Sunan an-Nasa'i

Sunan an-Nasa'i 1800

La récompense de celui qui accomplit douze rak’ahs en plus des prières prescrites pendant le jour et la nuit
Texte arabe du hadith
أَخْبَرَنَا مُحَمَّدُ بْنُ حَاتِمِ بْنِ نُعَيْمٍ، قَالَ حَدَّثَنَا حَبَّانُ، وَمُحَمَّدُ بْنُ مَكِّيٍّ، قَالاَ أَنْبَأَنَا عَبْدُ اللَّهِ، عَنْ أَبِي يُونُسَ الْقُشَيْرِيِّ، عَنِ ابْنِ أَبِي رَبَاحٍ، عَنْ شَهْرِ بْنِ حَوْشَبٍ، حَدَّثَهُ عَنْ أُمِّ حَبِيبَةَ بِنْتِ أَبِي سُفْيَانَ، قَالَتْمَنْ صَلَّى ثِنْتَىْ عَشْرَةَ رَكْعَةً فِي يَوْمٍ فَصَلَّى قَبْلَ الظُّهْرِ بَنَى اللَّهُ لَهُ بَيْتًا فِي الْجَنَّةِ ‏.‏
Traduction
Il a été rapporté qu’Umm Habibah bint Abi Sufyan a dit

« Quiconque accomplit douze rak’ahs en un jour et prie devant Zuhr, Allah (SWT) lui construira une maison au Paradis. »

Commentaire

Aperçu et thème central

Ce hadith de Sunan an-Nasa'i (1800) met en évidence l'immense vertu des douze rak'ahs volontaires (rawatib) accomplies quotidiennement en plus des prières obligatoires, avec un accent particulier sur les deux ou quatre rak'ahs avant le Zuhr. Le thème central est la récompense profonde d'une adoration surérogatoire constante et sincère : la promesse d'Allah d'une maison au Paradis pour ceux qui maintiennent cette pratique. Il souligne le principe selon lequel les actes volontaires (nawafil) perfectionnent les déficiences des actes obligatoires et rapprochent le croyant d'Allah, transformant la routine quotidienne en un moyen d'élévation éternelle.

Contexte et perspectives linguistiques

Le hadith est rapporté par Oumm Habiba (qu'Allah soit satisfait d'elle) et est enregistré par l'imam an-Nasa'i dans son Sunan, avec une version similaire dans Sahih Muslim. Le terme arabe "ithna 'ashrata rak'ah" (douze rak'ahs) fait référence aux prières de la Sunna confirmée (rawatib) qui accompagnent les cinq prières quotidiennes : deux avant le Fajr, quatre avant le Zuhr (ou deux, selon certaines narrations), deux après le Zuhr, deux après le Maghrib et deux après le 'Isha. L'expression "qabla al-Zuhr" (avant le Zuhr) met spécifiquement en évidence la prière volontaire de l'avant-midi, qui est soulignée pour son excellence. Linguistiquement, "bana Allahu lahu baytan fi al-Jannah" (Allah lui construira une maison au Paradis) utilise le verbe "bana" (construire), indiquant une récompense tangible et durable — une construction divine qui signifie honneur et permanence. Le sabab al-wurud (contexte) se rapporte à la question d'Oumm Habiba sur la pratique du Prophète (paix et bénédictions sur lui), révélant que ces prières étaient un acte constant et bien-aimé du Messager, en particulier les quatre rak'ahs avant le Zuhr, qu'il n'abandonnait jamais même en voyage.

Perspectives savantes clés et bénéfices juridiques

  • Les douze rawatib sont une Sunna confirmée (mu'akkadah) ; la majorité des savants (y compris les Hanafites, les Shafi'ites et les Hanbalites) les considèrent fortement recommandées, certains considérant les quatre avant le Zuhr comme particulièrement soulignées. Ce hadith fournit une forte incitation à leur préservation.
  • Prier avant le Zuhr spécifiquement — que ce soit deux ou quatre rak'ahs — porte une vertu distincte, car le Prophète (paix et bénédictions sur lui) a dit : "Les portes du ciel sont ouvertes à midi, alors priez à ce moment" (rapporté dans d'autres recueils), rendant ce moment spirituellement puissant.
  • La récompense d'"une maison au Paradis" n'est pas simplement symbolique mais un don divin littéral, illustrant la générosité d'Allah. Des savants comme l'imam an-Nawawi notent que de telles promesses élèvent le statut du croyant, et Ibn Hajar al-Asqalani souligne que la constance dans ces prières reflète un cœur attaché à l'adoration, protégeant de l'insouciance.
"Quiconque prie douze rak'ahs par jour et par nuit, Allah lui construira une maison au Paradis — ce sont les rawatib qui accompagnent les prières obligatoires. Celui qui les préserve a préservé sa foi, car elles sont un moyen de perfectionner les actes obligatoires et un bouclier contre le Feu." — Imam An-Nawawi, Sharh Sahih Muslim

Vie quotidienne et application spirituelle

Pour vivre cet enseignement aujourd'hui, un musulman devrait établir une routine constante des douze rawatib, les traitant comme des ancres non négociables dans la journée. Pratiquement, on peut fixer des moments précis — peu après le Fajr, avant et après le Zuhr, après le Maghrib et après le 'Isha — pour prier ces rak'ahs avec présence de cœur, même si pressé. La prière avant le Zuhr offre une pause spirituelle avant le midi chargé, permettant de renouveler l'intention et de rechercher la barakah dans le travail. La sincérité (ikhlas) est essentielle : prier non pour paraître mais pour le plaisir d'Allah, en se rappelant que chaque rak'ah est une brique dans sa demeure éternelle. Pour ceux qui ont peu de temps, prioriser les quatre avant le Zuhr et les deux après le 'Isha peut être un point de départ, en construisant progressivement jusqu'aux douze complètes. Cette pratique cultive la pleine conscience (taqwa), la discipline et un souvenir constant d'Allah, transformant les moments ordinaires en investissements pour le Paradis.