Mishkat al-Masabih

Mishkat al-Masabih 4602, 4603

Divination - Section 3
Texte arabe du hadith
وَعَن قتادةَ قَالَ: خلقَ اللَّهُ تَعَالَى هَذِه النجومَ لثلاثٍ جَعَلَهَا زِينَةً لِلسَّمَاءِ وَرُجُومًا لِلشَّيَاطِينِ وَعَلَامَاتٍ يُهْتَدَى بهَا فَمن تأوَّلَ فِيهَا بِغَيْرِ ذَلِكَ أَخَطَأَ وَأَضَاعَ نَصِيبَهُ وَتَكَلَّفَ مَالا يَعْلَمُ. رَوَاهُ الْبُخَارِيُّ تَعْلِيقًا وَفِي رِوَايَةِ رَزِينٍ: «تكلّف مَالا يعنيه ومالا عِلْمَ لَهُ بِهِ وَمَا عَجَزَ عَنْ عِلْمِهِ الْأَنْبِيَاء وَالْمَلَائِكَة» وَعَن الربيعِ مِثْلُهُ وَزَادَ: وَاللَّهِ مَا جَعَلَ اللَّهُ فِي نَجْمٍ حَيَاةَ أَحَدٍ وَلَا رِزْقَهُ وَلَا مَوْتَهُ وَإِنَّمَا يَفْتَرُونَ عَلَى اللَّهِ الْكَذِبَ وَيَتَعَلَّلُونَ بِالنُّجُومِ
Traduction

Qatada a dit que Dieu le Très-Haut a créé ces étoiles dans trois buts ; Il en a fait une parure pour le ciel, des projectiles pour les diables et des signes par lesquels les gens trouvent leur chemin. Si quelqu’un les explique autrement, il se trompe, il gaspille ce qu’on lui attribue et il s’occupe de quelque chose qu’il ne sait pas. Bukhari l’a transmis sans un isnad complet. La version de Razln a « s’occupe de ce qui ne le concerne pas, de ce qu’il n’a aucune connaissance et de ce que les prophètes et les anges sont incapables de savoir ». Sur l’autorité d’ar-Rabi'*, il y a quelque chose dans le même sens avec l’addition : « Je jure par Dieu que Dieu n’a pas mis dans une étoile la vie, la provision ou la mort de qui que ce soit. Ils ne font que dire des mensonges contre Dieu et attribuer des causes aux étoiles. * Ar-Rabi' b. Ziyad, l’autorité de Qatada.

Commentaire

Aperçu et thème central

Cette narration profonde de Qatada (qu'Allah lui fasse miséricorde) délimite les desseins divinement ordonnés des étoiles célestes, servant de réfutation décisive des superstitions astrologiques. Le thème central est la souveraineté absolue d'Allah sur la création et l'interdiction d'attribuer des pouvoirs causals aux entités créées—en particulier les étoiles—dans les questions de destinée humaine, de subsistance ou de durée de vie. Le hadith établit une frontière théologique claire : les étoiles sont des signes de la majesté d'Allah, non des agents indépendants du destin. Cet enseignement protège le Tawhid (monothéisme) du croyant contre l'infiltration subtile du shirk (polythéisme) à travers les croyances astrologiques, tout en affirmant la légitimité d'utiliser les corps célestes à des fins pratiques et permises telles que la navigation et la mesure du temps.

Contexte et aperçus linguistiques

La narration provient de Qatada ibn Di'ama, un célèbre Tabi'i (successeur des Compagnons), et a été transmise sans chaîne complète (mu'allaq) par l'imam Bukhari, indiquant sa forte acceptation parmi les premiers savants. Le terme arabe pour étoiles, "nujum", englobe à la fois les étoiles fixes et les planètes. Qatada identifie trois buts légitimes : "zina" (ornement) pour le ciel, "rujum" (projectiles) pour les diables, et "hidaya" (guidance) pour les voyageurs. L'expression "gaspille ce qui lui est alloué" (aghraba) porte la connotation de perdre sa part de récompense et de connaissance, tandis que "s'occupe de ce qu'il ne sait pas" (ashghala nafsahu bima la ya'lamu) condamne l'arrogance intellectuelle. L'addition de ar-Rabi' b. Ziyad—"Je jure par Dieu que Dieu n'a fixé dans aucune étoile la vie, la subsistance ou la mort de quiconque"—sert de serment puissant contre les affirmations astrologiques de la période de la Jahiliyya (ignorance pré-islamique), qui corrélaient les mouvements célestes avec la destinée humaine.

Aperçus savants clés et bénéfices juridiques

  • Règle jurisprudentielle : La croyance en l'influence astrologique sur les affaires humaines (tawqir al-nujum) est catégoriquement interdite, car elle constitue une forme de shirk—attribuant un pouvoir divin à la création. Des savants comme Ibn Hajar al-Asqalani classent ces croyances comme des péchés majeurs exigeant le repentir.
  • Principe théologique : Le hadith établit le concept de "asbab" (moyens) par rapport à "mu'aththirat" (causes indépendantes). Les étoiles sont de simples moyens de guidance et d'ornement, non des agents autonomes ; toute causalité découle d'Allah seul.
  • Orientation éthique : La narration condamne la spéculation intellectuelle au-delà de sa capacité, en accord avec l'injonction coranique de "ne pas poursuivre ce dont vous n'avez aucune connaissance" (17:36). Elle encourage l'humilité devant la sagesse divine et décourage les enquêtes métaphysiques futiles.
L'imam Ibn Hajar al-Asqalani a déclaré dans Fath al-Bari : "Quiconque croit qu'une étoile ou une planète a un effet sur la destinée humaine, la subsistance ou la durée de vie s'est certainement égaré du chemin du Tawhid et a contredit le consensus des Salaf. Les étoiles sont des signes de la puissance d'Allah, non des partenaires dans Son décret."

Vie quotidienne et application spirituelle

À l'époque contemporaine, ce hadith appelle les musulmans à purifier leur confiance (tawakkul) en Allah seul, en évitant les formes modernes de superstition astrologique—horoscopes, signes du zodiaque ou prédictions planétaires—qui imprègnent la culture populaire. Le croyant devrait plutôt cultiver un regard contemplatif sur les cieux, reconnaissant les étoiles comme des signes de la majesté créatrice et de la précision d'Allah, comme mentionné dans la sourate Al-Mulk (67:3-5). Pratiquement, on peut utiliser la navigation céleste pour les voyages ou les connaissances astronomiques pour déterminer les heures de prière et le calendrier lunaire, tout en maintenant la conviction que ce ne sont que de simples outils. L'application spirituelle s'étend à la protection de son cœur contre l'attribution du succès, de l'échec ou de la fortune à toute chose créée, et à l'affirmation avec certitude que "ce qu'Allah veut se produit, et ce qu'Il ne veut pas ne se produit pas." Cet enseignement favorise un profond sentiment de paix, libérant le croyant de l'anxiété du déterminisme astrologique et l'ancrant dans la connaissance sûre du décret parfait d'Allah.