Ce qui a été rapporté par le Prophète (saws) permettant à quelqu’un de couper de la viande avec un couteau Jami` at-Tirmidhi 1836
Texte arabe du hadith
حَدَّثَنَا مَحْمُودُ بْنُ غَيْلاَنَ، حَدَّثَنَا عَبْدُ الرَّزَّاقِ، أَخْبَرَنَا مَعْمَرٌ، عَنِ الزُّهْرِيِّ، عَنْ جَعْفَرِ بْنِ عَمْرِو بْنِ أُمَيَّةَ الضَّمْرِيِّ، عَنْ أَبِيهِ، أَنَّهُ رَأَى النَّبِيَّ صلى الله عليه وسلماحْتَزَّ مِنْ كَتِفِ شَاةٍ فَأَكَلَ مِنْهَا ثُمَّ مَضَى إِلَى الصَّلاَةِ وَلَمْ يَتَوَضَّأْ .قَالَ أَبُو عِيسَى هَذَا حَدِيثٌ حَسَنٌ صَحِيحٌ . وَفِي الْبَابِ عَنِ الْمُغِيرَةِ بْنِ شُعْبَةَ
Traduction
Rapporté par Ja'far bin ' Amr bin Omeyyah Ad-Damri
De son père qui a dit qu’il a vu le Prophète (صلى الله عليه وسلم) faire des incisions (avec un couteau) dans un morceau d’épaule d’agneau dont il a mangé, puis il est allé accomplir la Salat sans accomplir les Woudou'.
[Abou 'Eisa a dit :] Ce hadith est Hasan Sahih et il y a quelque chose à ce sujet de la part d’Al-Mughirah bin Shu’bah.
Aperçu et thème central
Ce hadith, rapporté par l'imam At-Tirmidhi dans "Le Livre de la Nourriture" (Jami` at-Tirmidhi 1836), illustre la pratique prophétique de manger une épaule d'agneau en faisant des incisions directement avec un couteau, puis d'accomplir la Salat sans renouveler les ablutions (Wudu'). Le thème central est double : il affirme la permission de manger de la viande cuite (y compris l'agneau) sans que cela n'annule l'état de pureté rituelle, et il démontre la simplicité et l'approche pratique du Prophète ﷺ dans la vie quotidienne—combinant l'acte de manger avec le culte immédiat, montrant que les deux ne sont pas incompatibles. Le hadith souligne également l'importance de suivre la Sunna dans les affaires majeures et mineures, car les actions du Prophète ﷺ servent de modèle législatif pour la Oumma.
Contexte et perspectives linguistiques
Le hadith est rapporté par un compagnon (probablement de la chaîne de Ya'la ibn Murrah ou similaire) qui a observé le Prophète ﷺ mangeant une épaule d'agneau (الكتف - al-katif). Le terme arabe "يقطع" (yaqta') signifie "couper" ou "faire des incisions", indiquant que le Prophète ﷺ utilisait un couteau pour découper la viande directement de l'os, une pratique courante dans la culture arabe. La phrase "ثم صلى ولم يتوضأ" (puis il a prié sans faire le Wudu') est le point juridique clé. Le contexte historique (Sabab al-Wurud) se rapporte à une idée fausse courante parmi certains premiers musulmans selon laquelle manger de la viande de chameau annule le Wudu' (basé sur un autre hadith), mais ce hadith clarifie que la viande cuite d'autres animaux, comme l'agneau, ne nécessite pas de nouvelles ablutions. Linguistiquement, le terme "الكتف" se réfère spécifiquement à la zone de l'omoplate, une coupe de choix, montrant la préférence du Prophète ﷺ pour la bonne nourriture. L'accent mis par le narrateur sur "رآه" (il l'a vu) souligne la nature de témoin oculaire du rapport, renforçant son authenticité comme base pour les décisions juridiques.
Perspectives savantes clés et bénéfices juridiques
Application quotidienne et spirituelle
Dans notre vie quotidienne, ce hadith nous apprend à éviter une rigidité inutile dans la pratique religieuse. Un musulman ne devrait pas se charger de doutes sur le Wudu' après avoir mangé des aliments ordinaires, car le Prophète ﷺ a établi la facilité et la clarté. Pratiquement, cela signifie que l'on peut manger un repas et passer immédiatement à la prière sans anxiété, en se fiant à la Sunna claire. Spirituellement, cela nous rappelle d'imiter l'équilibre du Prophète ﷺ : il a pris part aux plaisirs licites (manger de la bonne nourriture) puis s'est tourné vers le culte avec une présence totale, montrant que la dunya et l'akhirah ne sont pas opposées mais harmonisées par l'intention (niyyah). De plus, l'acte de couper la viande avec un couteau et de manger directement de l'os reflète une simplicité et un contentement qui contrent l'extravagance—nous encourageant à être reconnaissants pour ce que nous avons, à manger avec la main droite et à maintenir un état de préparation à la prière en tout temps. En intériorisant cela, nous cultivons une vie où chaque action, même manger, est un pas vers le plaisir d'Allah.