Sunan Abi Dawud

Sunan Abi Dawud 326

Le Tayammum
Texte arabe du hadith
حَدَّثَنَا مُسَدَّدٌ، حَدَّثَنَا يَحْيَى، عَنْ شُعْبَةَ، حَدَّثَنِي الْحَكَمُ، عَنْ ذَرٍّ، عَنِ ابْنِ عَبْدِ الرَّحْمَنِ بْنِ أَبْزَى، عَنْ أَبِيهِ، عَنْ عَمَّارٍ، فِي هَذَا الْحَدِيثِ قَالَ فَقَالَ يَعْنِي النَّبِيَّ صلى الله عليه وسلم ‏"‏ إِنَّمَا كَانَ يَكْفِيكَ أَنْ تَضْرِبَ بِيَدَيْكَ إِلَى الأَرْضِ فَتَمْسَحَ بِهِمَا وَجْهَكَ وَكَفَّيْكَ ‏"‏ ‏.‏ وَسَاقَ الْحَدِيثَ ‏.‏ قَالَ أَبُو دَاوُدَ وَرَوَاهُ شُعْبَةُ عَنْ حُصَيْنٍ عَنْ أَبِي مَالِكٍ قَالَ سَمِعْتُ عَمَّارًا يَخْطُبُ بِمِثْلِهِ إِلاَّ أَنَّهُ قَالَ لَمْ يَنْفُخْ ‏.‏ وَذَكَرَ حُسَيْنُ بْنُ مُحَمَّدٍ عَنْ شُعْبَةَ عَنِ الْحَكَمِ فِي هَذَا الْحَدِيثِ قَالَ ضَرَبَ بِكَفَّيْهِ إِلَى الأَرْضِ وَنَفَخَ
Traduction
Ceci est également transmis par Ibn 'Abd al-Rahman b. Abza, sur l’autorité de son père, d’Ammar. Il a rapporté que le Prophète (صلى الله عليه وسلم) a dit

Abû Dâwûd a dit : Il est également rapporté par Shu'bah d'après Husayn, d'après Abû Mâlik, qui a dit : J'ai entendu 'Ammar le dire dans son discours, si ce n'est qu'il a dit : « Il n'a pas soufflé. » Et Husayn ibn Muhammad a rapporté de Shu'bah d'après al-Hakam dans ce hadith, et a dit : « Il a frappé la terre de ses deux paumes et a soufflé. »

Commentaire

Aperçu et thème central

Ce hadith, transmis par plusieurs chaînes par Abu Dawud dans le Livre de la Purification (Kitab Al-Taharah), raconte l'incident d'Ammar ibn Yasir (qu'Allah soit satisfait de lui) qui, étant en état d'impureté majeure (janabah), a reçu du Prophète (paix et bénédictions d'Allah sur lui) l'instruction de faire le tayammum. Le thème central est la miséricorde divine et la facilitation pratique de la purification rituelle lorsque l'eau est indisponible ou nuisible. L'ajout de "il a soufflé" (nafakha) dans la narration met en évidence la méthode prophétique pour enlever l'excès de poussière des mains après avoir frappé la terre, assurant propreté et précision dans l'acte de tayammum. Cet enseignement souligne l'équilibre de la charia entre l'obligation spirituelle et la praticité physique, affirmant qu'Allah veut la facilité, non la difficulté, pour Ses serviteurs.

Contexte et perspectives linguistiques

Le hadith s'est produit lors de l'expédition d'Al-Muraysi' (Banu Mustaliq) lorsque Ammar et ses compagnons étaient en état de janabah et ne trouvaient pas d'eau. Le Prophète (paix et bénédictions d'Allah sur lui) a démontré le tayammum en frappant la terre avec ses mains, en soufflant l'excès de poussière, puis en s'essuyant le visage et les mains. Linguistiquement, le terme "nafakha" (souffler) est un ajout subtil mais significatif, indiquant que le Prophète ne laissait pas d'excès de poussière sur ses mains, ce qui aurait pu gâcher l'essuyage ou causer de l'inconfort. Le mot arabe "sa'id" (terre) dans le verset coranique (5:6) désigne toute surface pure, y compris le sol, le sable ou la pierre, et l'action du Prophète clarifie qu'un seul coup suffit pour le visage et les mains, selon l'avis de la majorité des savants. Les variantes de narration—l'une via Shu'bah de Husain et une autre via al-Hakam—renforcent l'authenticité de l'acte et la méticulosité des narrateurs à préserver même les plus petits détails de la pratique du Prophète.

Aperçus savants clés et bénéfices juridiques

  • Règle jurisprudentielle : Le tayammum est valide pour l'impureté majeure (janabah) lorsque l'eau est absente ou nuisible, sur la base du Coran (5:6) et de ce hadith. L'action du Prophète de frapper la terre une fois et de s'essuyer le visage et les mains établit l'avis majoritaire (hanafite, malékite, chaféite) qu'un seul coup suffit, contrairement à l'avis hanbalite exigeant deux coups.
  • Principe éthique : Le fait de souffler l'excès de poussière enseigne la pleine conscience et la propreté même dans une purification de substitution, reflétant le soin du croyant à éviter tout désordre inutile et à accomplir les actes d'adoration avec précision et propreté.
  • Consensus classique : Les savants sont unanimes pour dire que le tayammum est une méthode de purification légitime qui lève l'état de hadath (impureté rituelle), permettant la prière et d'autres actes exigeant la pureté, comme l'a affirmé l'imam Al-Khattabi et d'autres qui ont noté la sagesse d'alléger le fardeau du voyageur et du malade.
"Le fait que le Prophète souffle la poussière de ses mains indique que le tayammum doit être effectué légèrement, sans excès, et que l'intention est de transférer la pureté, non de se salir. C'est une miséricorde d'Allah, qui connaît la difficulté de Ses serviteurs." — Imam Al-Khattabi, Ma'alim al-Sunan

Application quotidienne et spirituelle

Dans la vie quotidienne, ce hadith enseigne au croyant d'embrasser les facilitations (rukhsah) qu'Allah fournit, surtout en période de maladie, de voyage ou de pénurie. Il encourage un esprit de sagesse pratique—lorsque l'eau est indisponible ou que son utilisation causerait du mal, on doit se tourner vers le tayammum avec confiance, sachant qu'Allah accepte ce substitut. Spirituellement, le fait de souffler la poussière symbolise l'élimination de l'excès mondain et la concentration sur l'intention pure (niyyah) dans l'adoration. Cela nous rappelle d'aborder tous les actes de dévotion avec soin, même les plus petits détails, et d'éviter la rigidité dans la religion. Pour le musulman moderne, cela signifie rechercher la connaissance des dispenses valides, maintenir la propreté en toutes circonstances, et faire confiance au fait que la loi d'Allah est bâtie sur la facilité et la compassion, non sur une difficulté excessive. La démonstration douce du Prophète sert de modèle d'enseignement par l'action, nous exhortant à être patients et clairs lorsque nous guidons les autres dans les questions de foi.