حَدَّثَنَا أَبُو الْوَلِيدِ، قَالَ حَدَّثَنَا شُعْبَةُ، عَنْ جَامِعِ بْنِ شَدَّادٍ، عَنْ عَامِرِ بْنِ عَبْدِ اللَّهِ بْنِ الزُّبَيْرِ، عَنْ أَبِيهِ، قَالَ قُلْتُ لِلزُّبَيْرِ إِنِّي لاَ أَسْمَعُكَ تُحَدِّثُ عَنْ رَسُولِ اللَّهِ صلى الله عليه وسلم كَمَا يُحَدِّثُ فُلاَنٌ وَفُلاَنٌ‏.‏ قَالَ أَمَا إِنِّي لَمْ أُفَارِقْهُ وَلَكِنْ سَمِعْتُهُ يَقُولُ ‏"‏مَنْ كَذَبَ عَلَىَّ فَلْيَتَبَوَّأْ مَقْعَدَهُ مِنَ النَّارِ ‏"
Traduction
Rapporté par 'Abdullah bin Az-Zubair

J’ai dit à mon père : « Je n’entends pas de toi un récit (Hadith) du Messager d’Allah comme j’entends (son récit) d’un tel ou d’un tel ? » Az-Zubair a répondu. J’étais toujours avec lui (le Prophète) et je l’ai entendu dire : « Quiconque dit un mensonge contre moi (intentionnellement) alors (sûrement) qu’il occupe son siège dans le feu de l’Enfer.

Comment

Exposition du Hadith

Cette narration de Sahih al-Bukhari (107) dans le Livre de la Connaissance contient une sagesse profonde concernant la sainteté des traditions prophétiques. La question posée à Az-Zubair ibn al-Awwam, un Compagnon renommé, révèle le soin méticuleux que les Compagnons exerçaient dans la transmission des enseignements du Prophète.

Commentaire Savant

La réponse d'Az-Zubair démontre le principe de vérification (tathabbut) dans la science islamique. Sa transmission limitée n'était pas due à la négligence mais à une extrême prudence, craignant même une erreur involontaire en rapportant les paroles du Prophète.

L'avertissement sévère mentionné - "Quiconque dit un mensonge contre moi intentionnellement, qu'il occupe sa place dans le Feu de l'Enfer" - établit la gravité d'attribuer de fausses déclarations au Prophète Muhammad (que la paix soit sur lui). Les savants classiques comme l'Imam al-Nawawi expliquent que cela s'applique à la fois à la fabrication de hadiths et à la transmission consciente de narrations forgées.

Implications Légales et Éthiques

Ce hadith forme le fondement de la science de la critique du Hadith (Mustalah al-Hadith). Il a contraint les premiers savants à développer des méthodologies rigoureuses pour vérifier les chaînes de transmission (isnad) et le texte (matn).

Ibn Hajar al-Asqalani, dans son commentaire Fath al-Bari, souligne que cet avertissement s'étend à ceux qui transmettent sans vérification appropriée, mettant en lumière la responsabilité collective dans la préservation de la pureté des enseignements islamiques.