Sahih al-Bukhari

Sahih al-Bukhari 2015

Chercher la nuit de Qadr dans les sept dernières nuits (du Ramadan)
Texte arabe du hadith
حَدَّثَنَا عَبْدُ اللَّهِ بْنُ يُوسُفَ، أَخْبَرَنَا مَالِكٌ، عَنْ نَافِعٍ، عَنِ ابْنِ عُمَرَ ـ رضى الله عنهما ـ أَنَّ رِجَالاً، مِنْ أَصْحَابِ النَّبِيِّ صلى الله عليه وسلم أُرُوا لَيْلَةَ الْقَدْرِ فِي الْمَنَامِ فِي السَّبْعِ الأَوَاخِرِ، فَقَالَ رَسُولُ اللَّهِ صلى الله عليه وسلم ‏"‏أَرَى رُؤْيَاكُمْ قَدْ تَوَاطَأَتْ فِي السَّبْعِ الأَوَاخِرِ، فَمَنْ كَانَ مُتَحَرِّيَهَا فَلْيَتَحَرَّهَا فِي السَّبْعِ الأَوَاخِرِ ‏"
Traduction
Rapporté par Ibn 'Umar

Certains hommes parmi les compagnons du Prophète (ﷺ) ont été montrés dans leurs rêves que la nuit de Qadr était dans les sept dernières nuits du Ramadan. Le Messager d’Allah (ﷺ) a dit : « Il semble que tous vos rêves s’accordent à dire que (la nuit de Qadr) est dans les sept dernières nuits, et quiconque veut la chercher (c’est-à-dire la nuit de Qadr) doit chercher dans les sept dernières (nuits de Ramadan).

Commentaire

Aperçu & Thème central

Ce hadith, rapporté dans Sahih al-Bukhari (2015) sous les mérites de la nuit du Qadr, établit que la Nuit du Décret (Laylat al-Qadr) doit être recherchée spécifiquement dans les sept dernières nuits du Ramadan. Le Prophète ﷺ harmonise les rêves de ses Compagnons—qui l'ont unanimement vue dans la dernière semaine—avec la sagesse divine, orientant la Oumma à intensifier l'adoration dans ces nuits bénies. Le thème central est la confluence de la révélation divine, de la guidance prophétique et de la quête sincère du croyant pour une nuit meilleure que mille mois.

Contexte & Perspectives linguistiques

Le hadith survient lorsque plusieurs Compagnons, dont Ibn 'Umar, virent en rêve que Laylat al-Qadr tombait dans les sept dernières nuits. Le Prophète ﷺ confirma leurs visions, disant : « Vos rêves concordent », utilisant l'expression arabe tatārat ru'yākum, indiquant une cohérence mutuelle. Le terme clé al-‘ashr al-awākhir (dix dernières) est ici réduit à al-sab‘ al-awākhir (sept dernières), signifiant une emphase divine spécifique. Le mot Qadr dérive de taqdīr (décret) et qadr (honneur/majesté), reflétant la double nature de la nuit : les destins sont décrétés, et son rang spirituel est immense. La réponse du Prophète : « Que celui qui veut chercher, cherche », transforme un espoir passif en une quête active et disciplinée.

Perspectives savantes clés & Bénéfices juridiques

  • Règle jurisprudentielle : Il est mustahabb (recommandé) de rechercher Laylat al-Qadr spécifiquement dans les sept dernières nuits, avec un accent particulier sur les nuits impaires (21, 23, 25, 27, 29), comme corroboré par d'autres narrations authentiques.
  • Principe éthique : Le croyant doit combiner l'effort extérieur (qiyām, du'ā, Coran) avec la sincérité intérieure (ikhlās), reflétant les rêves des Compagnons comme un signe de leur pureté spirituelle—les rêves des vertueux sont une forme d'inspiration divine (mubashshirāt).
  • Consensus classique : Les savants s'accordent que la nuit est confinée au Ramadan, et l'opinion la plus forte (jumhūr) la place dans les dix dernières, spécifiquement les nuits impaires. L'imam Ibn Hajar réconcilie toutes les narrations en déclarant la sagesse de la dissimulation—pour encourager l'adoration tout au long du mois, surtout dans sa dernière partie.
« Le Prophète ﷺ a confirmé les rêves de ses Compagnons, ce qui indique que la Nuit du Qadr se trouve dans les sept dernières nuits, et non les premières. Cependant, sa dissimulation précise parmi ces nuits oblige le croyant à rester vigilant dans toutes, car celui qui cherche un objet perdu cherche minutieusement. » — Ibn Hajar al-Asqalani, Fath al-Bari

Vie quotidienne & Application spirituelle

Dans nos vies contemporaines, ce hadith nous enseigne à traiter les sept dernières nuits du Ramadan comme un rendez-vous sacré. Pratiquement, on devrait préparer une routine nocturne à partir de la 21e nuit : accomplir 'Isha et Fajr en congrégation, s'engager dans un qiyām prolongé (prière nocturne), réciter et réfléchir sur le Coran, et invoquer avec le du'ā prescrit : « Allāhumma innaka 'afuwwun tuhibbul-'afwa fa'fu 'annī » (Ô Allah, Tu es Pardonneur, et Tu aimes le pardon, alors pardonne-moi). Au-delà du rituel, cela exige un état de pleine conscience accru—garder la langue, le cœur et les membres de l'insouciance. La dissimulation de la nuit exacte entraîne le croyant à une dévotion constante, reflétant l'excellence spirituelle (Ihsan) d'adorer Allah comme si on Le voyait, car même si nous ne Le voyons pas, Il nous voit. Cette quête devrait s'étendre au-delà du Ramadan, instillant une habitude de rechercher la faveur divine dans chaque moment d'incertitude avec une confiance et une action inébranlables.