حَدَّثَنَا أَبُو الْيَمَانِ، أَخْبَرَنَا شُعَيْبٌ، عَنِ الزُّهْرِيِّ، قَالَ أَخْبَرَنِي أَبُو سَلَمَةَ بْنُ عَبْدِ الرَّحْمَنِ، أَنَّ أَبَا سَعِيدٍ الْخُدْرِيَّ ـ رضى الله عنه ـ قَالَ بَيْنَمَا نَحْنُ عِنْدَ رَسُولِ اللَّهِ صلى الله عليه وسلم وَهْوَ يَقْسِمُ قَسْمًا أَتَاهُ ذُو الْخُوَيْصِرَةِ ـ وَهْوَ رَجُلٌ مِنْ بَنِي تَمِيمٍ ـ فَقَالَ يَا رَسُولَ اللَّهِ اعْدِلْ‏.‏ فَقَالَ ‏"‏وَيْلَكَ، وَمَنْ يَعْدِلُ إِذَا لَمْ أَعْدِلْ قَدْ خِبْتَ وَخَسِرْتَ إِنْ لَمْ أَكُنْ أَعْدِلُ ‏"‏‏.‏ فَقَالَ عُمَرُ يَا رَسُولَ اللَّهِ ائْذَنْ لِي فِيهِ، فَأَضْرِبَ عُنُقَهُ‏.‏ فَقَالَ ‏"‏ دَعْهُ فَإِنَّ لَهُ أَصْحَابًا، يَحْقِرُ أَحَدُكُمْ صَلاَتَهُ مَعَ صَلاَتِهِمْ وَصِيَامَهُ مَعَ صِيَامِهِمْ، يَقْرَءُونَ الْقُرْآنَ لاَ يُجَاوِزُ تَرَاقِيَهُمْ، يَمْرُقُونَ مِنَ الدِّينِ كَمَا يَمْرُقُ السَّهْمُ مِنَ الرَّمِيَّةِ، يُنْظَرُ إِلَى نَصْلِهِ فَلاَ يُوجَدُ فِيهِ شَىْءٌ، ثُمَّ يُنْظَرُ إِلَى رِصَافِهِ فَمَا يُوجَدُ فِيهِ شَىْءٌ، ثُمَّ يُنْظَرُ إِلَى نَضِيِّهِ ـ وَهْوَ قِدْحُهُ ـ فَلاَ يُوجَدُ فِيهِ شَىْءٌ، ثُمَّ يُنْظَرُ إِلَى قُذَذِهِ فَلاَ يُوجَدُ فِيهِ شَىْءٌ، قَدْ سَبَقَ الْفَرْثَ وَالدَّمَ، آيَتُهُمْ رَجُلٌ أَسْوَدُ إِحْدَى عَضُدَيْهِ مِثْلُ ثَدْىِ الْمَرْأَةِ، أَوْ مِثْلُ الْبَضْعَةِ تَدَرْدَرُ وَيَخْرُجُونَ عَلَى حِينِ فُرْقَةٍ مِنَ النَّاسِ ‏"‏‏.‏ قَالَ أَبُو سَعِيدٍ فَأَشْهَدُ أَنِّي سَمِعْتُ هَذَا الْحَدِيثَ مِنْ رَسُولِ اللَّهِ صلى الله عليه وسلم، وَأَشْهَدُ أَنَّ عَلِيَّ بْنَ أَبِي طَالِبٍ قَاتَلَهُمْ وَأَنَا مَعَهُ، فَأَمَرَ بِذَلِكَ الرَّجُلِ، فَالْتُمِسَ فَأُتِيَ بِهِ حَتَّى نَظَرْتُ إِلَيْهِ عَلَى نَعْتِ النَّبِيِّ صلى الله عليه وسلم الَّذِي نَعَتَهُ
Traduction
Rapporté par Imran ibn Husain

Abu al-Walid nous a rapporté, Salam ibn Zarir nous a rapporté, j'ai entendu Abu Raja' dire : Imran ibn Husain nous a rapporté qu'ils étaient avec le Prophète (qu'Allah prie sur lui et le salue) lors d'un voyage. Ils cheminèrent durant la nuit jusqu'à ce que, à l'aube, ils fissent halte ; le sommeil les vainquit jusqu'à ce que le soleil se fût levé. Le premier à se réveiller de son sommeil fut Abu Bakr. Le Messager d'Allah (qu'Allah prie sur lui et le salue) n'était pas réveillé de son sommeil jusqu'à ce qu'il se réveillât lui-même. Puis Umar se réveilla, et Abu Bakr s'assit à sa tête, se mit à crier « Allahou Akbar » et à élever la voix, jusqu'à ce que le Prophète (qu'Allah prie sur lui et le salue) se réveillât. Il descendit et nous fit la prière du matin. Un homme du groupe s'écarta et ne pria pas avec nous. Lorsqu'il eut terminé, il dit : « Ô un tel, qu'est-ce qui t'a empêché de prier avec nous ? » Il dit : « J'ai une impureté majeure (janabah). » Il lui ordonna de faire le tayammum avec la terre pure, puis il pria.

Le Messager d'Allah (qu'Allah prie sur lui et le salue) me plaça sur une monture devant lui. Nous avions très soif. Pendant que nous marchions, nous voilà devant une femme dont les jambes pendaient entre deux outres. Nous lui dîmes : « Où est l'eau ? » Elle dit : « Il n'y a pas d'eau. » Nous dîmes : « Quelle distance entre ta famille et l'eau ? » Elle dit : « Un jour et une nuit. » Nous dîmes : « Va voir le Messager d'Allah. » Elle dit : « Qu'est-ce que le Messager d'Allah ? » Nous ne lui laissâmes pas le choix de son affaire jusqu'à ce que nous l'eussions amenée devant le Prophète (qu'Allah prie sur lui et le salue). Elle lui raconta ce qu'elle nous avait raconté, mais elle lui dit qu'elle était une veuve ayant des orphelins. Il ordonna d'apporter ses deux outres et passa la main à leurs goulots. Nous bûmes, quarante hommes assoiffés, jusqu'à satiété. Nous remplîmes chaque outre et chaque récipient que nous avions, sans abreuver un chameau, alors qu'elle était sur le point de déborder de sa plénitude. Puis il dit : « Apportez ce que vous avez. » On rassembla pour elle des morceaux de pain et des dattes jusqu'à ce qu'elle arrivât auprès de sa famille. Elle dit : « J'ai rencontré le plus grand magicien des gens, ou bien c'est un prophète comme ils le prétendent. » Allah guida ce petit groupe par cette femme ; elle embrassa l'Islam et eux aussi.

Comment

Contexte et Arrière-plan

Cette narration de Sahih al-Bukhari 3610 décrit un moment charnière lors de la distribution des richesses par le Prophète, où Dhu-l-Khuwaisira de Bani Tamim a publiquement contesté la justice du Prophète, démontrant des signes précoces d'extrémisme religieux.

Commentaire savant sur l'incident

La réponse du Prophète « Malheur à toi ! Qui pourrait faire justice si je ne le faisais pas ? » affirme son infaillibilité en matière de distribution divine. Les savants classiques notent que cela établit le principe que remettre en question le jugement du Prophète dans de telles affaires constitue une désobéissance.

La réaction immédiate d'Omar pour exécuter l'homme démontre la gravité de défier publiquement l'autorité prophétique, mais la retenue du Prophète enseigne l'importance de la sagesse plutôt que de la hâte dans le traitement des dissidents.

Les Khawarij : Caractéristiques et Dangers

La description détaillée du Prophète décrit les traits définissant de la secte des Khawarij : une piété extérieure avec une corruption intérieure. Leur jeûne et leur prière semblent supérieurs, mais le Coran ne pénètre pas leurs cœurs.

L'analogie de la flèche illustre leur départ complet de l'essence de l'Islam - tout comme une flèche traverse proprement une proie, ils quittent la religion sans en porter le véritable esprit ou substance.

Les savants soulignent que leur erreur fondamentale était de juger les autres sur la base d'une compréhension superficielle tout en négligeant la nature complète de la justice et de la miséricorde islamiques.

Description physique et précision prophétique

Les marqueurs physiques spécifiques, en particulier l'homme noir avec un bras ressemblant à de la chair mouvante, ont servi d'identification définitive. Les commentateurs classiques notent que cela démontre la perfection de la connaissance prophétique.

Le témoignage du témoin confirmant la correspondance exacte entre la description et la réalité lorsque Ali ibn Abi Talib les a confrontés valide l'accomplissement littéral de la prophétie.

Pertinence contemporaine et leçons

Ce hadith de Sahih al-Bukhari « Vertus et Mérites » sert d'avertissement éternel contre l'extrémisme religieux qui privilégie les rituels extérieurs par rapport à la transformation intérieure et à la compréhension complète.

Les savants tout au long de l'histoire islamique ont référencé cette narration pour combattre le sectarisme et rappeler aux musulmans que la vraie foi combine une croyance correcte, un culte approprié et un caractère sain - pas seulement une performance rituelle.