Sunan Abi Dawud
Le jeûne (Kitab Al-Siyam)
كتاب الصوم
Chapitre 775
إِذَا رُؤِيَ الْهِلاَلُ فِي بَلَدٍ قَبْلَ الآخَرِينَ بِلَيْلَةٍ
Mūsā ibn Ismāʿīl nous a rapporté : Ismāʿīl — c’est-à-dire ibn Jaʿfar — nous a rapporté : Muḥammad ibn Abī Ḥarmala m’a informé : Kurayb m’a informé qu’Umm al-Faḍl, fille d’al-Ḥārith, l’avait envoyé auprès de Muʿāwiya en Syrie. Il arriva en Syrie et s’acquitta de sa mission. Le croissant de Ramaḍān fut aperçu alors qu’il s’y trouvait : nous le vîmes dans la nuit du vendredi et nous jeûnâmes, de même que Muʿāwiya. Puis il arriva à Médine à la fin du mois. Ibn ʿAbbās l’interrogea, évoqua le croissant et demanda : Quand l’avez-vous vu ? Il répondit : Nous l’avons vu dans la nuit du vendredi. Ibn ʿAbbās demanda : Tu l’as vu toi-même ? Il répondit : Oui, et les gens l’ont vu ; ils ont jeûné, ainsi que Muʿāwiya. Ibn ʿAbbās dit : Mais nous l’avons vu dans la nuit du samedi, et nous continuerons à jeûner jusqu’à compléter trente jours ou jusqu’à le voir. Je demandai : Ne te suffit-il pas de te fier à la vision et au jeûne de Muʿāwiya ? Il répondit : Non ; voilà ce que nous a ordonné le Messager d’Allah ﷺ.
ʿUbayd Allāh ibn Muʿādh nous a rapporté : mon père m’a rapporté : al-Ashʿath nous a rapporté, d’après al-Ḥasan, au sujet d’un homme qui se trouvait dans l’une des villes de l’Empire. Il jeûna le lundi, et deux hommes attestèrent avoir vu le croissant dans la nuit du dimanche. Al-Ḥasan dit : Cet homme, ni les habitants de sa ville n’ont à rattraper ce jour, sauf s’ils savent que les habitants d’une autre ville parmi les villes musulmanes ont jeûné le dimanche ; alors ils le rattraperont.
Chapitre 776
كَرَاهِيَةِ صَوْمِ يَوْمِ الشَّكِّ
Muḥammad ibn ʿAbd Allāh ibn Numayr nous a rapporté : Abū Khālid al-Aḥmar nous a rapporté, d’après ʿAmr ibn Qays, d’après Abū Isḥāq, d’après Ṣila, qui dit : Nous étions auprès de ʿAmmār, au jour où l’on avait un doute. On apporta un mouton ; certains s’écartèrent. ʿAmmār dit : Celui qui jeûne ce jour a désobéi à Abū al-Qāsim ﷺ.
Chapitre 777
فِيمَنْ يَصِلُ شَعْبَانَ بِرَمَضَانَ
Muslim ibn Ibrāhīm nous a rapporté : Hishām nous a rapporté, d’après Yaḥyā ibn Abī Kathīr, d’après Abū Salama, d’après Abū Hurayra, d’après le Prophète ﷺ, qui dit : N’anticipez pas le jeûne de Ramaḍān d’un ou deux jours, sauf s’il s’agit d’un jeûne qu’un homme observe habituellement ; qu’il observe alors ce jeûne.
Aḥmad ibn Ḥanbal nous a rapporté : Muḥammad ibn Jaʿfar nous a rapporté : Shuʿba nous a rapporté, d’après Tawba al-ʿAnbarī, d’après Muḥammad ibn Ibrāhīm, d’après Abū Salama, d’après Umm Salama, que le Prophète ﷺ ne jeûnait aucun mois complet de l’année, sauf Shaʿbān, qu’il prolongeait jusqu’à Ramaḍān.
Chapitre 778
فِي كَرَاهِيَةِ ذَلِكَ
Qutayba ibn Saʿīd nous a rapporté : ʿAbd al-ʿAzīz ibn Muḥammad dit qu’ʿAbbād ibn Kathīr arriva à Médine, se dirigea vers l’assemblée d’al-ʿAlāʾ, le prit par la main et le fit se lever, puis dit : Ô Allah, celui-ci rapporte de son père, d’après Abū Hurayra, que le Messager d’Allah ﷺ a dit : Lorsque Shaʿbān atteint la moitié, ne jeûnez pas. Al-ʿAlāʾ répondit : Ô Allah, mon père m’a rapporté cela d’après Abū Hurayra, d’après le Prophète ﷺ. Abū Dāwūd dit : al-Thawrī, Shibl ibn al-ʿAlāʾ, Abū ʿUmais et Zuhayr ibn Muḥammad l’ont rapporté d’al-ʿAlāʾ. Il dit qu’ʿAbd al-Raḥmān ne le transmettait pas. J’ai demandé à Aḥmad pourquoi ; il répondit qu’ʿAbd al-Raḥmān estimait que le Prophète ﷺ prolongeait Shaʿbān jusqu’à Ramaḍān et avait rapporté de lui le contraire. Abū Dāwūd dit : À mon avis, ce n’est pas contradictoire, et personne d’autre qu’al-ʿAlāʾ ne l’a rapporté de son père.
Chapitre 779
شَهَادَةِ رَجُلَيْنِ عَلَى رُؤْيَةِ هِلاَلِ شَوَّالٍ
Muḥammad ibn ʿAbd al-Raḥīm, Abū Yaḥyā al-Bazzār, nous a rapporté : Saʿīd ibn Sulaymān nous a rapporté : ʿAbbād nous a rapporté, d’après Abū Mālik al-Ashjaʿī : Ḥusayn ibn al-Ḥārith al-Jadalī, de la tribu de Jadīla Qays, nous a rapporté que l’émir de La Mecque prononça un sermon puis dit : Le Messager d’Allah ﷺ nous a recommandé d’accomplir le rite à la vue du croissant ; si nous ne le voyons pas et que deux témoins intègres en attestent, nous accomplissons le rite sur la base de leur témoignage. J’ai demandé à Ḥusayn ibn al-Ḥārith qui était l’émir ; il répondit qu’il ne savait pas. Plus tard, il me retrouva et dit : C’était al-Ḥārith ibn Ḥāṭib, le frère de Muḥammad ibn Ḥāṭib. L’émir dit ensuite : Il y a parmi vous quelqu’un qui connaît Allah et Son Messager mieux que moi et qui a été témoin de cela auprès du Messager d’Allah ﷺ. Il désigna un homme de la main. Ḥusayn dit : Je demandai à un ancien assis à côté de moi qui était cet homme ; il répondit : ʿAbd Allāh ibn ʿUmar. Il avait raison : celui-ci connaissait Allah mieux que l’émir. Il a dit que le Messager d’Allah ﷺ nous avait ordonné cela.
Musaddad et Khalaf ibn Hishām, le lecteur du Coran, nous ont rapporté tous deux : Abū ʿAwāna nous a rapporté, d’après Manṣūr, d’après Ribʿī ibn Ḥirāsh, d’après un homme parmi les Compagnons du Prophète ﷺ, qui dit : Les gens divergeaient au sujet du dernier jour de Ramaḍān. Deux bédouins arrivèrent et attestèrent devant le Messager d’Allah ﷺ, en jurant par Allah, qu’ils avaient vu le croissant la veille au soir. Le Messager d’Allah ﷺ ordonna alors aux gens de rompre le jeûne. Khalaf ajoute dans sa version : et de se rendre le lendemain matin à leur lieu de prière.
Chapitre 780
فِي شَهَادَةِ الْوَاحِدِ عَلَى رُؤْيَةِ هِلاَلِ رَمَضَانَ
Muḥammad ibn Bakkār ibn al-Rayyān nous a rapporté : al-Walīd — c’est-à-dire ibn Abī Thawr — nous a rapporté. Une autre chaîne : al-Ḥasan ibn ʿAlī nous a rapporté : al-Ḥusayn — c’est-à-dire al-Juʿfī — nous a rapporté, d’après Zāʾida, selon le même sens, d’après Simāk, d’après ʿIkrima, d’après Ibn ʿAbbās, qui dit : Un bédouin vint trouver le Prophète ﷺ et dit : J’ai vu le croissant. Dans la version d’al-Ḥasan, il est précisé qu’il s’agissait de celui de Ramaḍān. Il lui demanda : Attestes-tu qu’il n’y a de divinité qu’Allah ? Il répondit : Oui. Il demanda : Attestes-tu que Muḥammad est le Messager d’Allah ? Il répondit : Oui. Il dit alors : Ô Bilāl, annonce aux gens qu’ils doivent jeûner demain.
Mūsā ibn Ismāʿīl m’a rapporté : Ḥammād nous a rapporté, d’après Simāk ibn Ḥarb, d’après ʿIkrima, qui dit : Une fois, nous doutions de l’apparition du croissant de Ramaḍān et nous voulions donc ne pas prier la nuit ni jeûner. Un bédouin venu de la Ḥarra se présenta et témoigna avoir vu le croissant. On l’amena au Prophète ﷺ, qui lui demanda : Attestes-tu qu’il n’y a de divinité qu’Allah et que je suis le Messager d’Allah ? Il répondit : Oui. Il confirma avoir vu le croissant ; le Prophète ﷺ ordonna alors à Bilāl d’appeler les gens à prier la nuit et à jeûner. Abū Dāwūd dit : Plusieurs personnes l’ont rapporté de Simāk, d’après ʿIkrima, comme récit interrompu au Successeur ; personne n’a mentionné la prière nocturne à part Ḥammād ibn Salama.
Maḥmūd ibn Khālid et ʿAbd Allāh ibn ʿAbd al-Raḥmān al-Samarqandī nous ont rapporté tous deux — et je maîtrise mieux la version de ce dernier — : Marwān, c’est-à-dire ibn Muḥammad, nous a rapporté, d’après ʿAbd Allāh ibn Wahb, d’après Yaḥyā ibn ʿAbd Allāh ibn Sālim, d’après Abū Bakr ibn Nāfiʿ, d’après son père, d’après Ibn ʿUmar, qui dit : Les gens observaient le croissant. J’informai le Messager d’Allah ﷺ que je l’avais vu ; il jeûna alors et ordonna aux gens de jeûner.
Chapitre 781
فِي تَوْكِيدِ السُّحُورِ
Musaddad nous a rapporté : ʿAbd Allāh ibn al-Mubārak nous a rapporté, d’après Mūsā ibn ʿUlayy ibn Rabāḥ, d’après son père, d’après Abū Qays, affranchi de ʿAmr ibn al-ʿĀṣ, d’après ʿAmr ibn al-ʿĀṣ, qui dit : Le Messager d’Allah ﷺ a dit : Ce qui distingue notre jeûne de celui des gens du Livre est le repas de fin de nuit, le suḥūr.
Chapitre 782
مَنْ سَمَّى السَّحُورَ الْغَدَاءَ
ʿAmr ibn Muḥammad al-Nāqid nous a rapporté : Ḥammād ibn Khālid al-Khayyāṭ nous a rapporté : Muʿāwiya ibn Ṣāliḥ nous a rapporté, d’après Yūnus ibn Sayf, d’après al-Ḥārith ibn Ziyād, d’après Abū Ruhm, d’après al-ʿIrbāḍ ibn Sāriya, qui dit : Le Messager d’Allah ﷺ m’invita au suḥūr pendant Ramaḍān et me dit : Viens prendre le repas béni.
ʿUmar ibn al-Ḥasan ibn Ibrāhīm nous a rapporté : Muḥammad ibn Abī al-Wazīr, Abū al-Muṭarrif, nous a rapporté : Muḥammad ibn Mūsā nous a rapporté, d’après Saʿīd al-Maqburī, d’après Abū Hurayra, d’après le Prophète ﷺ, qui dit : Quel excellent suḥūr pour le croyant : les dattes.
Chapitre 783
وَقْتِ السُّحُورِ
Musaddad nous a rapporté : Ḥammād ibn Zayd nous a rapporté, d’après ʿAbd Allāh ibn Sawāda al-Qushayrī, d’après son père, qui dit : J’ai entendu Samura ibn Jundub prononcer un sermon et dire : Le Messager d’Allah ﷺ a dit : Que l’appel de Bilāl ni la blancheur de l’horizon qui apparaît ainsi ne vous empêchent de prendre votre suḥūr ; mangez et buvez jusqu’à ce qu’elle s’étende.
Musaddad nous a rapporté : Yaḥyā nous a rapporté, d’après al-Taymī. Une autre chaîne : Aḥmad ibn Yūnus nous a rapporté : Zuhayr nous a rapporté : Sulaymān al-Taymī nous a rapporté, d’après Abū ʿUthmān, d’après ʿAbd Allāh ibn Masʿūd, qui dit : Le Messager d’Allah ﷺ a dit : Que l’appel de Bilāl n’empêche aucun de vous de prendre son suḥūr ; il appelle afin que celui qui prie la nuit puisse revenir et que celui qui dort se réveille. L’aube n’est pas cette lumière qui apparaît ainsi. Musaddad dit : Yaḥyā joignit ses paumes jusqu’à ce qu’elles soient ainsi ; Yaḥyā étendit ses deux index.
Muḥammad ibn ʿĪsā nous a rapporté : Mulāzim ibn ʿAmr nous a rapporté, d’après ʿAbd Allāh ibn al-Nuʿmān, qui m’a rapporté de Qays ibn Ṭalq, d’après son père, que le Messager d’Allah ﷺ a dit : Mangez et buvez ; que la lumière éclatante qui monte ne vous trouble pas. Mangez et buvez jusqu’à ce que le rouge apparaisse horizontalement à votre vue. Abū Dāwūd dit : Ce récit est propre aux habitants du Yamāma.
Musaddad nous a rapporté : Ḥuṣayn ibn Numayr nous a rapporté. Une autre chaîne : ʿUthmān ibn Abī Shayba nous a rapporté : Ibn Idrīs nous a rapporté, selon le même sens, d’après Ḥuṣayn, d’après al-Shaʿbī, d’après ʿAdī ibn Ḥātim, qui dit : Lorsque ce verset fut révélé — jusqu’à ce que le fil blanc se distingue pour vous du fil noir —, je pris un cordon blanc et un cordon noir, les plaçai sous mon oreiller et regardai, mais je ne parvins pas à les distinguer. J’en parlai au Messager d’Allah ﷺ, qui rit et dit : Ton oreiller est bien large et long ! Il s’agit seulement de la nuit et du jour. ʿUthmān ajoute : de l’obscurité de la nuit et de la blancheur du jour.
Chapitre 784
فِي الرَّجُلِ يَسْمَعُ النِّدَاءَ وَالإِنَاءُ عَلَى يَدِهِ
ʿAbd al-Aʿlā ibn Ḥammād nous a rapporté : Ḥammād nous a rapporté, d’après Muḥammad ibn ʿAmr, d’après Abū Salama, d’après Abū Hurayra, qui dit : Le Messager d’Allah ﷺ a dit : Lorsque l’un de vous entend l’appel alors que le récipient est dans sa main, qu’il ne le pose pas avant d’en avoir satisfait son besoin.
Chapitre 785
وَقْتِ فِطْرِ الصَّائِمِ
Aḥmad ibn Ḥanbal nous a rapporté : Wakīʿ nous a rapporté : Hishām nous a rapporté. Une autre chaîne : Musaddad nous a rapporté : ʿAbd Allāh ibn Dāwūd nous a rapporté, d’après Hishām, selon le même sens : Hishām ibn ʿUrwa, d’après son père, d’après ʿĀṣim ibn ʿUmar, d’après son père, que le Prophète ﷺ a dit : Lorsque la nuit vient de ce côté-ci et que le jour s’en va de ce côté-là… Musaddad ajoute : et que le soleil s’est couché, le jeûneur a rompu son jeûne.