Sunan an-Nasa'i

Sunan an-Nasa'i 125 b

Essuyer les Khuffs en voyage
Texte arabe du hadith
أَخْبَرَنَا إِسْحَاقُ بْنُ إِبْرَاهِيمَ، حَدَّثَنَا وَكِيعٌ، أَنْبَأَنَا سُفْيَانُ، عَنْ أَبِي قَيْسٍ، عَنْ هُزَيْلِ بْنِ شُرَحْبِيلَ، عَنِ الْمُغِيرَةِ بْنِ شُعْبَةَ، أَنَّ رَسُولَ اللَّهِ صلى الله عليه وسلممَسَحَ عَلَى الْجَوْرَبَيْنِ وَالنَّعْلَيْنِ ‏.‏ قَالَ أَبُو عَبْدِ الرَّحْمَنِ مَا نَعْلَمُ أَحَدًا تَابَعَ أَبَا قَيْسٍ عَلَى هَذِهِ الرِّوَايَةِ وَالصَّحِيحُ عَنِ الْمُغِيرَةِ أَنَّ النَّبِيَّ صلى الله عليه وسلم مَسَحَ عَلَى الْخُفَّيْنِ ‏.‏
Traduction

D’après Al-Mughirah Ibn Shu’bah, le Messager d’Allah ﷺ essuyé les deux chaussettes en tissu et les deux sandales. الْمُغِيرَةِ بْنِ شُعْبَةَ، أَنَّ رَسُولَ اللَّهِ صلى الله عليه وسلم مَسَحَ عَلَى الْجَوْرَبَيْنِ وَالنَّعْلَيْنِ . قَالَ أَبُو عَبْدِ الرَّحْمَنِ مَا نَعْلَمُ أَحَدًا تَابَعَ أَبَا قَيْسٍ عَلَى هَذِهِ الرِّوَايَةِ وَالصَّحِيحُ عَنِ الْمُغِيرَةِ أَنَّ النَّبِيَّ صلى الله عليه وسلم مَسَحَ عَلَى الْخُفَّيْنِ .

Commentaire

Aperçu et thème central

Ce noble hadith, rapporté par l'imam An-Nasa'i dans le Livre de la purification, établit la pratique prophétique d'essuyer sur les deux chaussettes en tissu (al-jawrabayn) et les deux sandales (al-na'layn) lors des ablutions. Le thème central est la concession divinement accordée (rukhsah) qui allège la difficulté dans l'adoration, démontrant l'approche équilibrée de l'islam—combinant une pureté rigoureuse avec une miséricorde pratique. Le Prophète ﷺ, en essuyant sur ces couvre-pieds, a enseigné que l'essence de la purification réside dans l'obéissance au commandement divin, non dans un littéralisme rigide. La note éditoriale (ta'liq) de l'imam An-Nasa'i clarifie la hiérarchie d'authenticité, affirmant que la narration bien établie (sahih) d'Al-Mughirah spécifie l'essuyage sur les chaussettes en cuir (khuffayn), tandis que la variante mentionnant les chaussettes en tissu et les sandales est isolée (shadhdh) en raison de la faiblesse d'Abu Qays en tant que transmetteur. Cela souligne la science méticuleuse de la critique du hadith, où même un maillon faible affecte l'acceptation, préservant l'intégrité de la Sunna.

Contexte et perspectives linguistiques

Le hadith se situe dans le contexte de l'enseignement pratique du Prophète ﷺ pendant les voyages ou la vie quotidienne, où le retrait répété des chaussures causait des difficultés. Linguistiquement, "al-jawrabayn" (جَوْرَبَيْنِ) fait référence à des chaussettes épaisses en tissu ou en laine portées pour la chaleur et la protection, tandis que "al-na'layn" (نَعْلَيْنِ) désigne des sandales—des chaussures ouvertes courantes en Arabie. Le verbe "masaha" (مَسَحَ) signifie essuyer légèrement avec les mains humides, distinct de "ghasala" (laver), indiquant un acte rituel plus léger. La phrase "عَلَى" (sur) spécifie la surface essuyée, non les pieds directement. Le commentaire de l'imam An-Nasa'i—"Nous ne connaissons personne qui ait suivi Abu Qays sur cette narration"—souligne le principe de mutaba'ah (corroboration) ; un rapport solitaire contraire à des transmissions plus fortes est jugé irrégulier. La règle authentique, comme clarifiée, est l'essuyage sur les khuffayn (chaussettes en cuir), que la majorité des savants soutiennent, avec la permission d'essuyer sur les chaussettes épaisses (jawrabayn) acceptée par les hanafites et certains shafi'ites sous des conditions spécifiques—telles que l'épaisseur suffisante pour rester sans être attachées et l'imperméabilité à l'eau.

Aperçus savants clés et bénéfices juridiques

  • Principe jurisprudentiel : Le hadith établit que l'essuyage sur les couvre-pieds est un substitut valide au lavage des pieds lors des ablutions, à condition que les couvre-pieds aient été mis en état de pureté rituelle (taharah)—une condition dérivée d'autres narrations authentiques (par exemple, Muslim 274).
  • Authenticité et critique du hadith : La clarification de l'imam An-Nasa'i démontre que la faiblesse d'une narration (due à un transmetteur comme Abu Qays) ne nie pas la pratique sous-jacente ; plutôt, elle dirige les savants vers la version plus forte et corroborée, enseignant la rigueur méthodologique plutôt que l'acceptation aveugle.
  • Miséricorde éthique et pratique : La concession reflète l'intention d'Allah d'alléger les obligations religieuses (Coran 5:6 : "Allah veut pour vous la facilité"), encourageant les musulmans à embrasser les dispenses divines sans difficulté inutile, tout en maintenant la sainteté de la pureté rituelle.
"L'imam An-Nawawi déclare dans Al-Majmu' : 'La majorité des savants s'accordent sur la permission d'essuyer sur les khuffayn, et la différence concernant les jawrabayn est une question d'ijtihad ; la vue correcte, tenue par Abu Hanifah et Ahmad dans une narration, est que l'essuyage sur les chaussettes épaisses est permis si elles remplissent les conditions du khuff.'"

Vie quotidienne et application spirituelle

Dans nos vies contemporaines, ce hadith nous enseigne à rechercher la connaissance avec précision—vérifiant les règles religieuses à travers des sources authentiques plutôt que de se fier à des rapports faibles ou isolés. Pratiquement, un musulman peut essuyer sur ses chaussettes ou ses chaussures lors des ablutions, à condition qu'elles aient été portées après une purification complète et que la période d'essuyage soit observée (24 heures pour les résidents, 72 heures pour les voyageurs), selon la Sunna. Spirituellement, la concession instille la gratitude pour la miséricorde d'Allah, nous rappelant que l'adoration n'est pas destinée à peser mais à purifier le cœur et l'âme. Elle appelle aussi à l'équilibre : ni rigidité excessive qui ignore la facilité divine, ni laxisme qui compromet l'intégrité du rituel. En incarnant cet enseignement, nous imitons la compassion et la sagesse du Prophète ﷺ, transformant les actes quotidiens en moments de dévotion consciente et de confiance en la guidance divine.