Sunan Ibn Majah
Zuhd
كتاب الزهد
Chapitre 12
مَعِيشَةِ أَصْحَابِ النَّبِيِّ ـ صلى الله عليه وسلم ـ
ʿUthmān ibn Abī Shayba nous a rapporté : ʿAbda ibn Sulaymān nous a rapporté, d’après Hishām ibn ʿUrwa, d’après Wahb ibn Kaysān, d’après Jābir ibn ʿAbd Allāh, qui a dit : Le Messager d’Allah ﷺ nous envoya alors que nous étions trois cents, portant nos provisions sur nos cous. Nos provisions s’épuisèrent, si bien que chacun de nous n’avait plus qu’une datte. On demanda : « Ô Abū ʿAbd Allāh, que peut une datte pour un homme ? » Il répondit : « Nous avons bien senti son absence lorsqu’elle nous a manqué. Puis nous sommes arrivés au bord de la mer et nous y avons trouvé un grand poisson que la mer avait rejeté. Nous en avons mangé pendant dix-huit jours. »
Chapitre 13
فِي الْبِنَاءِ وَالْخَرَابِ
Abū Kurayb nous a rapporté : Abū Muʿāwiya nous a rapporté, d’après al-Aʿmash, d’après Abū al-Safar, d’après ʿAbd Allāh ibn ʿAmr, qui a dit : Le Messager d’Allah ﷺ passa près de nous alors que nous réparions une hutte de roseaux. Il demanda : « Qu’est-ce que cela ? » Je répondis : « C’est une hutte à nous qui s’est abîmée ; nous la réparons. » Le Messager d’Allah ﷺ dit alors : « Je ne pense pas que l’échéance soit autre chose que plus proche que cela. »
Al-ʿAbbās ibn ʿUthmān ad-Dimashqī nous a rapporté : al-Walīd ibn Muslim nous a rapporté : ʿĪsā ibn ʿAbd al-Aʿlā ibn Abī Farwa nous a rapporté : Isḥāq ibn Abī Ṭalḥa m’a rapporté, d’après Anas, qui a dit : Le Messager d’Allah ﷺ passa devant une coupole à la porte d’un homme des Ansār et demanda : « Qu’est-ce que cela ? » On répondit : « C’est une coupole construite par untel. » Le Messager d’Allah ﷺ dit : « Toute richesse de cette sorte sera un fardeau pour son propriétaire au Jour de la Résurrection. » Cette parole parvint à l’homme des Ansār, qui la fit enlever. Plus tard, le Prophète ﷺ repassa et ne la vit pas. Il demanda à son sujet et on l’informa que l’homme l’avait retirée à cause de ce qui lui était parvenu de sa part. Il dit : « Qu’Allah lui fasse miséricorde ! Qu’Allah lui fasse miséricorde ! »
Muḥammad ibn Yaḥyā nous a rapporté : Abū Nuʿaym nous a rapporté : Isḥāq ibn Saʿīd ibn ʿAmr ibn Saʿīd ibn al-ʿĀṣ nous a rapporté, d’après son père Saʿīd, d’après Ibn ʿUmar, qui a dit : À l’époque du Messager d’Allah ﷺ, je me suis vu construire une maison qui me protégeait de la pluie et du soleil, sans que la moindre créature d’Allah le Très-Haut ne m’aide à la bâtir.
Ismāʿīl ibn Mūsā nous a rapporté : Sharīk nous a rapporté, d’après Abū Isḥāq, d’après Ḥāritha ibn Muḍarrib, qui a dit : Nous nous rendîmes auprès de Khabbāb pour lui rendre visite alors qu’il était malade. Il dit : « Ma maladie s’est prolongée. Si je n’avais pas entendu le Messager d’Allah ﷺ dire : “Ne souhaitez pas la mort”, je l’aurais souhaitée. » Il dit aussi : « Le serviteur est certes récompensé pour toutes ses dépenses, sauf pour ce qu’il dépense en terre », ou il dit : « pour la construction. »
Chapitre 14
التَّوَكُّلِ وَالْيَقِينِ
Ḥarmala ibn Yaḥyā nous a rapporté : ʿAbd Allāh ibn Wahb nous a rapporté : Ibn Lahīʿa m’a informé, d’après Ibn Hubayra, d’après Abū Tamīm al-Jayshānī, qui a dit : J’ai entendu ʿUmar dire : J’ai entendu le Messager d’Allah ﷺ dire : « Si vous vous en remettiez à Allah comme il convient de vous en remettre à Lui, Il vous accorderait votre subsistance comme Il l’accorde aux oiseaux : ils partent le matin le ventre vide et reviennent le soir rassasiés. »
Abū Bakr ibn Abī Shayba nous a rapporté : Abū Muʿāwiya nous a rapporté, d’après al-Aʿmash, d’après Sallām ibn Shuraḥbīl Abū Shuraḥbīl, d’après Ḥabba et Sawāʾ, les deux fils de Khālid, qui ont dit : Nous entrâmes auprès du Prophète ﷺ alors qu’il s’occupait de quelque chose, et nous l’aidâmes. Il dit : « Ne désespérez pas de la subsistance tant que vos têtes bougent encore. En effet, l’être humain naît rouge, sans peau, puis Allah, Puissant et Majestueux, lui accorde sa subsistance. »
Isḥāq ibn Manṣūr nous a rapporté : Abū Shuʿayb, Ṣāliḥ ibn Ruzaïq al-ʿAṭṭār, nous a informés : Saʿīd ibn ʿAbd ar-Raḥmān al-Jumaḥī nous a rapporté, d’après Mūsā ibn ʿUlayy ibn Rabāḥ, d’après son père, d’après ʿAmr ibn al-ʿĀṣ, qui a dit : Le Messager d’Allah ﷺ a dit : « Le cœur du fils d’Adam porte une branche dans chaque vallée. Celui dont le cœur suit toutes ces branches, Allah ne se souciera pas dans laquelle de ces vallées Il le fera périr. Quant à celui qui s’en remet à Allah, Il lui épargnera cette dispersion. »
Muḥammad ibn Ṭarīf nous a rapporté : Abū Muʿāwiya nous a rapporté, d’après al-Aʿmash, d’après Abū Sufyān, d’après Jābir, qui a dit : J’ai entendu le Messager d’Allah ﷺ dire : « Que nul d’entre vous ne meure sans avoir une bonne opinion d’Allah. »
Muḥammad ibn aṣ-Ṣabbāḥ nous a rapporté : Sufyān ibn ʿUyayna nous a informés, d’après Ibn ʿAjlān, d’après al-Aʿraj, d’après Abū Hurayra, qui rapporte ces paroles du Prophète ﷺ : « Le croyant fort est meilleur et plus aimé d’Allah que le croyant faible, et il y a du bien en chacun. Applique-toi à ce qui t’est utile et ne faiblis pas. Si quelque chose te dépasse, dis : “Allah l’a décrété et Il fait ce qu’Il veut.” Garde-toi de dire “si seulement”, car le “si seulement” ouvre la voie à l’œuvre de Satan. »
Chapitre 15
الْحِكْمَةِ
ʿAbd ar-Raḥmān ibn ʿAbd al-Wahhāb nous a rapporté : ʿAbd Allāh ibn Numayr nous a rapporté, d’après Ibrāhīm ibn al-Faḍl, d’après Saʿīd al-Maqburī, d’après Abū Hurayra, qui a dit : Le Messager d’Allah ﷺ a dit : « La parole de sagesse est le bien perdu du croyant ; où qu’il la trouve, il en est le plus en droit. »
Al-ʿAbbās ibn ʿAbd al-ʿAẓīm al-ʿAnbarī nous a rapporté : Ṣafwān ibn ʿĪsā nous a rapporté, d’après ʿAbd Allāh ibn Saʿīd ibn Abī Hind, d’après son père, qui a dit : J’ai entendu Ibn ʿAbbās dire que le Messager d’Allah ﷺ a dit : « Il y a deux bienfaits dont beaucoup de gens sont privés : la santé et le temps libre. »
Muḥammad ibn Ziyād nous a rapporté : al-Fuḍayl ibn Sulaymān nous a rapporté : ʿAbd Allāh ibn ʿUthmān ibn Khuthaym nous a rapporté : ʿUthmān ibn Jubayr, affranchi d’Abū Ayyūb, m’a rapporté, d’après Abū Ayyūb, qui a dit : Un homme vint trouver le Prophète ﷺ et dit : « Ô Messager d’Allah, enseigne-moi en peu de mots. » Il répondit : « Lorsque tu te mets en prière, prie comme celui qui fait ses adieux. Ne prononce aucune parole pour laquelle tu devrais ensuite t’excuser. Et renonce résolument à ce que les gens possèdent. »
Abū Bakr ibn Abī Shayba nous a rapporté : al-Ḥasan ibn Mūsā nous a rapporté, d’après Ḥammād ibn Salama, d’après ʿAlī ibn Zayd, d’après Aws ibn Khālid, d’après Abū Hurayra, qui a dit : Le Messager d’Allah ﷺ a dit : « L’exemple de celui qui s’assied pour écouter la sagesse, puis ne rapporte de son compagnon que le pire de ce qu’il entend, est celui d’un homme qui vint trouver un berger et lui dit : “Ô berger, donne-moi une brebis de ton troupeau à sacrifier.” Le berger lui répondit : “Va saisir par l’oreille la meilleure d’entre elles.” L’homme partit alors et saisit par l’oreille le chien du troupeau. »
Abū al-Ḥasan ibn Salama a dit : Ismāʿīl ibn Ibrāhīm nous l’a rapporté ; Mūsā nous a rapporté : Ḥammād nous a rapporté une version semblable, où il dit : « Saisis par l’oreille la meilleure brebis de son troupeau. »
Chapitre 16
الْبَرَاءَةِ مِنَ الْكِبْرِ وَالتَّوَاضُعِ
Suwayd ibn Saʿīd nous a rapporté, d’après ʿAlī ibn Mushir ; et ʿAlī ibn Maymūn ar-Raqqī nous a rapporté, d’après Saʿīd ibn Maslama. Tous deux le tiennent d’al-Aʿmash, d’après Ibrāhīm, d’après ʿAlqama, d’après ʿAbd Allāh, qui a dit : Le Messager d’Allah ﷺ a dit : « N’entrera pas au Paradis celui qui aura dans le cœur ne serait-ce que le poids d’un grain de moutarde d’orgueil, et n’entrera pas en Enfer celui qui aura dans le cœur ne serait-ce que le poids d’un grain de moutarde de foi. »
Hannād ibn as-Sarī nous a rapporté : Abū al-Aḥwaṣ nous a rapporté, d’après ʿAṭāʾ ibn as-Sāʾib, d’après al-Aghar Abū Muslim, d’après Abū Hurayra, qui a dit : Le Messager d’Allah ﷺ a dit : Allah, exalté soit-Il, dit : « La grandeur est Mon manteau et la majesté Mon izār. Quiconque rivalise avec Moi pour l’un de ces deux attributs, Je le jetterai en Enfer. »
ʿAbd Allāh ibn Saʿīd et Hārūn ibn Isḥāq nous ont rapporté : tous deux ont dit : ʿAbd ar-Raḥmān al-Muḥāribī nous a rapporté, d’après ʿAṭāʾ ibn as-Sāʾib, d’après Saʿīd ibn Jubayr, d’après Ibn ʿAbbās, qui a dit : Le Messager d’Allah ﷺ a dit : Allah, exalté soit-Il, dit : « La grandeur est Mon manteau et la majesté Mon izār. Quiconque rivalise avec Moi pour l’un de ces deux attributs, Je le jetterai au Feu. »
Ḥarmala ibn Yaḥyā nous a rapporté : Ibn Wahb nous a rapporté : ʿAmr ibn al-Ḥārith m’a informé que Darrāj lui avait rapporté, d’après Abū al-Haytham, d’après Abū Saʿīd, d’après le Messager d’Allah ﷺ, qui a dit : « Quiconque s’humilie d’un degré pour Allah, exalté soit-Il, Allah l’élève d’un degré par cela. Et quiconque s’enorgueillit d’un degré à l’égard d’Allah, Allah l’abaisse d’un degré par cela, jusqu’à le placer au plus bas des bas. »
Naṣr ibn ʿAlī nous a rapporté : ʿAbd aṣ-Ṣamad et Salm ibn Qutayba nous ont rapporté — tous deux ont dit : Shuʿba nous a rapporté, d’après ʿAlī ibn Zayd, d’après Anas ibn Mālik, qui a dit : « Une esclave parmi les habitantes de Médine prenait la main du Messager d’Allah ﷺ ; il ne retirait pas sa main de la sienne jusqu’à ce qu’elle l’emmène où elle le souhaitait dans Médine pour satisfaire son besoin. »
ʿAmr ibn Rāfiʿ nous a rapporté : Jarīr nous a rapporté, d’après Muslim al-Aʿwar, d’après Anas ibn Mālik, qui a dit : « Le Messager d’Allah ﷺ rendait visite aux malades, suivait les convois funèbres, répondait aux invitations des esclaves et montait des ânes. Le jour de Qurayẓa et des Naḍīr, il était sur un âne ; le jour de Khaybar, il était sur un âne bridé avec une corde en fibres de palmier, et muni sous lui d’une selle bâtie en fibres de palmier. »