Aïcha, la mère des croyants, a rapporté : Le Messager d’Allah (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) a dit durant sa maladie : « Dites à Abou Bakr de diriger la prière des gens. » J’ai dit : « Si Abou Bakr se tenait à ta place, il ne ferait pas entendre les gens à cause de ses pleurs. Ordonne donc à Omar de diriger la prière. » Il a dit : « Dites à Abou Bakr de diriger la prière des gens. » J’ai dit à Hafsa : « Dis-lui : Abou Bakr est un homme au cœur tendre, et s’il se tenait à ta place, il ne ferait pas entendre les gens à cause de ses pleurs. Ordonne donc à Omar de diriger la prière des gens. » Hafsa l’a fait. Alors le Messager d’Allah (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) a dit : « Qu’est-ce donc ? Vous êtes vraiment les compagnes de Joseph. Dites à Abou Bakr de diriger la prière des gens. » Hafsa m’a dit : « Je n’ai jamais tiré de toi aucun bien. »
Exposition du Hadith
Cette narration de Sahih al-Bukhari (Hadith 716) révèle une sagesse profonde durant la dernière maladie du Prophète. L'instruction pour Abu Bakr de diriger les prières démontre sa succession divinement désignée, car la direction de la prière (imamah) symbolise l'autorité spirituelle et communautaire en Islam.
Commentaire Savant
L'insistance du Prophète malgré la préoccupation valide d'Aisha concernant l'état émotionnel d'Abu Bakr montre que les obligations religieuses doivent être remplies indépendamment des émotions personnelles. La comparaison avec les « compagnons de Joseph » indique que, comme les frères de Joseph qui ont comploté contre lui, leurs suggestions, bien qu'intentionnées, contredisaient la sagesse divine.
Les pleurs d'Abu Bakr démontrent son amour profond pour le Prophète, mais sa capacité à diriger la oumma est restée incontestée. Ce hadith établit que les émotions personnelles ne peuvent pas prévaloir sur les devoirs religieux et les nominations.
Implications Légales et Spirituelles
Cet incident est devenu une preuve fondamentale de la succession légitime d'Abu Bakr en tant que premier Calife. La répétition de l'ordre souligne son importance cruciale et élimine tout doute sur la question.
L'échange entre Aisha et Hafsa illustre comment même les membres de la famille du Prophète pouvaient se tromper dans leur jugement concernant les questions d'intérêt public, mettant en lumière la nécessité de suivre les conseils prophétiques plutôt que les opinions personnelles.