Qu’est-ce qui a été lié à l’augmentation (de l’eau dans) le bouillon Jami` at-Tirmidhi 1833

Texte arabe du hadith
حَدَّثَنَا الْحُسَيْنُ بْنُ عَلِيِّ بْنِ الأَسْوَدِ الْبَغْدَادِيُّ، حَدَّثَنَا عَمْرُو بْنُ مُحَمَّدٍ الْعَنْقَزِيُّ، حَدَّثَنَا إِسْرَائِيلُ، عَنْ صَالِحِ بْنِ رُسْتُمَ أَبِي عَامِرٍ الْخَزَّازِ، عَنْ أَبِي عِمْرَانَ الْجَوْنِيِّ، عَنْ عَبْدِ اللَّهِ بْنِ الصَّامِتِ، عَنْ أَبِي ذَرٍّ، قَالَ قَالَ رَسُولُ اللَّهِ صلى الله عليه وسلم ‏"‏ لاَ يَحْقِرَنَّ أَحَدُكُمْ شَيْئًا مِنَ الْمَعْرُوفِ وَإِنْ لَمْ يَجِدْ فَلْيَلْقَ أَخَاهُ بِوَجْهٍ طَلِيقٍ وَإِنِ اشْتَرَيْتَ لَحْمًا أَوْ طَبَخْتَ قِدْرًا فَأَكْثِرْ مَرَقَتَهُ وَاغْرِفْ لِجَارِكَ مِنْهُ ‏"‏ ‏.‏ قَالَ أَبُو عِيسَى هَذَا حَدِيثٌ حَسَنٌ صَحِيحٌ وَقَدْ رَوَاهُ شُعْبَةُ عَنْ أَبِي عِمْرَانَ الْجَوْنِيِّ
Traduction
Rapporté par Abou Dharr

Que le Messager d’Allah (صلى الله عليه وسلم) a dit : « Que l’un de vous ne considère aucun bien comme insignifiant. S’il n’a rien, qu’il rencontre son frère avec un visage souriant. Si vous achetez de la viande ou faites cuire quelque chose dans une casserole, augmentez son bouillon et servez-en un peu à votre voisin.

[Abou 'Eisa a dit :] Ce hadith est Hasan Sahih. Shu’bah l’a rapporté d’Abou 'Imran Al-Jawni.

Commentaire

Aperçu & Thème central

Ce hadith profond, rapporté par l'imam at-Tirmidhi dans "Le Livre de la Nourriture" (Jami` at-Tirmidhi 1833), résume l'éthique islamique de la responsabilité sociale et la sainteté des petits actes de bonté. Le Prophète ﷺ enseigne qu'aucune bonne action n'est trop insignifiante pour être négligée, et que le soin sincère de son voisin—que ce soit par un visage souriant ou une part de son repas—est une marque de foi complète. Le thème central est la cultivation d'un caractère généreux, accessible et orienté vers la communauté, où même le geste le plus simple est élevé au rang d'acte d'adoration lorsqu'il est fait avec une intention sincère.

Contexte & Aperçus linguistiques

Le hadith a été rapporté par Abu Dharr (qu'Allah soit satisfait de lui) dans un contexte où le Prophète ﷺ conseillait sur l'importance de maintenir de bons liens sociaux, en particulier avec les voisins. L'expression arabe "lā taḥqiranna" (ne considère pas insignifiant) provient de la racine ḥ-q-r, signifiant déprécier ou sous-estimer. L'instruction de "rencontrer ton frère avec un visage souriant" (talqā akhāka bi-wajhin ṭalq) utilise "ṭalq", qui désigne un visage ouvert, joyeux et sans froncements—une manifestation physique de la chaleur intérieure. L'ordre d'"augmenter le bouillon" (akthir maraqatahā) met en lumière la sagesse pratique d'étirer la substance d'un repas pour inclure les autres, soulignant que la générosité ne consiste pas en l'excès mais en un partage intentionnel.

Aperçus savants clés & Bénéfices juridiques

  • Bénéfice jurisprudentiel : Le hadith établit la recommandation (mustahabb) de partager la nourriture avec les voisins, et certains savants en déduisent que c'est une obligation communautaire (fard kifayah) de vérifier les besoins de base d'un voisin, surtout en période de pénurie.
  • Principe éthique : Un visage souriant est une forme de charité (sadaqah) en soi, comme le corroborent d'autres narrations (Tirmidhi 1956). Cela élève la simple interaction sociale à un acte méritoire, brisant la barrière de l'apathie.
  • Consensus classique : Les savants s'accordent unanimement sur le fait que le hadith encourage le bon voisinage (ḥusn al-jiwār) et met en garde contre la négligence des droits des voisins, qui incluent le partage de la nourriture, l'offre d'aide et l'abstention de nuire.
"Le Prophète ﷺ n'a pas seulement ordonné de donner de la nourriture, mais il a ordonné d'augmenter le bouillon—une leçon subtile mais profonde selon laquelle on doit préparer la nourriture avec l'intention d'inclure les autres, non comme une réflexion après coup mais comme un acte délibéré de prévoyance et de soin." — Imam Ibn Hajar al-Asqalani (Fath al-Bari).

Vie quotidienne & Application spirituelle

Dans notre monde contemporain, ce hadith nous défie de réexaminer nos interactions quotidiennes. Il nous invite à ne jamais sous-estimer le pouvoir d'une salutation chaleureuse, d'un mot gentil ou d'une petite assiette de nourriture partagée avec un voisin. Pratiquement, cela signifie cuisiner intentionnellement des portions supplémentaires, sourire consciemment à ceux que nous rencontrons, et considérer chaque acte de bonté comme une opportunité de se rapprocher d'Allah. Cela nous appelle aussi à briser l'isolement de la vie moderne—où les voisins restent souvent des étrangers—en initiant de petits gestes de bonne volonté, constants. Spirituellement, cela purifie le cœur de l'arrogance et de l'avarice, cultivant une âme ouverte, généreuse et profondément connectée à la communauté, réalisant ainsi la vision prophétique d'une société bâtie sur la compassion mutuelle et l'amour.