La vertu de Khadijah, qu’Allah l’agrée Jami` at-Tirmidhi 3876

Texte arabe du hadith
حَدَّثَنَا الْحُسَيْنُ بْنُ حُرَيْثٍ، قَالَ حَدَّثَنَا الْفَضْلُ بْنُ مُوسَى، عَنْ هِشَامِ بْنِ عُرْوَةَ، عَنْ أَبِيهِ، عَنْ عَائِشَةَ، قَالَتْ مَا حَسَدْتُ أَحَدًا مَا حَسَدْتُ خَدِيجَةَ وَمَا تَزَوَّجَنِي رَسُولُ اللَّهِ صلى الله عليه وسلم إِلاَّ بَعْدَ مَا مَاتَتْ وَذَلِكَ أَنَّ رَسُولَ اللَّهِ صلى الله عليه وسلمبَشَّرَهَا بِبَيْتٍ فِي الْجَنَّةِ مِنْ قَصَبٍ لاَ صَخَبَ فِيهِ وَلاَ نَصَبَ ‏.‏ هَذَا حَدِيثٌ حَسَنٌ ‏.‏ مِنْ قَصَبٍ قَالَ إِنَّمَا يَعْنِي بِهِ قَصَبَ اللُّؤْلُؤِ
Traduction
Rapporté par 'Aïcha

« Je n’enviais aucune femme comme j’enviais Khadijah - et le Messager d’Allah (صلى الله عليه وسلم) ne m’a épousé qu’après sa mort - c’est parce que le Messager d’Allah (صلى الله عليه وسلم) lui a annoncé la bonne nouvelle d’une maison au Paradis faite de Qasab, sans clameurs ni malaises. »

Commentaire

Aperçu et thème central

Ce hadith, rapporté par Umm Salamah (qu'Allah soit satisfait d'elle), éclaire le rang extraordinaire de Khadijah bint Khuwaylid (qu'Allah soit satisfait d'elle) aux yeux du Prophète ﷺ et d'Allah. Le thème central est la vertu de Khadijah, la première épouse du Prophète ﷺ et la première croyante en son message, et l'honneur profond qu'Allah lui a accordé : une maison au Paradis faite de Qasab (une substance creuse, semblable à une perle), sans tumulte ni inconfort. Le souvenir continu du Prophète ﷺ après sa mort, et ses éloges à son égard, nous enseignent l'importance de la loyauté, de la gratitude et de la reconnaissance de l'excellence de ceux qui nous ont soutenus dans les moments difficiles. Ce hadith est un témoignage du lien durable d'amour et de respect qui transcende la vie terrestre, et il souligne le principe selon lequel la vraie vertu se mesure par la foi, le sacrifice et la constance, et non par le statut mondain ou la richesse.

Contexte et aperçus linguistiques

Le hadith est rapporté par Umm Salamah (qu'Allah soit satisfait d'elle), l'une des Mères des Croyants, et est enregistré dans Jami` at-Tirmidhi (3876) sous "Chapitres sur les vertus". Le contexte (Sabab al-Wurud) est que Umm Salamah a exprimé son envie de Khadijah, non par jalousie ou malice, mais par admiration pour l'affection profonde et durable du Prophète ﷺ pour elle. Le Prophète ﷺ n'a épousé Umm Salamah qu'après la mort de Khadijah, et il faisait souvent l'éloge de Khadijah, mentionnant ses vertus et lui envoyant paix et salutations. Linguistiquement, le terme clé "Qasab" (قصب) fait référence à un type de perle creuse et translucide ou à une pierre précieuse, souvent décrite comme un matériau de construction du Paradis. La phrase "sans tumulte ni inconfort" (لا صخب فيها ولا نصب) utilise "Sakhab" (صخب), signifiant bruit fort et dur ou tumulte, et "Nasab" (نصب), signifiant fatigue, difficulté ou labeur. Ces termes signifient ensemble une demeure de tranquillité parfaite, totalement exempte des perturbations et de la lassitude de la vie terrestre. Le mot "envie" (Ghibtah) utilisé ici est une envie louable - un désir d'avoir la même bénédiction sans souhaiter son retrait de l'autre personne - que les savants distinguent de la jalousie blâmable (Hasad).

Aperçus savants clés et bénéfices juridiques

  • Vertu de Khadijah : Ce hadith établit la vertu inégalée de Khadijah (qu'Allah soit satisfait d'elle) en tant que première croyante, première épouse du Prophète ﷺ et mère de ses enfants (sauf Ibrahim). Son soutien inébranlable pendant les premières années les plus difficiles de l'Islam lui a valu un rang spécial, comme l'affirment de multiples narrations authentiques où le Prophète ﷺ l'a déclarée la meilleure de ses épouses et la meilleure des femmes de son temps.
  • Loyauté et gratitude : Le souvenir continu du Prophète ﷺ de Khadijah après sa mort, et sa défense de son honneur lorsque Aisha (qu'Allah soit satisfait d'elle) a parlé d'elle une fois, démontre le principe islamique profond de loyauté (Wafa) et de gratitude (Shukr) envers ceux qui nous ont fait du bien, même après leur disparition. C'est une leçon juridique et éthique : nous ne devons pas oublier les faveurs des autres, surtout en présence de nouvelles bénédictions.
  • Envie louable (Ghibtah) : La déclaration de Umm Salamah, "Je n'ai envié aucune femme comme j'ai envié Khadijah," est un exemple clair de Ghibtah, qui est permis et même louable en Islam. Les savants (comme l'imam An-Nawawi dans son commentaire de Sahih Muslim) expliquent que Ghibtah est le désir d'une bénédiction qu'un autre possède, sans souhaiter son retrait, et c'est un signe de reconnaissance de la vertu et d'aspiration à l'émuler.
"Khadijah était la plus aimée des épouses du Prophète pour lui, et il ne l'a jamais oubliée. Il honorait ses amis après sa mort, et il a dit : 'Elle a cru en moi quand les gens ont mécru, et elle m'a cru quand les gens m'ont rejeté, et elle a dépensé sa richesse pour moi quand les gens m'ont refusé, et Allah m'a accordé des enfants d'elle.' C'est le rang le plus élevé de la vertu et le modèle parfait de loyauté." — Ibn Hajar al-Asqalani, Fath al-Bari (paraphrasé)

Vie quotidienne et application spirituelle

Ce hadith nous inspire à cultiver une gratitude profonde et durable et une loyauté envers ceux qui nous ont soutenus dans notre cheminement de foi. Dans notre vie quotidienne, nous devons honorer la mémoire et les contributions de nos parents, enseignants, conjoints et amis, en particulier ceux qui sont restés à nos côtés pendant les moments difficiles. Nous sommes encouragés à bien parler d'eux, à défendre leur honneur et à maintenir des liens avec leurs proches après leur départ - comme le Prophète ﷺ l'a fait pour Khadijah. De plus, la description de la maison de Khadijah au Paradis comme "sans tumulte ni inconfort" nous rappelle de rechercher la tranquillité dans nos propres maisons en favorisant un environnement de paix, exempt de paroles dures, de bruit inutile et de la fatigue des préoccupations mondaines. Nous pouvons imiter cela en priorisant la sérénité spirituelle, la patience et la parole douce dans nos familles. Enfin, aspirons à avoir l'envie louable (Ghibtah) pour les justes, nous motivant à augmenter notre propre foi, charité et constance, afin que nous puissions atteindre une demeure au Paradis exempte de toute détresse et de tout labeur.