Musnad Ahmad
Musnad Ahmad 221
حَدَّثَنَا أَبُو نُوحٍ، قُرَادٌ حَدَّثَنَا عِكْرِمَةُ بْنُ عَمَّارٍ، حَدَّثَنَا سِمَاكٌ الْحَنَفِيُّ أَبُو زُمَيْلٍ، حَدَّثَنِي ابْنُ عَبَّاسٍ، حَدَّثَنِي عُمَرُ، قَالَ لَمَّا كَانَ يَوْمُ بَدْرٍ قَالَ نَظَرَ النَّبِيُّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ إِلَى أَصْحَابِهِ وَهُمْ ثَلَاثُ مِائَةٍ وَنَيِّفٌ وَنَظَرَ إِلَى الْمُشْرِكِينَ فَإِذَا هُمْ أَلْفٌ وَزِيَادَةٌ فَاسْتَقْبَلَ النَّبِيُّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ الْقِبْلَةَ ثُمَّ مَدَّ يَدَهُ وَعَلَيْهِ رِدَاؤُهُ وَإِزَارُهُ ثُمَّ قَالَ اللَّهُمَّ أَيْنَ مَا وَعَدْتَنِي اللَّهُمَّ أَنْجِزْ مَا وَعَدْتَنِي اللَّهُمَّ إِنْ تُهْلِكْ هَذِهِ الْعِصَابَةَ مِنْ أَهْلِ الْإِسْلَامِ فَلَا تُعْبَدْ فِي الْأَرْضِ أَبَدًا قَالَ فَمَا زَالَ يَسْتَغِيثُ رَبَّهُ وَيَدْعُوهُ حَتَّى سَقَطَ رِدَاؤُهُ فَأَتَاهُ أَبُو بَكْرٍ فَأَخَذَ رِدَاءَهُ فَرَدَّاهُ ثُمَّ الْتَزَمَهُ مِنْ وَرَائِهِ ثُمَّ قَالَ يَا نَبِيَّ اللَّهِ كَفَاكَ مُنَاشَدَتُكَ رَبَّكَ فَإِنَّهُ سَيُنْجِزُ لَكَ مَا وَعَدَكَ وَأَنْزَلَ اللَّهُ تَعَالَى {إِذْ تَسْتَغِيثُونَ رَبَّكُمْ فَاسْتَجَابَ لَكُمْ أَنِّي مُمِدُّكُمْ بِأَلْفٍ مِنْ الْمَلَائِكَةِ مُرْدِفِينَ} فَلَمَّا كَانَ يَوْمُئِذٍ وَالْتَقَوْا فَهَزَمَ اللَّهُ الْمُشْرِكِينَ فَقُتِلَ مِنْهُمْ سَبْعُونَ رَجُلًا وَأُسِرَ مِنْهُمْ سَبْعُونَ رَجُلًا فَاسْتَشَارَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ أَبَا بَكْرٍ وَعَلِيًّا وَعُمَرَ فَقَالَ أَبُو بَكْرٍ يَا نَبِيَّ اللَّهِ هَؤُلَاءِ بَنُو الْعَمِّ وَالْعَشِيرَةُ وَالْإِخْوَانُ فَأَنَا أَرَى أَنْ تَأْخُذَ مِنْهُمْ الْفِدَاءَ فَيَكُونُ مَا أَخَذْنَا مِنْهُمْ قُوَّةً لَنَا عَلَى الْكُفَّارِ وَعَسَى اللَّهُ عَزَّ وَجَلَّ أَنْ يَهْدِيَهُمْ فَيَكُونُونَ لَنَا عَضُدًا فَقَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ مَا تَرَى يَا ابْنَ الْخَطَّابِ فَقَالَ قُلْتُ وَاللَّهِ مَا أَرَى مَا رَأَى أَبُو بَكْرٍ وَلَكِنِّي أَرَى أَنْ تُمَكِّنَنِي مِنْ فُلَانٍ قَرِيبٍ لِعُمَرَ فَأَضْرِبَ عُنُقَهُ وَتُمَكِّنَ عَلِيًّا مِنْ عَقِيلٍ فَيَضْرِبَ عُنُقَهُ وَتُمَكِّنَ حَمْزَةَ مِنْ فُلَانٍ أَخِيهِ فَيَضْرِبَ عُنُقَهُ حَتَّى يَعْلَمَ اللَّهُ أَنَّهُ لَيْسَ فِي قُلُوبِنَا هَوَادَةٌ لِلْمُشْرِكِينَ هَؤُلَاءِ صَنَادِيدُهُمْ وَأَئِمَّتُهُمْ وَقَادَتُهُمْ فَهَوِيَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ مَا قَالَ أَبُو بَكْرٍ وَلَمْ يَهْوَ مَا قُلْتُ فَأَخَذَ مِنْهُمْ الْفِدَاءَ فَلَمَّا كَانَ مِنْ الْغَدِ قَالَ عُمَرُ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ غَدَوْتُ إِلَى النَّبِيِّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ فَإِذَا هُوَ قَاعِدٌ وَأَبُو بَكْرٍ وَإِذَا هُمَا يَبْكِيَانِ فَقُلْتُ يَا رَسُولَ اللَّهِ أَخْبِرْنِي مَاذَا يُبْكِيكَ أَنْتَ وَصَاحِبَكَ فَإِنْ وَجَدْتُ بُكَاءً بَكَيْتُ وَإِنْ لَمْ أَجِدْ بُكَاءً تَبَاكَيْتُ لِبُكَائِكُمَا قَالَ قَالَ النَّبِيُّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ الَّذِي عَرَضَ عَلَيَّ أَصْحَابُكَ مِنْ الْفِدَاءِ وَلَقَدْ عُرِضَ عَلَيَّ عَذَابُكُمْ أَدْنَى مِنْ هَذِهِ الشَّجَرَةِ لِشَجَرَةٍ قَرِيبَةٍ وَأَنْزَلَ اللَّهُ تَعَالَى {مَا كَانَ لِنَبِيٍّ أَنْ يَكُونَ لَهُ أَسْرَى حَتَّى يُثْخِنَ فِي الْأَرْضِ} إِلَى قَوْلِهِ {لَمَسَّكُمْ فِيمَا أَخَذْتُمْ} مِنْ الْفِدَاءِ ثُمَّ أُحِلَّ لَهُمْ الْغَنَائِمُ فَلَمَّا كَانَ يَوْمُ أُحُدٍ مِنْ الْعَامِ الْمُقْبِلِ عُوقِبُوا بِمَا صَنَعُوا يَوْمَ بَدْرٍ مِنْ أَخْذِهِمْ الْفِدَاءَ فَقُتِلَ مِنْهُمْ سَبْعُونَ وَفَرَّ أَصْحَابُ النَّبِيِّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ عَنْ النَّبِيِّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ وَكُسِرَتْ رَبَاعِيَتُهُ وَهُشِمَتْ الْبَيْضَةُ عَلَى رَأْسِهِ وَسَالَ الدَّمُ عَلَى وَجْهِهِ فَأَنْزَلَ اللَّهُ {أَوَلَمَّا أَصَابَتْكُمْ مُصِيبَةٌ قَدْ أَصَبْتُمْ مِثْلَيْهَا} إِلَى قَوْلِهِ {إِنَّ اللَّهَ عَلَى كُلِّ شَيْءٍ قَدِيرٌ} بِأَخْذِكُمْ الْفِدَاءَ.
Abou Nuh Qurrad nous a rapporté : ‘Ikrima ibn ‘Ammar nous a rapporté : Simak al-Hanafi, Abou Zumayl, nous a rapporté ; Ibn ‘Abbas m’a rapporté ; ‘Umar m’a rapporté : Le jour de Badr, le Prophète ﷺ regarda ses Compagnons — ils étaient un peu plus de trois cents — puis regarda les polythéistes : ils étaient plus de mille. Il se tourna vers la qibla, tendit la main, son manteau et son pagne sur lui, puis dit : « Ô Allah, où est ce que Tu m’as promis ? Ô Allah, accomplis ce que Tu m’as promis. Ô Allah, si Tu anéantis cette troupe de musulmans, Tu ne seras plus jamais adoré sur terre. » Il ne cessa d’implorer son Seigneur et de L’invoquer jusqu’à ce que son manteau tombe. Abou Bakr vint, prit le manteau, le remit sur lui, puis le serra par-derrière et dit : « Prophète d’Allah, tu as assez insisté auprès de ton Seigneur ; Il accomplira pour toi ce qu’Il t’a promis. » Allah, le Très-Haut, révéla : « Lorsque vous imploriez le secours de votre Seigneur, Il vous répondit : “Je vous renforcerai d’un millier d’anges se succédant les uns aux autres.” » Ce jour-là, lorsque les deux camps se rencontrèrent, Allah vainquit les polythéistes : soixante-dix hommes furent tués et soixante-dix furent faits prisonniers. Le Messager d’Allah ﷺ consulta Abou Bakr, ‘Ali et ‘Umar. Abou Bakr dit : « Prophète d’Allah, ce sont nos cousins, nos proches et nos frères. Je pense que tu devrais leur prendre une rançon ; ce que nous leur prendrions nous donnerait de la force contre les mécréants. Peut-être Allah, le Puissant et Majestueux, les guidera-t-Il et deviendront-ils un soutien pour nous. » Le Messager d’Allah ﷺ demanda : « Qu’en penses-tu, fils d’al-Khattab ? » Je répondis : « Par Allah, je ne partage pas l’avis d’Abou Bakr. Je pense plutôt que tu devrais me livrer untel, un proche d’‘Umar, afin que je lui tranche le cou ; livrer ‘Aqil à ‘Ali afin qu’il lui tranche le cou ; et livrer à Hamza untel, son frère, afin qu’il lui tranche le cou. Ainsi Allah saura qu’il n’y a dans nos cœurs aucune indulgence envers les polythéistes. Ce sont leurs chefs, leurs notables et leurs commandants. » Le Messager d’Allah ﷺ pencha pour l’avis d’Abou Bakr et non pour le mien, et leur prit une rançon. Le lendemain, ‘Umar dit : « Je me rendis au matin auprès du Prophète ﷺ. Il était assis avec Abou Bakr ; tous deux pleuraient. Je demandai : “Messager d’Allah, dis-moi ce qui te fait pleurer, toi et ton compagnon. Si je trouve de quoi pleurer, je pleurerai ; sinon, je ferai semblant de pleurer avec vous.” » Le Prophète ﷺ dit : « La rançon que tes compagnons m’ont proposée : votre châtiment m’a été montré plus proche que cet arbre » — il désignait un arbre proche. Allah, le Très-Haut, révéla : « Il n’appartient pas à un prophète de faire des prisonniers avant d’avoir durement combattu sur terre », jusqu’à ces mots : « Vous auriez été touchés par ce que vous avez pris », c’est-à-dire la rançon. Ensuite, le butin leur fut rendu licite. L’année suivante, le jour d’Uhud, ils furent punis pour avoir pris la rançon à Badr : soixante-dix d’entre eux furent tués. Les Compagnons du Prophète ﷺ s’enfuirent en l’abandonnant ; sa dent incisive fut brisée, son casque fendu sur sa tête et le sang coula sur son visage. Allah révéla alors : « Quoi ! Après qu’un malheur vous a atteints, alors que vous aviez infligé le double ? », jusqu’à ces mots : « Allah est certes capable de toute chose », à cause de la rançon que vous aviez prise.