« Un homme des Ansar s'est disputé avec Az-Zubair devant le Messager d'Allah () au sujet des canaux de Harrah qu'ils utilisaient pour irriguer les palmiers dattiers. Les Ansari ont dit : « Laissez passer l'eau ». Mais il a refusé, alors ils ont porté leur différend devant le Messager d'Allah (). Le Messager d'Allah () a dit à Az-Zubair : « O Zubair ! Irriguez (votre terrain) puis laissez l'eau passer jusqu'à votre voisin. » Les Ansari se sont mis en colère et ont dit : « [Ô Messager d'Allah !] Est-ce parce que c'est le fils de ta tante ? » Le visage du Messager d'Allah () a changé de couleur. Puis il a dit : « O Zubair ! Irriguez (votre terre) puis retenez l'eau jusqu'à ce qu'elle atteigne les murs. » Az-Zubair a dit : « Par Allah ! Je pense que ce verset a été révélé à ce sujet : Mais non, par ton Seigneur, ils ne peuvent pas avoir la foi tant qu'ils ne t'auront pas fait juger (O Muhammad) de tous les différends entre eux, qu'ils ne trouveront en eux-mêmes aucune résistance contre tes décisions et qu'ils ne les accepteront en toute soumission. '»
Les Chapitres sur les Jugements du Messager d'Allah - Jami' at-Tirmidhi 1363
Cette narration de Jami' at-Tirmidhi présente un jugement juridique profond concernant les droits d'eau et les litiges d'irrigation, démontrant la sagesse du Prophète dans la résolution des conflits entre compagnons tout en établissant des principes de jurisprudence islamique.
Analyse Contextuelle
Le différend est survenu entre Az-Zubair ibn al-Awwam (le cousin du Prophète) et un compagnon Ansari concernant les canaux d'irrigation dans la région de Harrah à Médine. L'Ansari a exigé un accès immédiat à l'eau tandis qu'Az-Zubair a initialement refusé, les conduisant à chercher le jugement du Prophète.
Le jugement initial du Prophète favorisait une distribution équitable : "Irriguez puis laissez l'eau passer à votre voisin," établissant le principe de ressources en eau partagées pour des fins agricoles.
Commentaire Savant sur le Jugement
Les savants classiques notent que le premier jugement du Prophète reflétait le principe islamique de coopération et de droits de voisinage. L'eau, étant une ressource essentielle, devrait être partagée équitablement parmi ceux dont les terres en dépendent.
Lorsque l'Ansari a remis en question l'impartialité du jugement en raison de relations familiales, le Prophète a modifié son jugement en "retenez l'eau jusqu'à ce qu'elle atteigne les murs," accordant à Az-Zubair un contrôle total. Les savants expliquent que cette modification n'était pas due à la validité de l'accusation mais pour démontrer que remettre en question l'intégrité judiciaire sans preuve est inacceptable.
L'imam al-Tirmidhi et d'autres savants traditionnels soulignent que le jugement révisé a maintenu la justice tout en enseignant l'importance de faire confiance au jugement prophétique sans suspicion.
Principes Juridiques Dérivés
Ce hadith établit que les sources d'eau doivent être gérées pour garantir que toutes les parties habilitées reçoivent leur juste part, les propriétaires terriens en amont ayant la priorité d'utilisation avant de passer l'eau en aval.
Il démontre que les jugements judiciaires doivent être acceptés sans remettre en question les motifs ou l'impartialité du juge sans preuve valide.
L'incident illustre comment la loi islamique équilibre les droits individuels avec le bien-être commun dans la distribution des ressources.
Lien avec la Révélation Coranique
La référence d'Az-Zubair au Coran 4:65 souligne la doctrine islamique essentielle de la soumission complète aux jugements prophétiques. Le verset confirme que la vraie foi exige d'accepter les décisions du Prophète sans résistance interne, mettant en lumière la dimension spirituelle de l'obéissance légale en Islam.