Sunan an-Nasa'i

Sunan an-Nasa'i 317

Une autre façon d’accomplir le Tayammum
Texte arabe du hadith
أَخْبَرَنَا عَمْرُو بْنُ يَزِيدَ، قَالَ حَدَّثَنَا بَهْزٌ، قَالَ حَدَّثَنَا شُعْبَةُ، قَالَ حَدَّثَنَا الْحَكَمُ، عَنْ ذَرٍّ، عَنِ ابْنِ عَبْدِ الرَّحْمَنِ بْنِ أَبْزَى، عَنْ أَبِيهِ، أَنَّ رَجُلاً، سَأَلَ عُمَرَ بْنَ الْخَطَّابِ عَنِ التَّيَمُّمِ، فَلَمْ يَدْرِ مَا يَقُولُ فَقَالَ عَمَّارٌ أَتَذْكُرُ حَيْثُ كُنَّا فِي سَرِيَّةٍ فَأَجْنَبْتُ فَتَمَعَّكْتُ فِي التُّرَابِ فَأَتَيْتُ النَّبِيَّ صلى الله عليه وسلم فَقَالَ ‏"‏ إِنَّمَا يَكْفِيكَ هَكَذَا ‏"‏ ‏.‏ وَضَرَبَ شُعْبَةُ بِيَدَيْهِ عَلَى رُكْبَتَيْهِ وَنَفَخَ فِي يَدَيْهِ وَمَسَحَ بِهِمَا وَجْهَهُ وَكَفَّيْهِ مَرَّةً وَاحِدَةً ‏.‏
Traduction
D’après Ibn 'Abdur-Rahman bin Abza, de son père, un homme a demandé à 'Umar bin Al-Khattab au sujet de Tayammum et il ne savait pas quoi répondre. 'Ammar a dit

« Vous souvenez-vous quand nous étions en campagne, et que je suis devenu Junub et que je me suis roulé dans la poussière, puis je suis venu voir le Prophète (ﷺ) et il a dit : 'Cela aurait été suffisant.' (L’un des narrateurs) Shu’bah frappa ses mains sur ses genoux et souffla dans ses mains, puis il s’essuya le visage et les paumes avec celles-ci une fois.

Commentaire

Aperçu et thème central

Ce hadith profond, rapporté par l'imam An-Nasa'i dans le Livre de la purification (Sunan an-Nasa'i 317), aborde la question cruciale des ablutions sèches (tayammum) lorsque l'eau est indisponible ou que son usage est nocif. Le compagnon 'Ammar ibn Yasir (qu'Allah soit satisfait de lui) rappelle un incident survenu lors d'une expédition militaire où il est devenu impur rituellement (junub) et, manquant d'eau, s'est roulé dans la poussière comme purification de fortune. De retour auprès du Prophète ﷺ, il a été doucement corrigé : « Cela aurait suffi » — signifiant que frapper légèrement la terre et s'essuyer le visage et les mains aurait suffi pour le tayammum, même en état d'impureté majeure. Le thème central est la miséricorde divine et la facilitation (yusr) dans la loi islamique, démontrant qu'Allah n'impose pas à une âme au-delà de sa capacité, et que la pureté rituelle — que ce soit par l'eau ou par la terre propre — est un moyen pour la préparation spirituelle, non une fin en soi.

Contexte et perspectives linguistiques

Le hadith se situe au début de la période médinoise, lors d'une campagne où l'eau était rare. L'action de 'Ammar de se rouler dans la poussière (ta'ammada fi al-sa'id) reflète une interprétation littérale mais excessive du commandement coranique dans la sourate Al-Ma'idah (5:6) : « …et si vous êtes malades ou en voyage… et que vous ne trouvez pas d'eau, alors recherchez une terre pure et passez-en sur vos visages et vos mains. » Le Prophète ﷺ a clarifié que l'essence du tayammum est une seule frappe de la terre (darbah) suivie de l'essuyage du visage et des paumes — non une immersion dans la poussière. Linguistiquement, « sa'id » (terre pure) englobe le sol, le sable ou la pierre, tandis que « tayammum » dérive de « amm » (intention), signifiant un acte délibéré de purification par l'intention et le nettoyage symbolique. La démonstration du narrateur Shu'bah — frapper ses mains sur ses genoux, souffler l'excès de poussière, et s'essuyer le visage et les paumes — encapsule visuellement la forme minimale et suffisante de l'acte, soulignant la précision plutôt que l'excès.

Aperçus savants clés et bénéfices juridiques

  • Règle jurisprudentielle : Le tayammum est valide pour l'impureté majeure (janabah) en l'absence d'eau, comme confirmé par l'approbation du Prophète ﷺ de l'action de 'Ammar, établissant un consensus (ijma') parmi la majorité des savants.
  • Minimalisme dans l'adoration : Le hadith enseigne qu'une seule frappe de la terre suffit, et que l'excès (comme se rouler dans la poussière) n'est ni requis ni encouragé — la simplicité et la facilité sont des caractéristiques de la charia.
  • Intention et pureté : L'acte de tayammum est spirituellement symbolique, purifiant l'intention du croyant et sa préparation à la prière, même sans eau physique, reflétant l'acceptation par Allah de l'effort sincère.
« L'imam An-Nawawi (qu'Allah lui fasse miséricorde) a dit dans Sharh Sahih Muslim : "Ce hadith est une preuve claire que le tayammum est permis pour la janabah, et qu'une seule frappe de la terre suffit, et qu'il n'est pas une condition de frapper la terre deux fois — c'est l'avis correct et prédominant, et c'est la voie de la majorité des savants." »

Application quotidienne et spirituelle

Dans notre vie quotidienne, ce hadith illumine la beauté de la jurisprudence islamique — une religion qui s'adapte à la fragilité et aux circonstances humaines. Face à l'épreuve — que ce soit la maladie, le voyage ou la pénurie — le croyant ne doit pas désespérer mais chercher les moyens facilités qu'Allah a fournis. Spirituellement, le tayammum nous enseigne que la purification est finalement une question d'orientation du cœur vers Allah ; même la poussière de la terre peut devenir un moyen de connexion en l'absence d'eau. Pratiquement, nous devons intérioriser le principe de « suffisance » dans l'adoration : éviter l'extrémisme et la surcomplication, et faire confiance qu'Allah accepte nos efforts sincères et minimaux. Ce hadith nous encourage également à apprendre les règles précises de la purification afin que notre adoration soit à la fois valide et belle (ihsan), et à aborder tous les actes de dévotion avec pleine conscience, humilité et gratitude pour la facilité qu'Allah nous a accordée.