Autorisation concernant le prix d'un chien de chasse Jami` at-Tirmidhi 1281
Texte arabe du hadith
أَخْبَرَنَا أَبُو كُرَيْبٍ، أَخْبَرَنَا وَكِيعٌ، عَنْ حَمَّادِ بْنِ سَلَمَةَ، عَنْ أَبِي الْمُهَزِّمِ، عَنْ أَبِي هُرَيْرَةَ، قَالَنَهَى عَنْ ثَمَنِ الْكَلْبِ، إِلاَّ كَلْبَ الصَّيْدِ . قَالَ أَبُو عِيسَى هَذَا حَدِيثٌ لاَ يَصِحُّ مِنْ هَذَا الْوَجْهِ . وَأَبُو الْمُهَزِّمِ اسْمُهُ يَزِيدُ بْنُ سُفْيَانَ وَتَكَلَّمَ فِيهِ شُعْبَةُ بْنُ الْحَجَّاجِ وَضَعَّفَهُ . وَقَدْ رُوِيَ عَنْ جَابِرٍ عَنِ النَّبِيِّ صلى الله عليه وسلم نَحْوُ هَذَا وَلاَ يَصِحُّ إِسْنَادُهُ أَيْضًا
Traduction
Raconté par Abu Al-Muhazzim
D'après Abu Hurairah qui a déclaré : « Le prix d'un chien était interdit, sauf pour le chien de chasse. »
[Abu 'Eisa a dit :] Ce hadith n'est pas correct de ce point de vue. Le nom d'Abu Al-Muhazzim est Yazid bin Sufyan, et Shu'bah bin Al-Hajjaj l'a critiqué et l'a jugé faible. Des informations similaires ont été rapportées par Jabir, du Prophète (), mais sa chaîne n'est pas correcte non plus.
Aperçu et thème central
Ce hadith, rapporté par Abou Hourayra et enregistré par l'imam at-Tirmidhi dans "Le Livre des transactions", traite de la règle islamique concernant la vente de chiens. Le thème central est l'interdiction de tirer un profit financier de la vente de chiens, avec une exception spécifique pour les chiens de chasse. Cependant, l'imam at-Tirmidhi signale explicitement un problème critique : la chaîne de transmission (sanad) est faible (da'if) en raison d'un narrateur nommé Abou Al-Muhazzim (Yazid ibn Sufyan), qui a été critiqué par l'éminent maître du hadith, Shu'bah ibn al-Hajjaj. Cette double couche—la règle substantielle et la critique savante de son authenticité—souligne la précision de la critique du hadith islamique et l'équilibre minutieux entre les principes juridiques et la rigueur des preuves.
Contexte et perspectives linguistiques
L'expression "thaman al-kalb" (ثمن الكلب) signifie littéralement "le prix du chien", et l'interdiction (haram) est comprise comme une interdiction de la transaction elle-même, pas seulement de l'échange de monnaie. Le terme "kalb" (chien) en arabe classique est générique, englobant tous les chiens, mais l'exception "illa kalb al-qanṣ" (إلا كلب القنص) se réfère spécifiquement aux chiens de chasse, qui étaient essentiels à la survie dans l'environnement aride de l'Arabie. Le sabab al-wurud (contexte) se rapporte à la pratique pré-islamique et du début de l'islam où les chiens étaient échangés à diverses fins, y compris la garde et le berger. Le Prophète ﷺ a cherché à restreindre la marchandisation des animaux considérés comme impurs (najis) dans la loi islamique, tout en permettant des exceptions pragmatiques. Linguistiquement, le hadith illustre également le principe de "takhsis" (spécification), où une interdiction générale est restreinte par une exception explicite, une pierre angulaire de l'usul al-fiqh (théorie juridique).
Aperçus savants clés et bénéfices juridiques
Application quotidienne et spirituelle
Pour un musulman contemporain, ce hadith enseigne l'importance de vérifier l'authenticité des règles religieuses avant de les appliquer, une leçon d'honnêteté intellectuelle et d'humilité savante. Dans la vie quotidienne, on devrait éviter de s'engager dans des transactions qui peuvent être interdites, comme vendre des chiens pour un simple profit, et plutôt chercher des moyens de gagner sa vie licites (halal). L'exception pour les chiens de chasse nous rappelle que l'islam s'adapte aux besoins légitimes, comme la lutte antiparasitaire ou la sécurité, à condition que l'intention soit sincère et que les moyens soient licites. Spirituellement, cet enseignement cultive la taqwa (conscience de Dieu) en encourageant la pleine conscience dans les transactions financières, en veillant à ce que la richesse soit gagnée par des canaux purs et permis. Il inculque également le respect de l'intégrité des textes religieux, exhortant les croyants à s'appuyer sur une érudition solide plutôt que sur des rapports faibles ou fabriqués.