Muwatta Malik

Book 19, Hadith 3

Texte arabe du hadith
وَحَدَّثَنِي عَنْ مَالِكٍ، أَنَّهُ سَأَلَ ابْنَ شِهَابٍ عَنِ الرَّجُلِ، يَعْتَكِفُ هَلْ يَدْخُلُ لِحَاجَتِهِ تَحْتَ سَقْفٍ فَقَالَ نَعَمْ لاَ بَأْسَ بِذَلِكَ ‏.‏ قَالَ مَالِكٌ الأَمْرُ عِنْدَنَا الَّذِي لاَ اخْتِلاَفَ فِيهِ أَنَّهُ لاَ يُكْرَهُ الاِعْتِكَافُ فِي كُلِّ مَسْجِدٍ يُجَمَّعُ فِيهِ وَلاَ أُرَاهُ كُرِهَ الاِعْتِكَافُ فِي الْمَسَاجِدِ الَّتِي لاَ يُجَمَّعُ فِيهَا إِلاَّ كَرَاهِيَةَ أَنْ يَخْرُجَ الْمُعْتَكِفُ مِنْ مَسْجِدِهِ الَّذِي اعْتَكَفَ فِيهِ إِلَى الْجُمُعَةِ أَوْ يَدَعَهَا فَإِنْ كَانَ مَسْجِدًا لاَ يُجَمَّعُ فِيهِ الْجُمُعَةُ وَلاَ يَجِبُ عَلَى صَاحِبِهِ إِتْيَانُ الْجُمُعَةِ فِي مَسْجِدٍ سِوَاهُ فَإِنِّي لاَ أَرَى بَأْسًا بِالاِعْتِكَافِ فِيهِ لأَنَّ اللَّهَ تَبَارَكَ وَتَعَالَى قَالَ ‏{‏وَأَنْتُمْ عَاكِفُونَ فِي الْمَسَاجِدِ‏}‏ فَعَمَّ اللَّهُ الْمَسَاجِدَ كُلَّهَا وَلَمْ يَخُصَّ شَيْئًا مِنْهَا ‏.‏ قَالَ مَالِكٌ فَمِنْ هُنَالِكَ جَازَ لَهُ أَنْ يَعْتَكِفَ فِي الْمَسَاجِدِ الَّتِي لاَ يُجَمَّعُ فِيهَا الْجُمُعَةُ إِذَا كَانَ لاَ يَجِبُ عَلَيْهِ أَنْ يَخْرُجَ مِنْهُ إِلَى الْمَسْجِدِ الَّذِي تُجَمَّعُ فِيهِ الْجُمُعَةُ ‏.‏ قَالَ مَالِكٌ وَلاَ يَبِيتُ الْمُعْتَكِفُ إِلاَّ فِي الْمَسْجِدِ الَّذِي اعْتَكَفَ فِيهِ إِلاَّ أَنْ يَكُونَ خِبَاؤُهُ فِي رَحَبَةٍ مِنْ رِحَابِ الْمَسْجِدِ وَلَمْ أَسْمَعْ أَنَّ الْمُعْتَكِفَ يَضْرِبُ بِنَاءً يَبِيتُ فِيهِ إِلاَّ فِي الْمَسْجِدِ أَوْ فِي رَحَبَةٍ مِنْ رِحَابِ الْمَسْجِدِ وَمِمَّا يَدُلُّ عَلَى أَنَّهُ لاَ يَبِيتُ إِلاَّ فِي الْمَسْجِدِ قَوْلُ عَائِشَةَ كَانَ رَسُولُ اللَّهِ صلى الله عليه وسلم إِذَا اعْتَكَفَ لاَ يَدْخُلُ الْبَيْتَ إِلاَّ لِحَاجَةِ الإِنْسَانِ ‏.‏ وَلاَ يَعْتَكِفُ فَوْقَ ظَهْرِ الْمَسْجِدِ وَلاَ فِي الْمَنَارِ يَعْنِي الصَّوْمَعَةَ ‏.‏ وَقَالَ مَالِكٌ يَدْخُلُ الْمُعْتَكِفُ الْمَكَانَ الَّذِي يُرِيدُ أَنْ يَعْتَكِفَ فِيهِ قَبْلَ غُرُوبِ الشَّمْسِ مِنَ اللَّيْلَةِ الَّتِي يُرِيدُ أَنْ يَعْتَكِفَ فِيهَا حَتَّى يَسْتَقْبِلَ بِاعْتِكَافِهِ أَوَّلَ اللَّيْلَةِ الَّتِي يُرِيدُ أَنْ يَعْتَكِفَ فِيهَا وَالْمُعْتَكِفُ مُشْتَغِلٌ بِاعْتِكَافِهِ لاَ يَعْرِضُ لِغَيْرِهِ مِمَّا يَشْتَغِلُ بِهِ مِنَ التِّجَارَاتِ أَوْ غَيْرِهَا وَلاَ بَأْسَ بِأَنْ يَأْمُرَ الْمُعْتَكِفُ بِبَعْضِ حَاجَتِهِ بِضَيْعَتِهِ وَمَصْلَحَةِ أَهْلِهِ وَأَنْ يَأْمُرَ بِبَيْعِ مَالِهِ أَوْ بِشَىْءٍ لاَ يَشْغَلُهُ فِي نَفْسِهِ فَلاَ بَأْسَ بِذَلِكَ إِذَا كَانَ خَفِيفًا أَنْ يَأْمُرَ بِذَلِكَ مَنْ يَكْفِيهِ إِيَّاهُ ‏.‏ قَالَ مَالِكٌ لَمْ أَسْمَعْ أَحَدًا مِنْ أَهْلِ الْعِلْمِ يَذْكُرُ فِي الاِعْتِكَافِ شَرْطًا وَإِنَّمَا الاِعْتِكَافُ عَمَلٌ مِنَ الأَعْمَالِ مِثْلُ الصَّلاَةِ وَالصِّيَامِ وَالْحَجِّ وَمَا أَشْبَهَ ذَلِكَ مِنَ الأَعْمَالِ مَا كَانَ مِنْ ذَلِكَ فَرِيضَةً أَوْ نَافِلَةً فَمَنْ دَخَلَ فِي شَىْءٍ مِنْ ذَلِكَ فَإِنَّمَا يَعْمَلُ بِمَا مَضَى مِنَ السُّنَّةِ وَلَيْسَ لَهُ أَنْ يُحْدِثَ فِي ذَلِكَ غَيْرَ مَا مَضَى عَلَيْهِ الْمُسْلِمُونَ لاَ مِنْ شَرْطٍ يَشْتَرِطُهُ وَلاَ يَبْتَدِعُهُ وَقَدِ اعْتَكَفَ رَسُولُ اللَّهِ صلى الله عليه وسلم وَعَرَفَ الْمُسْلِمُونَ سُنَّةَ الاِعْتِكَافِ ‏.‏ قَالَ مَالِكٌ وَالاِعْتِكَافَ وَالْجِوَارُ سَوَاءٌ وَالاِعْتِكَافُ لِلْقَرَوِيِّ وَالْبَدَوِيِّ سَوَاءٌ ‏.‏
Traduction

Il interrogea Ibn Shihab au sujet de l’homme en iʿtikaf, s’il peut entrer sous un toit pour son besoin, et il dit : Oui, il n’y a pas de mal à cela.

Malik dit : La règle en vigueur chez nous, sur laquelle il n’y a pas de divergence, est qu’on ne désapprouve pas l’iʿtikaf dans toute mosquée où l’on célèbre l’assemblée du vendredi. Et je ne vois que la désapprobation de l’iʿtikaf dans les mosquées où l’on ne célèbre pas l’assemblée n’est due qu’à la crainte que le muʿtakif ne doive sortir de sa mosquée où il est en iʿtikaf vers l’assemblée du vendredi ou qu’il la délaisse. S’il s’agit cependant d’une mosquée où l’on ne célèbre pas l’assemblée du vendredi et où il n’est pas obligatoire pour celui qui s’y trouve de se rendre à l’assemblée du vendredi dans une autre mosquée, alors je ne vois pas de mal à y faire l’iʿtikaf, car Allah, Béni et Très-Haut, dit :

« alors que vous êtes en iʿtikaf dans les mosquées ».

Allah a désigné les mosquées dans leur ensemble, sans en particulariser aucune.

Malik dit : Celui qui se trouve là-bas, il lui est permis de faire l’iʿtikaf dans la mosquée où l’on ne célèbre pas l’assemblée du vendredi, lorsqu’il n’est pas tenu d’en sortir vers la mosquée où l’on célèbre l’assemblée du vendredi.

Malik dit : Le muʿtakif ne passe la nuit que dans la mosquée où il est en iʿtikaf, sauf si sa tente se trouve dans une cour parmi les cours de la mosquée. Et je n’ai pas entendu dire que le muʿtakif dresse une construction où il passe la nuit, sauf dans la mosquée ou dans une cour parmi les cours de la mosquée. Et parmi ce qui indique qu’il ne passe la nuit que dans la mosquée figure la parole de ʿAʾisha : Lorsque le Messager d’Allah, qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix, était en iʿtikaf, il n’entrait dans la maison que pour le besoin humain. Et l’on ne fait pas l’iʿtikaf sur le toit de la mosquée ni dans le minaret, c’est-à-dire la cellule.

Malik dit : Le muʿtakif entre dans le lieu où il veut faire l’iʿtikaf avant le coucher du soleil de la nuit où il veut faire l’iʿtikaf, jusqu’à accueillir par son iʿtikaf le début de la première nuit où il veut le faire. Et le muʿtakif est occupé par son iʿtikaf, il ne se tourne vers rien d’autre qui occupe, comme le commerce ou autre. Et il n’y a pas de mal à ce que le muʿtakif ordonne une partie de ce dont il a besoin, comme son domaine et les affaires de sa famille, et à ce qu’il ordonne de vendre ses biens ou quelque chose qui ne l’occupe pas lui-même. Il n’y a pas de mal à cela, s’il s’agit d’une chose légère, qu’il ordonne à celui qui s’en chargera pour lui de le faire.

Malik dit : Je n’ai entendu aucun des gens de science mentionner de condition concernant l’iʿtikaf. L’iʿtikaf est en effet une œuvre parmi les œuvres, comme la prière, le jeûne, le pèlerinage et ce qui y ressemble parmi les œuvres. Qu’il s’agisse d’une obligation ou d’un acte surérogatoire, celui qui entre dans l’une de ces œuvres n’agit que selon ce qui est établi dans la sunna. Et il ne lui appartient pas d’y introduire autre chose que ce que les musulmans ont suivi, ni une condition qu’il imposerait ni une innovation qu’il inventerait. Le Messager d’Allah, qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix, a pratiqué l’iʿtikaf, et les musulmans connaissent la sunna de l’iʿtikaf.

Malik dit : L’iʿtikaf et le jiwar sont identiques, et l’iʿtikaf est le même pour le villageois et le bédouin.