Sunan an-Nasa'i

Sunan an-Nasa'i 1732

Mentionnant les divergences signalées par Shu’bah à propos de ce rapport
Texte arabe du hadith
أَخْبَرَنَا عَمْرُو بْنُ يَزِيدَ، قَالَ حَدَّثَنَا بَهْزُ بْنُ أَسَدٍ، قَالَ حَدَّثَنَا شُعْبَةُ، عَنْ سَلَمَةَ، وَزُبَيْدٍ، عَنْ ذَرٍّ، عَنِ ابْنِ عَبْدِ الرَّحْمَنِ بْنِ أَبْزَى، عَنْ أَبِيهِ، أَنَّ رَسُولَ اللَّهِ صلى الله عليه وسلم كَانَيُوتِرُ بِـ ‏‏{‏ سَبِّحِ اسْمَ رَبِّكَ الأَعْلَى ‏}‏ وَ ‏‏{‏ قُلْ يَا أَيُّهَا الْكَافِرُونَ ‏}‏ وَ ‏‏{‏ قُلْ هُوَ اللَّهُ أَحَدٌ ‏}‏ وَكَانَ يَقُولُ إِذَا سَلَّمَ ‏"‏ سُبْحَانَ الْمَلِكِ الْقُدُّوسِ ‏"‏ ‏.‏ ثَلاَثًا وَيَرْفَعُ صَوْتَهُ بِالثَّالِثَةِ ‏.‏
Traduction
Bahz bin Asad, a dit

« Shu’bah nous a rapporté, de Salamah et de Zubaid, de Dharr, d’Ibn Abdur-Rahman bin Abza de son père, que le Messager d’Allah (ﷺ) avait l’habitude de réciter dans Witr : « Glorifiez le Nom de votre Seigneur le Très-Haut », et « Dis : « Ô mécréants ! » et « Dis : C’est Allah l’Unique. » Et quand il prononçait le taslim, il disait : Subhanal-Malikil-Quddus (Gloire au Souverain le Très Saint) trois fois, élevant la voix la troisième fois.

Commentaire

Aperçu et thème central

Ce hadith, rapporté par l'imam An-Nasa'i dans son Sunan (1732), décrit la pratique prophétique (Sunnah) dans la prière du Witr, tant dans sa récitation que dans son invocation finale. Le Messager d'Allah ﷺ récitait trois sourates spécifiques : Al-A'la (87), Al-Kafirun (109) et Al-Ikhlas (112), qui résument ensemble le cœur du monothéisme islamique (Tawhid) : la glorification de la transcendance d'Allah, la déclaration de désaveu de la mécréance et l'affirmation de Son unicité absolue. Le hadith prescrit également le dhikr après le taslim : « Subhanal-Malikil-Quddus » (Gloire au Souverain, le Très Saint), répété trois fois, avec la voix élevée à la troisième répétition. Cela démontre l'intégration de la forme de l'adoration (fiqh) avec son essence spirituelle (ihsan), enseignant au croyant de sceller la prière nocturne par une récitation structurée et une glorification sincère, sanctifiant ainsi le cœur et affirmant la souveraineté et la pureté absolues d'Allah.

Contexte et perspectives linguistiques

La chaîne de transmission passe par Shu'bah ibn al-Hajjaj, un maître de la critique du hadith, de Salamah ibn Kuhayl et Zubayd ibn al-Harith, tous deux narrateurs fiables, de Dharr ibn Abdillah al-Hamdani, de Ibn Abdur-Rahman ibn Abza, de son père Abdur-Rahman ibn Abza, un Compagnon qui a rapporté cette pratique. Le terme « Witr » (prière impaire) est dérivé de la racine w-t-r, signifiant singularité, reflétant la nature de la prière comme dernière unité impaire de la nuit. La récitation d'Al-A'la (« Glorifie le nom de ton Seigneur, le Très-Haut ») met l'accent sur le tasbih (glorification) des attributs suprêmes d'Allah ; Al-Kafirun (« Dis : Ô vous les mécréants ! ») établit une séparation catégorique entre la foi et la mécréance ; et Al-Ikhlas (« Dis : Il est Allah, l'Unique ») affirme le tawhid dans sa forme la plus pure. La phrase « Subhanal-Malikil-Quddus » combine deux noms divins : Al-Malik (Le Souverain), désignant la domination absolue, et Al-Quddus (Le Très Saint), désignant la pureté absolue et la transcendance de toute imperfection. L'instruction d'« élever la voix la troisième fois » (yarfa'u biha sawtahu) indique une emphase auditive délibérée, transformant le dhikr en une déclaration publique de la sainteté d'Allah, même dans la solitude tranquille de la prière nocturne.

Principales perspectives savantes et bénéfices juridiques

  • La permission et la recommandation de réciter ces trois sourates dans le Witr sont établies par ce rapport authentique, les savants (y compris les écoles hanafite, shafi'ite et hanbalite) s'accordant sur leur vertu, bien que d'autres sourates soient également permises — l'essentiel est la constance et la présence du cœur.
  • Le dhikr « Subhanal-Malikil-Quddus » après le taslim du Witr est une Sunnah confirmée (mustahabb), l'élévation de la voix à la troisième répétition servant à vivifier le cœur et à rappeler aux autres la sainteté d'Allah, comme le note l'imam Ibn Hajar al-Asqalani dans son commentaire sur la narration connexe dans le Sahih al-Bukhari.
  • Ce hadith illustre le principe de « tadarruj » (élévation progressive) dans l'adoration : le croyant passe de la récitation structurée (qira'ah) à la glorification spontanée (tasbih), montrant que les actes d'adoration extérieurs sont destinés à cultiver des états intérieurs de révérence et de crainte.
« Le Prophète ﷺ a combiné dans le Witr les trois sourates qui résument le message du Coran : la glorification d'Allah, le désaveu du shirk et l'affirmation de Son unicité. C'est une leçon complète de tawhid, et sa parole « Subhanal-Malikil-Quddus » après la prière est un sceau de sanctification, purifiant l'adoration du serviteur de toute trace d'insouciance. » — Imam Ibn Rajab al-Hanbali, Jami' al-'Ulum wa al-Hikam

Vie quotidienne et application spirituelle

Dans nos vies contemporaines, ce hadith offre un modèle profond pour la discipline spirituelle. Lors de l'accomplissement du Witr, même si l'on n'est pas un hafiz, on peut mémoriser et réciter ces trois courtes sourates, en réfléchissant à leurs significations : qu'Allah est le Très-Haut, que nous rompons avec toutes les formes de fausse adoration (qu'il s'agisse d'idolâtrie, de matérialisme ou d'ego), et que Lui seul est digne de notre dévotion. Le dhikr après le taslim — répété trois fois avec la troisième élevée — nous apprend à conclure nos actes d'adoration par une glorification consciente, sans nous précipiter. Dans la vie quotidienne, cela se traduit par le fait de terminer chaque tâche, chaque prière et chaque journée par une reconnaissance verbale et sincère de la souveraineté et de la pureté d'Allah. L'élévation de la voix, lorsqu'elle est faite sans ostentation, peut être un moyen d'inspirer les membres de la famille ou les autres fidèles, transformant la dévotion privée en un doux rappel communautaire. En fin de compte, ce hadith nous appelle à intégrer la forme extérieure (sunnah) avec la réalité intérieure (ikhlas), en veillant à ce que nos nuits — et nos vies — soient scellées par le souvenir du Roi, le Très Saint.