Sunan Abi Dawud
Funérailles (Kitab Al-Jana’iz)
كتاب الجنائز
Chapitre 1174
فَضْلِ الصَّلاَةِ عَلَى الْجَنَائِزِ وَتَشْيِيعِهَا
Abū Hurayra rapporte que le Messager d’Allah ﷺ a dit : « Celui qui assiste à un enterrement et prie sur le défunt reçoit la récompense d’un qīrāṭ ; celui qui y assiste jusqu’à la fin de l’inhumation reçoit la récompense de deux qīrāṭ, le plus petit équivalant à Uḥud » — ou : « l’un des deux équivaut à Uḥud. »
Dāwūd ibn ‘Āmir ibn Sa‘d ibn Abī Waqqāṣ rapporte que son père, ‘Āmir ibn Sa‘d, se trouvait avec Ibn ‘Umar ibn al-Khaṭṭāb lorsque Khabbāb, le propriétaire de la pièce à alcôve (maqṣūra), vint et dit : « ‘Abd Allāh ibn ‘Umar, n’entends-tu pas ce qu’Abū Hurayra rapporte ? Il a entendu le Messager d’Allah ﷺ dire : “Celui qui sort de chez lui, accompagne un convoi funèbre et prie sur le défunt…” » Puis il mentionna la suite de la tradition transmise par Sufyān. Ibn ‘Umar envoya alors quelqu’un interroger ‘Ā’isha. Elle répondit : « Abū Hurayra a dit vrai. »
Ibn ‘Abbās rapporte : J’ai entendu le Prophète ﷺ dire : « Si un musulman meurt et que quarante hommes qui n’associent rien à Allah se tiennent auprès de son cercueil, Allah acceptera leur intercession en sa faveur. »
Chapitre 1175
فِي النَّارِ يُتْبَعُ بِهَا الْمَيِّتُ
Abū Hurayra rapporte que le Prophète ﷺ a dit : « Un convoi funèbre ne doit être suivi ni par des cris de lamentation ni par du feu. » Abū Dāwūd a dit : Hārūn, l’un des transmetteurs, ajouta : « Il ne doit pas non plus être précédé par cela. »
Chapitre 1176
الْقِيَامِ لِلْجَنَازَةِ
‘Āmir ibn Rabī‘a rapporte que le Prophète ﷺ a dit : « Lorsque vous voyez un convoi funèbre, levez-vous et restez debout jusqu’à ce qu’il vous dépasse ou qu’il soit déposé à terre. »
Abū Sa‘īd al-Khudrī rapporte que le Messager d’Allah ﷺ a dit : « Lorsque vous accompagnez un convoi funèbre, ne vous asseyez pas avant que le cercueil soit déposé. » Abū Dāwūd a dit : Sufyān ath-Thawrī a transmis cette tradition de Suhayl, d’après son père, d’après Abū Hurayra. Cette version dit : « jusqu’à ce qu’il (le cercueil) soit déposé à terre ». Abū Mu‘āwiya l’a également transmise de Suhayl avec la formule : « jusqu’à ce qu’il soit placé dans la tombe ». Abū Dāwūd a dit : « La version de Sufyān est plus rigoureuse que celle d’Abū Mu‘āwiya. »
Jābir rapporte : Nous étions avec le Prophète ﷺ lorsqu’un convoi funèbre passa devant lui et il se leva. Lorsque nous nous apprêtâmes à le porter, nous vîmes qu’il s’agissait des funérailles d’un juif. Nous dîmes : « Messager d’Allah, c’est le convoi d’un juif ! » Il répondit : « La mort est une chose effrayante ; lorsque vous voyez un convoi funèbre, levez-vous. »
‘Alī ibn Abī Ṭālib rapporte : Le Prophète ﷺ se leva à la vue d’un convoi funèbre (par respect), puis s’assit ensuite.
‘Ubāda ibn aṣ-Ṣāmit rapporte : Le Messager d’Allah ﷺ se tenait debout pour un convoi funèbre jusqu’à ce que le défunt soit placé dans la tombe. Un jour, un savant juif passa près de lui et dit : « C’est ainsi que nous faisons. » Le Prophète ﷺ s’assit alors et dit : « Asseyez-vous et faites autrement qu’eux. »
Chapitre 1177
الرُّكُوبِ فِي الْجَنَازَةِ
Thawbān rapporte : On amena une monture au Messager d’Allah ﷺ alors qu’il accompagnait un convoi funèbre. Il refusa de la monter. Quand le convoi se fut éloigné, on la lui ramena et il monta dessus. On l’interrogea à ce sujet. Il dit : « Les anges marchaient à pied ; je ne pouvais pas monter alors qu’ils marchaient. Lorsqu’ils s’en allèrent, je montai. »
Jābir ibn Samura rapporte : Le Prophète ﷺ accomplit la prière funéraire sur Ibn ad-Daḥdāḥ alors que nous étions présents. On lui amena ensuite un cheval que l’on attacha jusqu’à ce qu’il le monte. Le cheval se mit alors à galoper, et nous courûmes autour de lui.
Chapitre 1178
الْمَشْىِ أَمَامَ الْجَنَازَةِ
Sālim rapporte, d’après son père : J’ai vu le Prophète ﷺ, Abū Bakr et ‘Umar marcher devant le convoi funèbre.
Al-Mughīra ibn Shu‘ba rapporte (je pense que les gens de Ziyād m’ont informé qu’il le tenait du Prophète ﷺ) : « Le cavalier doit marcher derrière le cercueil ; les piétons doivent marcher derrière, devant, à droite et à gauche, tout près de lui. La prière funéraire doit être accomplie pour l’enfant mort-né, et l’on doit demander pardon et miséricorde pour ses parents. »
Chapitre 1179
الإِسْرَاعِ بِالْجَنَازَةِ
Abū Hurayra rapporte que le Prophète ﷺ a dit : « Hâtez le pas en accompagnant un convoi funèbre : si le défunt était bon, vous le conduisez rapidement vers un bien ; sinon, vous vous débarrassez au plus vite d’un mal que vous portez sur vos épaules. »
‘Uyayna ibn ‘Abd ar-Raḥmān rapporte, d’après son père : Il assista aux funérailles de ‘Uthmān ibn Abī al-‘Āṣ. Il dit : Nous marchions lentement. Abū Bakra nous rejoignit alors, leva son fouet vers nous et dit : « Vous nous avez vus lorsque nous étions avec le Messager d’Allah ﷺ : nous marchions d’un pas rapide. »
‘Uyayna rapporte également la tradition précédente (n° 3176) par une autre chaîne. Cette version dit : Nous assistâmes aux funérailles de ‘Abd ar-Raḥmān ibn Samura. Il dit : « Abū Bakra fit trotter rapidement sa mule et pointa avec son fouet. »
‘Abd Allāh ibn Mas‘ūd rapporte : Nous interrogeâmes le Prophète ﷺ sur la marche lors d’un convoi funèbre. Il répondit : « Ne courez pas, mais avancez d’un pas rapide. Si le défunt était bon, conduisez-le rapidement vers son bien ; sinon, éloignez de vous les gens de l’Enfer. Le cercueil doit être suivi, il ne doit pas être précédé ; ceux qui marchent devant ne l’accompagnent pas. » Abū Dāwūd a dit : Le transmetteur Yaḥyā ibn ‘Abd Allāh est faible ; c’est Yaḥyā al-Jābir. Il a également dit : Cette tradition vient de Kūfa, tandis qu’Abū Mājida est de Baṣra ; Abū Mājida est peu connu.
Chapitre 1180
الإِمَامِ لاَ يُصَلِّي عَلَى مَنْ قَتَلَ نَفْسَهُ
Jābir ibn Samura rapporte : Un homme tomba malade et l’on cria qu’il était mort. Son voisin vint trouver le Messager d’Allah ﷺ et lui dit : « Il est mort. » Il demanda : « Qui te l’a annoncé ? » L’homme répondit : « Je l’ai vu. » Le Messager d’Allah ﷺ dit : « Il n’est pas mort. » L’homme repartit. Une nouvelle clameur annonça sa mort ; il revint auprès du Messager d’Allah ﷺ et dit qu’il était mort. Le Prophète ﷺ répondit : « Il n’est pas mort. » L’homme repartit. Lorsqu’on cria de nouveau à son sujet, sa femme lui dit d’aller informer le Messager d’Allah ﷺ. Il s’exclama : « Ô Allah, maudis-le ! » Il alla pourtant voir le malade et constata qu’il s’était tué avec une pointe de flèche. Il informa le Prophète ﷺ, qui demanda : « Qui te l’a dit ? » Il répondit : « Je l’ai vu me tuer avec des pointes de flèche. » Le Prophète ﷺ demanda : « L’as-tu vu ? » « Oui », répondit-il. Il dit alors : « Dans ce cas, je ne prierai pas sur lui. »
Chapitre 1181
الصَّلاَةِ عَلَى مَنْ قَتَلَتْهُ الْحُدُودُ
Abū Barza al-Aslamī rapporte : Le Messager d’Allah ﷺ ne pria pas sur Mā‘iz ibn Mālik, mais n’interdit pas non plus que l’on prie sur lui.
Chapitre 1182
فِي الصَّلاَةِ عَلَى الطِّفْلِ
‘Ā’isha, Mère des croyants, rapporte : Ibrāhīm, le fils du Prophète ﷺ, mourut à l’âge de dix-huit mois. Le Messager d’Allah ﷺ n’accomplit pas de prière funéraire sur lui.