Sunan an-Nasa'i
Sunan an-Nasa'i 1703
Les récits divergents d’Abou Ishaq dans le hadith de Sa’id bin Jubair d’Ibn 'Abbas concernant Witr
Texte arabe du hadith
أَخْبَرَنَا أَحْمَدُ بْنُ سُلَيْمَانَ، قَالَ حَدَّثَنَا أَبُو نُعَيْمٍ، قَالَ حَدَّثَنَا زُهَيْرٌ، عَنْ أَبِي إِسْحَاقَ، عَنْ سَعِيدِ بْنِ جُبَيْرٍ، عَنِ ابْنِ عَبَّاسٍ، أَنَّهُ كَانَيُوتِرُ بِثَلاَثٍ بِـ { سَبِّحِ اسْمَ رَبِّكَ الأَعْلَى } وَ { قُلْ يَا أَيُّهَا الْكَافِرُونَ } وَ { قُلْ هُوَ اللَّهُ أَحَدٌ }
Traduction
Zuhair a rapporté d’Abou Ishaq, de Sa’id bin Jubair,
Ibn Abbas avait l’habitude de prier le witr avec trois (unités) avec (les sourates) : « Glorifie le Nom de ton Seigneur le Très-Haut » (Sourate Al-A’la), « Dis : « Ô mécréants » (Sourate Al-Kafirun), et « Dis : C’est Allah (le) Seul » (Sourate Al-Ikhlas).
Aperçu et thème central
Cette narration d'Ibn Abbas (qu'Allah l'agrée) illustre la pratique prophétique d'accomplir la prière du Witr en trois unités, en récitant des sourates spécifiques qui résument l'essence du Tawhid (unicité divine), de la soumission et de la glorification. Elle démontre la Sunna de combiner ces sourates dans le Witr, qui sert de sceau spirituel à la prière nocturne, affirmant la transcendance d'Allah (Al-A'la), la sincérité dans l'adoration (Al-Kafirun) et Son unicité absolue (Al-Ikhlas). Le hadith souligne l'équilibre entre le rituel prescrit et l'excellence dévotionnelle, montrant que même le choix des passages coraniques dans les prières surérogatoires porte un sens profond et suit l'exemple noble du Prophète ﷺ.
Contexte et perspectives linguistiques
Cette narration est un rapport compagnon (mawquf) d'Ibn Abbas, mais elle reflète la pratique propre du Prophète ﷺ, comme rapporté dans Sahih Muslim et d'autres recueils. Le terme "Witr" (وتر) signifie linguistiquement "nombre impair", désignant la prière conclusive de la nuit, qui est soulignée comme la dernière prière avant l'aube. Les trois sourates choisies — Al-A'la (Glorifie le nom de ton Seigneur, le Très-Haut), Al-Kafirun (Dis : Ô mécréants) et Al-Ikhlas (Dis : Il est Allah, l'Unique) — sont collectivement connues comme les "sourates du Tawhid". En arabe, "Sabbih" (سبح) dans Al-A'la transmet la glorification absolue et la transcendance, "Qul ya ayyuhal-kafirun" déclare la dissociation complète du shirk, et "Qul huwa Allahu ahad" affirme l'unité divine essentielle. La pratique d'Ibn Abbas, transmise par Sa'id ibn Jubayr, met en évidence la permission et la vertu de réciter ces sourates dans le Witr, en accord avec le hadith d'Ubayy ibn Ka'b qui a rapporté que le Prophète ﷺ faisait de même. La nuance linguistique de "trois unités" (thalaath) avec ces récitations spécifiques reflète une progression spirituelle délibérée : de la glorification de la majesté d'Allah, à la purification de son adoration, jusqu'à l'affirmation de Son essence unique.
Aperçus savants clés et bénéfices juridiques
Vie quotidienne et application spirituelle
Pour le musulman moderne, ce hadith offre un moyen tangible d'enrichir la prière nocturne du Witr en suivant le modèle prophétique. Avant de dormir ou après Qiyam al-Lail, on peut délibérément réciter ces trois sourates, en réfléchissant à leurs significations : glorifier la transcendance d'Allah, renouveler son engagement envers une adoration sincère exempte d'hypocrisie, et affirmer Son unicité absolue. Cette pratique transforme le Witr d'un simple rituel en une déclaration spirituelle profonde qui scelle la journée avec la foi. Elle enseigne aussi l'importance de la constance et de l'intention dans les actes surérogatoires — choisir une récitation de qualité plutôt que la quantité, et aligner son cœur sur les paroles prononcées. En intégrant cette Sunna, le croyant cultive la pleine conscience (khushu') et renforce sa connexion avec Allah, faisant de la prière nocturne une source de paix intérieure et de renouveau spirituel au milieu des distractions de la vie quotidienne.