Sahih al-Bukhari
Sahih al-Bukhari 6476
Pour protéger sa langue
Texte arabe du hadith
حَدَّثَنَا أَبُو الْوَلِيدِ، حَدَّثَنَا لَيْثٌ، حَدَّثَنَا سَعِيدٌ الْمَقْبُرِيُّ، عَنْ أَبِي شُرَيْحٍ الْخُزَاعِيِّ، قَالَ سَمِعَ أُذُنَاىَ، وَوَعَاهُ، قَلْبِي النَّبِيَّ صلى الله عليه وسلم يَقُولُ "الضِّيَافَةُ ثَلاَثَةُ أَيَّامٍ جَائِزَتُهُ ". قِيلَ مَا جَائِزَتُهُ قَالَ " يَوْمٌ وَلَيْلَةٌ، وَمَنْ كَانَ يُؤْمِنُ بِاللَّهِ وَالْيَوْمِ الآخِرِ فَلْيُكْرِمْ ضَيْفَهُ، وَمَنْ كَانَ يُؤْمِنُ بِاللَّهِ وَالْيَوْمِ الآخِرِ فَلْيَقُلْ خَيْرًا، أَوْ لِيَسْكُتْ "
Traduction
Rapporté par Abou Shuraih Al-Khuza’i
Mes oreilles ont entendu et mon cœur a saisi (la déclaration que) le Prophète (ﷺ) a dit : « La période pour garder son invité est de trois jours (et n’oubliez pas) sa récompense. » On lui demanda : « Quelle est sa récompense ? » Il a dit : « La première nuit et le premier jour, il devrait recevoir des repas de haute qualité ; Et quiconque croit en Allah et au Jour dernier, qu’il divertisse généreusement son hôte. Et quiconque croit en Allah et au Jour dernier doit dire ce qui est bon ou se taire.
Aperçu & Thème central
Ce hadith, rapporté par Abou Chourayh al-Khouza'i (qu'Allah l'agrée), résume l'étiquette islamique de l'hospitalité (diyafah) comme une manifestation de la foi en Allah et au Jour Dernier. Le thème central entremêle trois principes profonds : la limite temporelle de l'hospitalité obligatoire (trois jours), l'excellence du traitement généreux (surtout le premier jour et la première nuit), et le lien indissociable entre la vraie foi et une parole raffinée ou le silence. Le Prophète (ﷺ) élève l'hospitalité d'une simple coutume sociale à un acte d'adoration, tout en disciplinant la langue—montrant que la foi n'est pas complète sans à la fois la générosité envers les invités et la maîtrise de ses paroles. Ce hadith est une pierre angulaire du Livre d'Ar-Riqaq (ce qui attendrit les cœurs), rappelant aux croyants que les actes de bonté et la retenue verbale sont des moyens d'adoucir le cœur et de se rapprocher d'Allah.
Contexte & Aperçus linguistiques
Le hadith a été rapporté par Abou Chourayh al-Khouza'i, un Compagnon qui vivait à Médine, probablement à la fin de la période médinoise, lorsque la communauté musulmane était établie et que les normes sociales étaient en cours de codification. Le contexte (sabab al-wurud) se rapporte à la pratique de certains hôtes qui prolongeaient l'hospitalité au point de se surcharger, ou d'invités qui s'attardaient trop, causant des difficultés. Le mot arabe clé "al-qira" (hospitalité) dérive de la racine qa-ra-ya, signifiant recevoir ou héberger un invité, et dans l'Arabie préislamique, c'était une marque d'honneur et de noblesse. L'expression "thalaathat ayaam" (trois jours) fixe une limite légale : les trois premiers jours sont un droit (haqq) de l'invité, avec la première nuit et le premier jour exigeant "dhiyafah" (repas spéciaux de haute qualité), tandis qu'au-delà, c'est une charité volontaire (sadaqah). Le terme "yuhillu" (rend licite) dans certaines narrations indique que l'hôte n'est pas coupable s'il refuse de continuer au-delà de trois jours. La clause finale "man kana yu'minu billahi wal-yawmil-akhir" (quiconque croit en Allah et au Jour Dernier) est une emphase rhétorique, répétée deux fois, reliant la parole et l'hospitalité au cœur de la foi—un procédé linguistique pour souligner que ces actions ne sont pas optionnelles mais intégrales à une croyance sincère.
Aperçus savants clés & Bénéfices juridiques
Application quotidienne & spirituelle
Dans notre contexte contemporain, ce hadith nous apprend à transformer l'hospitalité en acte spirituel : lorsque nous recevons, nous devons nous efforcer d'offrir le meilleur de nous-mêmes, surtout dans les premiers instants, sans nous surcharger—reconnaissant que la vraie générosité est équilibrée par la sagesse. Pour l'invité, cela implique de ne pas abuser de l'hospitalité, car le Prophète (ﷺ) a également mis en garde contre le fait de causer des difficultés. L'instruction sur la parole est un rappel quotidien : avant de parler, nous devons évaluer si nos paroles sont bonnes (khayr) ou bénéfiques ; sinon, le silence est la voie recommandée, car il préserve la douceur du cœur et évite les regrets. Cela peut être pratiqué en faisant une pause avant de réagir, en utilisant la parole pour encourager, dire la vérité et faire preuve de bonté, et en restant silencieux dans les moments de colère ou de médisance. En incarnant ces enseignements, nous accomplissons la Sunna, élevons notre iman, et cultivons un cœur tendre envers Allah et Sa création—atteignant l'essence même d'Ar-Riqaq, qui est de rendre le cœur vivant par la foi et la pleine conscience.