« Un membre des Quraish a cassé une dent à un membre des Ansar. Il a donc fait appel à Mu'awiyah contre lui. Il a dit à Mu'awiyah : « O Commandeur des croyants ! Cette personne m'a cassé une dent. » Mu'awiyah a dit : « Nous essaierons de vous satisfaire. » Et l'autre personne a insisté pour que Mu'awiyah le fasse accepter [mais il n'était pas satisfait]. Alors Mu'awiyah lui dit : « Cela dépend de ton compagnon. » Abu Ad-Darda était assis à côté de lui, alors Abu Ad-Darda a déclaré : « J'ai entendu le Messager d'Allah () dire [il a dit : 'Mes oreilles ont entendu et mon cœur s'en est souvenu] : « Personne n'est frappé dans son corps et il ne pardonne, sauf qu'Allah l'élève d'un niveau et lui enlève un péché. '» L'Ansari a dit : « Avez-vous entendu cela du Messager d'Allah () ? » Il a déclaré : « Mes oreilles l'ont entendu et mon cœur s'en est souvenu. » Il a dit : « Alors je vais lui laisser le soin. » Mu'awiyah a dit : « Tu ne devrais sûrement pas souffrir. » Il a donc ordonné qu'on lui donne de la richesse. »
Le Livre sur l'Argent du Sang
Jami' at-Tirmidhi - Hadith 1393
Contexte de la Narration
Cet incident s'est produit pendant le califat de Mu'awiyah ibn Abi Sufyan (qu'Allah soit satisfait de lui). Un homme Qurayshite a cassé la dent d'un homme Ansari, conduisant à un différend juridique porté devant le Calife cherchant justice et compensation pour la blessure subie.
Procédure Légale
Mu'awiyah a d'abord suivi la procédure judiciaire standard en tentant de faciliter la réconciliation et la compensation entre les deux parties. L'Ansari avait le droit de demander le qisas (représailles) ou d'accepter la diyah (argent du sang) pour la dent cassée, car les dents font partie des parties du corps pour lesquelles une compensation spécifique est prescrite dans la loi islamique.
Intervention d'Abu Ad-Darda
L'éminent Compagnon Abu Ad-Darda (qu'Allah soit satisfait de lui) a assisté aux procédures et est intervenu avec des conseils prophétiques. Sa déclaration emphatique "Mes oreilles ont entendu et mon cœur s'en est souvenu" souligne l'authenticité et la précision de sa transmission, une méthode utilisée par les érudits méticuleux pour vérifier l'exactitude du hadith.
Sagesse Spirituelle
L'enseignement du Prophète met en lumière l'immense récompense spirituelle pour le pardon des blessures physiques. Allah élève le pardonneur en rang et efface ses péchés - un échange divin surpassant de loin la compensation mondaine. Cela démontre l'équilibre de l'islam entre l'établissement de la justice et l'encouragement de l'excellence morale par le pardon.
Résolution Pratique
En entendant la tradition prophétique, l'Ansari a immédiatement pardonné à l'offenseur, incarnant l'esprit de l'enseignement. Cependant, Mu'awiyah a démontré un leadership sage en lui accordant toujours de la richesse, reconnaissant que le pardon ne devrait pas entraîner de perte matérielle. Cela reflète le principe islamique que le pardon est vertueux mais que la compensation reste un droit.