Qu’est-ce qui a été rapporté sur la vertu de crier de crainte d’Allah le Très-Haut Jami` at-Tirmidhi 2311
Texte arabe du hadith
حَدَّثَنَا هَنَّادٌ، حَدَّثَنَا عَبْدُ اللَّهِ بْنُ الْمُبَارَكِ، عَنْ عَبْدِ الرَّحْمَنِ بْنِ عَبْدِ اللَّهِ الْمَسْعُودِيِّ، عَنْ مُحَمَّدِ بْنِ عَبْدِ الرَّحْمَنِ، عَنْ عِيسَى بْنِ طَلْحَةَ، عَنْ أَبِي هُرَيْرَةَ، قَالَ قَالَ رَسُولُ اللَّهِ صلى الله عليه وسلم " لاَ يَلِجُ النَّارَ رَجُلٌ بَكَى مِنْ خَشْيَةِ اللَّهِ حَتَّى يَعُودَ اللَّبَنُ فِي الضَّرْعِ وَلاَ يَجْتَمِعُ غُبَارٌ فِي سَبِيلِ اللَّهِ وَدُخَانُ جَهَنَّمَ " . قَالَ وَفِي الْبَابِ عَنْ أَبِي رَيْحَانَةَ وَابْنِ عَبَّاسٍ . قَالَ هَذَا حَدِيثٌ حَسَنٌ صَحِيحٌ . وَمُحَمَّدُ بْنُ عَبْدِ الرَّحْمَنِ هُوَ مَوْلَى آلِ طَلْحَةَ وَهُوَ مَدَنِيٌّ ثِقَةٌ رَوَى عَنْهُ شُعْبَةُ وَسُفْيَانُ الثَّوْرِيُّ
Traduction
Abu Hurairah a rapporté que le Messager d’Allah (s.a.w) a dit
« Un homme qui crie de crainte d’Allah ne sera pas jeté dans le Feu jusqu’à ce que le lait retourne à la mamelle. et la poussière soulevée dans le sentier d’Allah et la fumée de Jahannam ne seront pas rassemblées. [Il a dit :] Il y a des récits sur ce sujet d’Abu Raihanah et d’Ibn 'Abbas. [Il a dit :] Ce hadith est Sahih. Muhammad bin 'Abdur-Rahman est le Mawla de la famille de Talbah, et il est d’Al-Madinah, et digne de confiance. Shu’bah et Sufyan Ath-Thawri ont rapporté de lui.
Aperçu & Thème Central
Ce hadith profond, rapporté par l'imam At-Tirmidhi dans les chapitres sur le Zuhd (Jami` at-Tirmidhi 2311), résume deux réalités cruciales de l'au-delà : l'immense pouvoir protecteur des larmes sincères et conscientes d'Allah, et l'incompatibilité absolue entre l'effort dans la cause d'Allah et le châtiment de l'Enfer. Le Prophète ﷺ utilise des images vives et tangibles pour assurer aux croyants que la crainte d'Allah—manifestée par les pleurs—agit comme un bouclier impénétrable contre le Feu, tandis que la poussière du jihad et la fumée de la Géhenne ne peuvent jamais coexister sur le corps ou l'âme d'un croyant. C'est un hadith d'un immense espoir, renforçant que la dévotion sincère, que ce soit par le culte émotionnel ou le sacrifice physique, est rencontrée par la miséricorde divine et une protection absolue.
Contexte & Aperçus Linguistiques
Le hadith utilise deux similitudes frappantes. La phrase "jusqu'à ce que le lait retourne au pis" (ḥattā yaʿūda al-laban fī al-ḍarʿ) fait référence à l'impossibilité que le lait reflue dans le tray après avoir été tiré—un processus naturel et irréversible. Cela souligne la certitude absolue qu'une personne qui verse des larmes par une véritable khashyah (crainte révérencielle d'Allah) n'entrera jamais dans le Feu. La deuxième similitude contraste "la poussière soulevée dans la cause d'Allah" (ghubār fī sabīlillāh) avec la "fumée de la Géhenne" (dukhān jahannam). Le terme ghubār signifie les fines particules qui se déposent sur le visage et les vêtements d'un guerrier pendant la bataille, symbolisant l'effort physique et le sacrifice. La "fumée" représente l'atmosphère brûlante et suffocante de l'Enfer. Le Prophète ﷺ déclare que ces deux éléments sont mutuellement exclusifs—ils ne peuvent se rassembler sur une seule personne, ce qui signifie que celui qui a véritablement lutté dans le chemin d'Allah est purifié des effets du Feu de l'Enfer. L'imam At-Tirmidhi classe cette narration comme Ḥasan Ṣaḥīḥ, affirmant sa chaîne de transmission solide, qui inclut le narrateur médinois digne de confiance Muhammad bin ʿAbdur-Raḥmān, dont Shuʿbah et Sufyan Ath-Thawrī ont tous deux rapporté.
Aperçus Savants Clés & Bénéfices Juridiques
Vie Quotidienne & Application Spirituelle
Pour vivre ce hadith aujourd'hui, un musulman doit cultiver un cœur doux et vivant—un cœur qui tremble à l'évocation de la Majesté d'Allah et de Sa redoutable responsabilité. Cela est réalisé en réfléchissant profondément sur le Coran, en se rappelant ses péchés avec remords, et en aspirant au plaisir d'Allah. Pratiquement, on devrait laisser les larmes couler dans la supplication privée (duʿāʾ) et pendant les prières nocturnes (tahajjud), cherchant refuge auprès d'Allah contre le Feu. Simultanément, le croyant doit incarner la "poussière du jihad" dans sa vie quotidienne : lutter contre la paresse, l'injustice et ses propres désirs bas. Cela inclut de se tenir pour la vérité, de soutenir les opprimés, et de déployer des efforts dans l'apprentissage et les bonnes actions—toutes formes de lutte qui laissent la "poussière" de l'effort sincère. En combinant un cœur qui pleure avec des membres qui luttent, le croyant incarne les deux moitiés du hadith, assurant que la fumée de l'Enfer reste à jamais lointaine, remplacée par la brise fraîche de la miséricorde divine.