Qu’est-ce qui a été lié à la consommation de criquet Jami` at-Tirmidhi 1822

Texte arabe du hadith
حَدَّثَنَا مَحْمُودُ بْنُ غَيْلاَنَ، حَدَّثَنَا أَبُو أَحْمَدَ، وَالْمُؤَمَّلُ، قَالاَ حَدَّثَنَا سُفْيَانُ، عَنْ أَبِي يَعْفُورٍ، عَنِ ابْنِ أَبِي أَوْفَى، قَالَ غَزَوْنَا مَعَ رَسُولِ اللَّهِ صلى الله عليه وسلمسَبْعَ غَزَوَاتٍ نَأْكُلُ الْجَرَادَ ‏.‏قَالَ أَبُو عِيسَى وَرَوَى شُعْبَةُ، هَذَا الْحَدِيثَ عَنْ أَبِي يَعْفُورٍ، عَنِ ابْنِ أَبِي أَوْفَى، قَالَ غَزَوْتُ مَعَ رَسُولِ اللَّهِ صلى الله عليه وسلم غَزَوَاتٍ نَأْكُلُ الْجَرَادَ ‏.‏ حَدَّثَنَا بِذَلِكَ مُحَمَّدُ بْنُ بَشَّارٍ حَدَّثَنَا مُحَمَّدُ بْنُ جَعْفَرٍ حَدَّثَنَا شُعْبَةُ بِهَذَا ‏.‏
Traduction
Rapporté par Abou Ya’fur

Qu’Ibn Abi Awfa a dit : « Nous avons participé à sept expéditions militaires avec le Messager d’Allah (صلى الله عليه وسلم), (et) nous avons mangé des sauterelles. »

[Abou 'Eisa a dit :] Shu’bah a rapporté ce hadith d’Abou Ya’four, d’Ibn Awfa et a dit : « Nous avons participé à des expéditions militaires avec le Messager d’Allah (صلى الله عليه وسلم) (et) nous avons mangé des sauterelles. »

Cela nous a été rapporté par Muhammad bin Bash-shar (qui a dit) : « Muhammad bin Ja’far nous a rapporté de Shu’bah. »

Commentaire

Aperçu et thème central

Ce hadith, rapporté par l'imam at-Tirmidhi dans "Le Livre de la Nourriture" (Jami` at-Tirmidhi 1822), rapporte le témoignage d'Ibn Abi Awfa (qu'Allah soit satisfait de lui) qui a participé à sept expéditions militaires aux côtés du Messager d'Allah (ﷺ) et qu'ils ont consommé des sauterelles pendant ces campagnes. Le thème central est la permission (ibahah) de manger des sauterelles sans exiger d'abattage rituel (dhabihah), affirmant que les sauterelles sont une nourriture licite pour la communauté musulmane. Cela illustre aussi subtilement la simplicité et l'ingéniosité des compagnons du Prophète sur le terrain, démontrant que l'Islam n'impose pas de difficulté excessive en matière de subsistance, tout en soulignant la bénédiction de la provision d'Allah même dans des circonstances difficiles.

Contexte et perspectives linguistiques

Le hadith est une narration directe d'un compagnon (sahabi) de Abdullah ibn Abi Awfa (qu'Allah soit satisfait de lui), un compagnon distingué qui a participé à plusieurs expéditions, y compris la conquête de La Mecque et la campagne de Khaybar. Le terme arabe utilisé est "الجراد" (al-jarad), signifiant sauterelles, qui sont un type de criquet. Le Prophète (ﷺ) a explicitement permis la consommation de sauterelles, comme rapporté dans d'autres narrations, et cette permission est comprise comme inconditionnelle—les sauterelles ne nécessitent pas d'abattage au nom d'Allah, contrairement aux autres animaux. L'expression "nous avons mangé des sauterelles" (فأكلنا الجراد) indique une consommation directe sans aucun rituel prescrit, et les savants classiques ont noté que les sauterelles sont considérées comme du "gibier" (said) que l'on peut manger sans abattage formel. Le contexte des expéditions militaires (ghazawat) souligne que c'était une nécessité pratique et une partie normale de leur alimentation, non un acte exceptionnel ou interdit. Linguistiquement, le hadith reflète également la familiarité bédouine avec les sauterelles comme source de nourriture, ce qui était courant dans la péninsule arabique.

Perspectives savantes clés et bénéfices juridiques

  • Règle jurisprudentielle : Les sauterelles sont licites à manger sans abattage rituel, car elles sont explicitement exemptées de l'exigence de dhabihah. C'est un consensus (ijma') parmi la majorité des savants, basé sur ce hadith et la parole explicite du Prophète (ﷺ) : "Deux choses mortes nous ont été rendues licites : le poisson et les sauterelles" (Sunan Ibn Majah).
  • Principe éthique : Le hadith enseigne la vertu du contentement (qana'ah) et de la gratitude pour toute provision qu'Allah accorde, même en temps de pénurie ou de voyage. Les compagnons n'ont pas dédaigné cette nourriture simple mais l'ont acceptée avec gratitude, reflétant la guidance prophétique de manger de la subsistance licite sans extravagance.
  • Bénéfice pratique : La narration démontre que l'Islam s'adapte aux circonstances de ses adeptes, permettant une flexibilité dans les lois diététiques tout en maintenant les principes fondamentaux du halal et du haram. Elle souligne également l'importance de préserver la Sunna par une transmission précise, comme on le voit dans les multiples chaînes de narration rapportées par Shu'bah et Abu Ya'fur.
"L'imam Ibn Hajar al-Asqalani (qu'Allah lui fasse miséricorde) a dit dans Fath al-Bari : 'Les sauterelles sont licites sans abattage, et il n'y a pas de désaccord parmi les savants concernant leur permission. Cela est dû au fait que le Prophète (ﷺ) les a explicitement permises, et elles ne sont pas considérées comme de la charogne dans la même catégorie que les autres animaux morts.'"

Application quotidienne et spirituelle

Dans notre vie quotidienne, ce hadith nous encourage à adopter un esprit de simplicité et de gratitude pour la provision qu'Allah nous accorde, que ce soit en période d'abondance ou de pénurie. Il nous rappelle que l'Islam est une religion de facilité (yusr) et non de difficulté ('usr), et que nous ne devrions pas compliquer les choses concernant la nourriture permise. Lors des voyages, en cas d'urgence, ou dans des situations où la nourriture conventionnelle n'est pas disponible, nous pouvons trouver du réconfort dans l'étendue de la miséricorde d'Allah, qui permet des alternatives licites. Spirituellement, le hadith nous appelle à réfléchir sur les bénédictions de la nature—comme les sauterelles, qui sont une source de protéines et de subsistance—et à reconnaître qu'Allah pourvoit à Sa création de diverses manières. De plus, il nous inspire à imiter la confiance inébranlable des compagnons en Allah et leur capacité à s'adapter à toute circonstance avec patience et gratitude, transformant même les repas les plus simples en actes d'adoration par le rappel d'Allah et l'intention de nous renforcer pour Lui obéir.