À propos de la sourate At-Tawbah Jami` at-Tirmidhi 3092

Texte arabe du hadith
حَدَّثَنَا ابْنُ أَبِي عُمَرَ، حَدَّثَنَا سُفْيَانُ، عَنْ أَبِي إِسْحَاقَ، عَنْ زَيْدِ بْنِ يُثَيْعٍ، قَالَ سَأَلْنَا عَلِيًّا بِأَىِّ شَيْءٍ بُعِثْتَ فِي الْحَجَّةِ قَالَ بُعِثْتُ بِأَرْبَعٍأَنْ لاَ يَطُوفَ بِالْبَيْتِ عُرْيَانٌ وَمَنْ كَانَ بَيْنَهُ وَبَيْنَ النَّبِيِّ صلى الله عليه وسلم عَهْدٌ فَهُوَ إِلَى مُدَّتِهِ وَمَنْ لَمْ يَكُنْ لَهُ عَهْدٌ فَأَجَلُهُ أَرْبَعَةُ أَشْهُرٍ وَلاَ يَدْخُلُ الْجَنَّةَ إِلاَّ نَفْسٌ مُؤْمِنَةٌ وَلاَ يَجْتَمِعُ الْمُشْرِكُونَ وَالْمُسْلِمُونَ بَعْدَ عَامِهِمْ هَذَا ‏.‏قَالَ أَبُو عِيسَى هَذَا حَدِيثٌ حَسَنٌ وَهُوَ حَدِيثُ سُفْيَانَ بْنِ عُيَيْنَةَ عَنْ أَبِي إِسْحَاقَ وَرَوَاهُ الثَّوْرِيُّ عَنْ أَبِي إِسْحَاقَ عَنْ بَعْضِ أَصْحَابِهِ عَنْ عَلِيٍّ ‏.‏ وَفِي الْبَابِ عَنْ أَبِي هُرَيْرَةَ ‏.‏ حَدَّثَنَا نَصْرُ بْنُ عَلِيٍّ، وَغَيْرُ، وَاحِدٍ، قَالُوا حَدَّثَنَا سُفْيَانُ بْنُ عُيَيْنَةَ، عَنْ أَبِي إِسْحَاقَ، عَنْ زَيْدِ بْنِ يُثَيْعٍ، عَنْ عَلِيٍّ، نَحْوَهُ ‏.‏ حَدَّثَنَا عَلِيُّ بْنُ خَشْرَمٍ، حَدَّثَنَا سُفْيَانُ بْنُ عُيَيْنَةَ، عَنْ أَبِي إِسْحَاقَ، عَنْ زَيْدِ بْنِ أُثَيْعٍ، عَنْ عَلِيٍّ، نَحْوَهُ ‏.‏ قَالَ أَبُو عِيسَى وَقَدْ رُوِيَ عَنِ ابْنِ عُيَيْنَةَ، كِلْتَا الرِّوَايَتَيْنِ يُقَالُ عَنْهُ عَنِ ابْنِ أُثَيْعٍ، وَعَنِ ابْنِ يُثَيْعٍ، وَالصَّحِيحُ، هُوَ زَيْدُ بْنُ أُثَيْعٍ وَقَدْ رَوَى شُعْبَةُ، عَنْ أَبِي إِسْحَاقَ، عَنْ زَيْدٍ، غَيْرَ هَذَا الْحَدِيثِ فَوَهِمَ فِيهِ وَقَالَ زَيْدُ بْنُ أُثَيْلٍ وَلاَ يُتَابَعُ عَلَيْهِ ‏.‏ وَفِي الْبَابِ عَنْ أَبِي هُرَيْرَةَ
Traduction
Rapporté par Zaid bin Yuthai'

« Nous avons demandé à Ali avec quoi il avait été envoyé pendant le Hajj. Il a dit : « J’ai été envoyé avec quatre : qu’il n’y aura pas de Tawaf autour de la Maison pendant qu’il est nu, que s’il y a un traité entre quelqu’un et le Prophète (صلى الله عليه وسلم), alors le traité reste jusqu’à son expiration, et quiconque n’a pas de traité, alors il a la durée de quatre mois, nul n’entrera au Paradis sauf un croyant. et les idolâtres et les musulmans ne se rassembleront pas (pour le Hajj) après cette année. [Abou 'Eisa a dit :] Ce hadith est Hasan Sahih. C’est le récit de [Sufyan] bin 'Uyainah d’Abu Ishaq. Soufyan Ath-Thawri l’a rapporté d’Abou Ishaq, de certains de ses compagnons, de 'Ali, et il y a quelque chose à ce sujet de la part d’Abü Hurairah. (Une autre chaîne) de Zaid bin Yuthai' de 'Ali avec des formulations similaires. (Une autre chaîne) Zaid bin Uthal » de 'Ali avec des formulations similaires. [Abou 'Eisa a dit :] Les deux récits ont été rapportés d’après Ibn 'Uyainah ; d’après Ibn Uthai' et d’après Ibn Yuthai'. Ce qui est correct, c’est qu’il s’agit de Zaid bin Yuthai'. Shu’bah a rapporté un récit différent d’Abou Ishaq [de Zaid], et il s’est trompé en cela, il a dit : « De Zaid bin Uthail » et personne ne l’a corroboré en cela. [Il y a quelque chose à ce sujet de la part d’Abu Hurairah].

Commentaire

Aperçu et thème central

Ce hadith, rapporté par l'imam At-Tirmidhi dans les chapitres sur le Tafsir (Jami` at-Tirmidhi 3092), relate la mission de 'Ali ibn Abi Talib (qu'Allah l'agrée) pendant la saison du Hajj de la 9e année après l'Hégire (l'"année des délégations"). Le Prophète ﷺ l'a envoyé avec quatre proclamations décisives, marquant un tournant dans la transition de l'ère préislamique (Jahiliyyah) vers les rites finaux et purifiés de l'Islam. Le thème central est la suprématie absolue du Tawhid (monothéisme), la sainteté du croyant, l'inviolabilité des traités et la fin définitive des pratiques polythéistes dans la Maison sacrée. Il souligne le message complet du Prophète ﷺ—combinant des règles juridiques, un protocole diplomatique et une exclusivité spirituelle—le tout délivré avec clarté et autorité lors du rassemblement le plus sacré des Arabes.

Contexte et aperçus linguistiques

Le contexte historique est la 9e année AH, après la conquête de La Mecque, lorsque le Prophète ﷺ envoya Abu Bakr comme émir du Hajj, puis envoya 'Ali pour réciter la sourate Bara'ah (At-Tawbah) aux gens. Linguistiquement, le hadith contient des termes clés : Tawaf (circumambulation), nu (qui fait référence à la pratique préislamique de circumambuler la Kaaba sans vêtements, car les Quraysh avaient interdit de porter des vêtements qu'ils jugeaient "indignes" pour la Maison), traité (al-'ahd, un accord contraignant), quatre mois (le délai de grâce accordé aux polythéistes, comme mentionné dans la sourate At-Tawbah, verset 2), et nul n'entrera au Paradis excepté un croyant (une déclaration décisive de la nécessité de l'Iman). La phrase "les idolâtres et les musulmans ne se rassembleront pas (pour le Hajj) après cette année" établit l'interdiction permanente des polythéistes de la Mosquée sacrée, accomplissant le commandement divin dans la sourate At-Tawbah (9:28). Les variantes de narration concernant Zaid bin Yuthai' (vs. Uthail) soulignent le soin méticuleux des savants du hadith à vérifier les noms et les chaînes de transmission.

Aperçus savants clés et bénéfices juridiques

  • Sainteté des rites sacrés : L'interdiction du Tawaf nu établit le principe de pudeur (satr) comme condition préalable à la validité du culte près de la Kaaba, abrogeant toutes les coutumes préislamiques et affirmant qu'Allah honore la dignité et la décence dans tous les actes de dévotion.
  • Intégrité diplomatique : L'ordre d'honorer les traités jusqu'à leur expiration, tout en accordant un répit de quatre mois à ceux qui n'ont pas de traité, démontre le principe islamique de respect des engagements (al-wafa' bil-'ahd) et de préavis équitable—une pierre angulaire de la justice dans les relations internationales.
  • Exclusivité du salut : La déclaration que nul n'entrera au Paradis excepté un croyant renforce le credo fondamental des gens de la Sunna : le salut dépend d'une foi sincère (Iman) en Allah et en Son Messager ﷺ, accompagnée d'œuvres pies, et qu'aucun polythéiste ou mécréant n'héritera du Paradis.
  • Pureté du sanctuaire sacré : L'interdiction permanente que les idolâtres et les musulmans se rassemblent pour le Hajj ensemble établit la règle juridique que la Mosquée sacrée est exclusivement réservée aux croyants, comme dérivé du Coran 9:28, assurant la pureté spirituelle du site le plus saint de la terre.
"L'imam Ibn Hajar al-Asqalani (qu'Allah lui fasse miséricorde) a dit dans Fath al-Bari : 'Ce hadith contient l'abrogation de la pratique préislamique du Tawaf nu, et l'affirmation que les polythéistes sont exclus de la Mosquée sacrée—une règle qui reste jusqu'au Jour du Jugement. Il met également en lumière la sagesse du Prophète ﷺ en déléguant ces proclamations à 'Ali, connu pour son éloquence et son courage, pour garantir que le message soit délivré avec toute l'autorité et la clarté.'"

Application quotidienne et spirituelle

Ce hadith enseigne au croyant à maintenir la pureté dans le culte—à la fois extérieurement (dans l'habillement et la conduite) et intérieurement (dans la sincérité et l'intention). Il nous appelle à honorer nos engagements, que ce soit dans les relations personnelles, les affaires commerciales ou les responsabilités communautaires, reflétant le modèle prophétique de fiabilité. L'exclusivité du Paradis pour les croyants devrait nous inspirer à renouveler constamment notre Iman par la connaissance, la prière et les actions pies, tout en nous rappelant l'importance du da'wah—inviter les autres à la vérité avec sagesse et douceur, comme le Prophète ﷺ l'a fait à travers une proclamation structurée et compatissante. Dans notre vie quotidienne, nous pouvons incarner ces principes en veillant à ce que nos actes de culte soient exempts d'ostentation, en étant des personnes intègres dans nos promesses, et en nous efforçant de garder nos cœurs et nos maisons purs de tout ce qui déplaît à Allah. Le hadith nous encourage également à respecter la sainteté des lieux et des temps sacrés, et à aborder notre foi avec le même sérieux et le même dévouement que 'Ali (qu'Allah l'agrée) a démontrés en délivrant ce message capital.