Sunan Abi Dawud
Sunan Abi Dawud 4479
En ce qui concerne le hadd (punition) pour avoir bu du khamr
Texte arabe du hadith
حَدَّثَنَا مُسْلِمُ بْنُ إِبْرَاهِيمَ، حَدَّثَنَا هِشَامٌ، ح وَحَدَّثَنَا مُسَدَّدٌ، حَدَّثَنَا يَحْيَى، عَنْ هِشَامٍ، - الْمَعْنَى - عَنْ قَتَادَةَ، عَنْ أَنَسِ بْنِ مَالِكٍ، أَنَّ النَّبِيَّ صلى الله عليه وسلمجَلَدَ فِي الْخَمْرِ بِالْجَرِيدِ وَالنِّعَالِ وَجَلَدَ أَبُو بَكْرٍ رضى الله عنه أَرْبَعِينَ فَلَمَّا وَلِيَ عُمَرُ دَعَا النَّاسَ فَقَالَ لَهُمْ إِنَّ النَّاسَ قَدْ دَنَوْا مِنَ الرِّيفِ - وَقَالَ مُسَدَّدٌ مِنَ الْقُرَى وَالرِّيفِ - فَمَا تَرَوْنَ فِي حَدِّ الْخَمْرِ فَقَالَ لَهُ عَبْدُ الرَّحْمَنِ بْنُ عَوْفٍ نَرَى أَنْ تَجْعَلَهُ كَأَخَفِّ الْحُدُودِ . فَجَلَدَ فِيهِ ثَمَانِينَ .قَالَ أَبُو دَاوُدَ رَوَاهُ ابْنُ أَبِي عَرُوبَةَ عَنْ قَتَادَةَ عَنِ النَّبِيِّ صلى الله عليه وسلم أَنَّهُ جَلَدَ بِالْجَرِيدِ وَالنِّعَالِ أَرْبَعِينَ . وَرَوَاهُ شُعْبَةُ عَنْ قَتَادَةَ عَنْ أَنَسٍ عَنِ النَّبِيِّ صلى الله عليه وسلم قَالَ ضَرَبَ بِجَرِيدَتَيْنِ نَحْوَ الأَرْبَعِينَ
Traduction
Anas b. a déclaré Malik
Abou Dawoud a dit : « Il a également été transmis par Ibn Al 'Arubah de Qatadah du Prophète (ﷺ) à l’effet qu’il a donné une raclée quarante fois avec des branches de palmier et des sandales. Et Shu’bah l’a rapporté de Qatadah sur l’autorité d’Anas du Prophète (ﷺ). Cette version dit : Il a donné un coup avec deux branches de palmier une quarantaine de fois.
Aperçu et thème central
Ce hadith, transmis par plusieurs chaînes de Qatadah et Shu'bah, établit la pratique prophétique d'administrer la peine prescrite pour la consommation d'alcool (hadd al-shurb) comme étant d'environ quarante coups de fouet, donnés avec des branches de palmier et des sandales. Le thème central est l'application miséricordieuse mais ferme de la loi pénale islamique—montrant que le Prophète ﷺ a appliqué les hudud avec une certaine clémence dans les limites de la justice, utilisant des matériaux disponibles et ne dépassant pas le minimum prescrit par le consensus ultérieur. Cela souligne le principe selon lequel le but de la punition est la réforme et la dissuasion, non l'humiliation ou le préjudice excessif, et que la flexibilité jurisprudentielle dans le nombre de coups reflète l'adaptabilité de la charia aux circonstances.
Contexte et aperçus linguistiques
Le hadith fait partie du Kitab al-Hudud de Sunan Abi Dawud, concernant spécifiquement la punition pour la consommation de vin. Abou Dawud note des transmissions variantes : Ibn al-'Arubah rapporte de Qatadah que le Prophète ﷺ a donné une bastonnade de quarante fois avec des branches de palmier (jaraid) et des sandales (ni'al), tandis que la version de Shu'bah de Qatadah via Anas précise "deux branches de palmier environ quarante fois." Le terme arabe jaraid (singulier jaridah) désigne une branche de palmier sans feuilles, utilisée pour sa flexibilité et son impact moins blessant. La mention des sandales (ni'al) indique l'utilisation de chaussures ordinaires, non d'instruments conçus pour une punition sévère. Linguistiquement, "environ quarante" (nahwa arba'in) montre une approximation, permettant une discrétion jurisprudentielle. Le sabab al-wurud se rapporte à la période islamique primitive où la punition pour avoir bu n'était pas fixée par un verset spécifique ; le Prophète ﷺ a établi ce précédent, plus tard confirmé et ajusté par les califes (par exemple, 'Umar l'a augmenté à quatre-vingts sur la base du qiyas avec la punition pour calomnie).
Aperçus savants clés et bénéfices juridiques
Application quotidienne et spirituelle
Pour le musulman contemporain, ce hadith enseigne des leçons profondes sur l'équilibre entre justice et compassion. Il nous rappelle que les punitions islamiques ne sont pas des actes de vengeance mais des mesures correctives visant la purification et le bien-être sociétal. Dans la vie quotidienne, nous devons incarner cet équilibre en évitant la dureté dans nos jugements des autres, en utilisant les moyens efficaces les plus légers pour corriger les torts, et en priorisant la réhabilitation sur la rétribution. Cela instille également la gratitude pour la sagesse de la charia—où même les lois pénales sont encadrées avec miséricorde—et nous encourage à défendre la justice sans dépasser ses limites. Pratiquement, cela signifie que lorsque nous conseillons ou disciplinons la famille, les étudiants ou les employés, nous devons imiter le modèle prophétique : ferme dans les principes, doux dans l'exécution, et toujours conscient de la dignité de l'individu et de son potentiel de réforme.