'application de la sagesse divine, pas aux textes physiques eux-mêmes.

La Nature de la Disparition de la Connaissance

Le malentendu de Ziyad bin Labid reflète une erreur courante - assimiler la simple récitation à la vraie connaissance. La réponse du Prophète ﷺ clarifie que posséder des écritures sans compréhension ne profite à rien, comme en témoignent les Juifs et les Chrétiens qui ont leurs écritures mais en tirent peu d'avantages.

La vraie connaissance ('ilm) englobe la compréhension, la mise en œuvre et la conscience spirituelle. Sa disparition se produit par la mort des savants et la négligence de la sagesse appliquée.

La Première Connaissance à Disparaître : Khushu'

'Ubadah bin As-Samit identifie Khushu' (l'humilité sincère et la dévotion dans l'adoration) comme la première connaissance à disparaître. Cela indique que la conscience spirituelle précède et souligne tous les actes externes d'adoration.

Lorsque Khushu' disparaît, les prières deviennent de simples mouvements physiques dépourvus d'essence spirituelle. Les mosquées peuvent être pleines de fidèles, mais vides de vraie dévotion - un avertissement prophétique sur la priorité de la forme sur le fond dans la pratique religieuse.

Implications Savantes

Ce hadith souligne que la connaissance islamique n'est pas seulement académique mais transformative. La préservation de la connaissance nécessite de cultiver des savants qui incarnent ses enseignements, pas seulement de transmettre des textes.

La disparition de la connaissance représente une crise spirituelle où les actes religieux continuent extérieurement tandis que leurs significations intérieures sont perdues. Cela sert de rappel intemporel pour prioriser le fond sur la forme dans tous les actes d'adoration.