Sahih al-Bukhari
Les bonnes manières et la forme (Al-Adab)
كتاب الأدب
Chapitre 27
رَحْمَةِ النَّاسِ وَالْبَهَائِمِ
Ismâ‘îl nous a rapporté : Mâlik m’a rapporté, d’après Sumayy, affranchi d’Abou Bakr, d’après Abou Sâlih as-Sammân, d’après Abou Hourayra, que le Messager d’Allah a dit : « Un homme marchait sur une route et fut saisi par une grande soif. Il trouva un puits, y descendit, but puis en ressortit. Il vit alors un chien haletant qui mangeait la terre tant il avait soif. L’homme se dit : “Ce chien souffre autant de la soif que j’en souffrais moi-même.” Il redescendit dans le puits, remplit sa chaussure d’eau, la tint dans sa bouche et abreuvа le chien. Allah lui en sut gré et lui pardonna. » Les compagnons demandèrent : « Ô Messager d’Allah, y a-t-il pour nous une récompense à bien traiter les animaux ? » Il répondit : « Il y a une récompense pour tout être vivant. »
Abou al-Yamân nous a rapporté : Chu‘ayb nous a informés, d’après az-Zuhrî, qui a dit : Abou Salama ibn ‘Abd ar-Rahmân m’a rapporté qu’Abou Hourayra avait dit : « Le Messager d’Allah se leva pour prier et nous nous levâmes avec lui. Un Bédouin, alors qu’il priait, dit : “Ô Allah, fais miséricorde à moi et à Muhammad, et à personne d’autre avec nous.” Lorsque le Prophète eut terminé la prière, il dit au Bédouin : “Tu as restreint une miséricorde immense.” » Il parlait de la miséricorde d’Allah.
Abou Nu‘aym nous a rapporté : Zakariyyâ nous a rapporté, d’après ‘Âmir, qui dit : Je l’ai entendu dire : J’ai entendu an-Nu‘mân ibn Bachîr dire que le Messager d’Allah avait dit : « Tu vois les croyants, dans la miséricorde, l’affection et la compassion qu’ils se témoignent, comme un seul corps : lorsqu’un membre souffre, tout le reste du corps partage son insomnie et sa fièvre. »
Abou al-Walîd nous a rapporté : Abou ‘Awâna nous a rapporté, d’après Qatâda, d’après Anas ibn Mâlik, que le Prophète a dit : « Tout musulman qui plante un arbre, puis dont un être humain ou un animal mange les fruits, en reçoit une récompense comme pour une aumône. »
‘Umar ibn Hafs nous a rapporté : Mon père nous a rapporté : al-A‘mach nous a rapporté : Zayd ibn Wahb m’a rapporté : J’ai entendu Jarîr ibn ‘Abd Allah rapporter que le Prophète a dit : « Celui qui ne fait pas miséricorde ne recevra pas de miséricorde. »
Chapitre 28
الْوَصَاةِ بِالْجَارِ
Ismâ‘îl ibn Abî Uways a dit : Mâlik m’a rapporté, d’après Yahyâ ibn Sa‘îd, qui m’a dit : Abou Bakr ibn Muhammad m’a rapporté, d’après ‘Amra, d’après ‘Â’icha, d’après le Prophète, qui a dit : « Jibrîl n’a cessé de me recommander de bien traiter le voisin, au point que j’ai pensé qu’il allait lui attribuer une part d’héritage. »
Muhammad ibn Minhâl nous a rapporté : Yazîd ibn Zuray‘ nous a rapporté : ‘Umar ibn Muhammad nous a rapporté, d’après son père, d’après Ibn ‘Umar, qui dit : Le Messager d’Allah a dit : « Jibrîl n’a cessé de me recommander de bien traiter le voisin, au point que j’ai pensé qu’il allait lui attribuer une part d’héritage. »
Chapitre 29
إِثْمِ مَنْ لاَ يَأْمَنُ جَارُهُ بَوَايِقَهُ
‘Âsim ibn ‘Alî nous a rapporté : Ibn Abî Dhi’b nous a rapporté, d’après Sa‘îd, d’après Abou Churayh, que le Prophète a dit : « Par Allah, il ne croit pas ! Par Allah, il ne croit pas ! Par Allah, il ne croit pas ! » On demanda : « Qui donc, ô Messager d’Allah ? » Il répondit : « Celui dont le voisin n’est pas à l’abri de ses méfaits. » Chabâba et Asad ibn Mûsâ ont transmis la même chose. Humayd ibn al-Aswad, ‘Uthmân ibn ‘Umar, Abou Bakr ibn ‘Ayyâch et Chu‘ayb ibn Ishâq l’ont rapporté d’après Ibn Abî Dhi’b, d’après al-Maqburî, d’après Abou Hourayra.
Chapitre 30
لاَ تَحْقِرَنَّ جَارَةٌ لِجَارَتِهَا
‘Abd Allah ibn Yûsuf nous a rapporté : Al-Layth nous a rapporté : Sa‘îd — c’est-à-dire al-Maqburî — nous a rapporté, d’après son père, d’après Abou Hourayra, que le Prophète disait : « Ô femmes musulmanes, qu’une voisine ne méprise pas le cadeau qu’elle fait à sa voisine, même si ce n’est qu’un pied de mouton. »
Chapitre 31
مَنْ كَانَ يُؤْمِنُ بِاللَّهِ وَالْيَوْمِ الآخِرِ فَلاَ يُؤْذِ جَارَهُ
Qutayba ibn Sa‘îd nous a rapporté : Abou al-Ahwâs nous a rapporté, d’après Abou Hasîn, d’après Abou Sâlih, d’après Abou Hourayra, qui dit : Le Messager d’Allah a dit : « Que celui qui croit en Allah et au Jour dernier ne fasse pas de tort à son voisin. Que celui qui croit en Allah et au Jour dernier honore son invité. Que celui qui croit en Allah et au Jour dernier dise du bien ou garde le silence. »
‘Abd Allah ibn Yûsuf nous a rapporté : Al-Layth nous a rapporté : Sa‘îd al-Maqburî m’a rapporté, d’après Abou Churayh al-‘Adawî, qui dit : « Mes oreilles ont entendu et mes yeux ont vu le Prophète parler. Il disait : “Que celui qui croit en Allah et au Jour dernier honore son voisin. Que celui qui croit en Allah et au Jour dernier honore son invité en lui offrant son présent.” On demanda : “Quel est son présent, ô Messager d’Allah ?” Il répondit : “Un jour et une nuit ; l’hospitalité dure trois jours, et au-delà, ce qui lui est offert est une aumône. Et que celui qui croit en Allah et au Jour dernier dise du bien ou garde le silence.” »
Chapitre 32
حَقِّ الْجِوَارِ فِي قُرْبِ الأَبْوَابِ
Hajjâj ibn Minhâl nous a rapporté : Chu‘ba nous a rapporté : Abou ‘Imrân m’a informé : J’ai entendu Talha rapporter d’après ‘Â’icha : « Je demandai : “Ô Messager d’Allah, j’ai deux voisins. Auquel des deux dois-je offrir un cadeau ?” Il répondit : “À celui dont la porte est la plus proche de la tienne.” »
Chapitre 33
كُلُّ مَعْرُوفٍ صَدَقَةٌ
‘Alî ibn ‘Ayyâch nous a rapporté : Abou Ghassân nous a rapporté : Muhammad ibn al-Munkadir m’a rapporté, d’après Jâbir ibn ‘Abd Allah, d’après le Prophète, qui a dit : « Toute bonne action est une aumône. »
Âdam nous a rapporté : Chu‘ba nous a rapporté : Sa‘îd ibn Abî Burda ibn Abî Mûsâ al-Ach‘arî nous a rapporté, d’après son père, d’après son grand-père, qui dit : Le Prophète a dit : « Chaque musulman doit faire une aumône. » On demanda : « Et s’il n’a rien ? » Il répondit : « Qu’il travaille de ses mains, en tire profit pour lui-même et fasse l’aumône. » On demanda : « Et s’il ne le peut pas ou ne le fait pas ? » Il répondit : « Qu’il aide la personne dans le besoin et en détresse. » On demanda : « Et s’il ne le fait pas ? » Il répondit : « Qu’il recommande le bien » — ou dit : « le convenable ». On demanda : « Et s’il ne le fait pas ? » Il répondit : « Qu’il s’abstienne du mal ; cela sera pour lui une aumône. »
Chapitre 34
طِيبِ الْكَلاَمِ
Abou al-Walîd nous a rapporté : Chu‘ba nous a rapporté : ‘Amr m’a informé, d’après Khaythama, d’après ‘Adî ibn Hâtim, qui dit : « Le Prophète évoqua le Feu, s’en protégea et détourna le visage. Puis il évoqua le Feu, s’en protégea et détourna le visage. » Chu‘ba dit : « Je ne doute pas qu’il l’ait fait deux fois. » Puis il dit : « Préservez-vous du Feu, ne serait-ce qu’en donnant la moitié d’une datte. Si vous n’en trouvez pas, alors par une bonne parole. »
Chapitre 35
الرِّفْقِ فِي الأَمْرِ كُلِّهِ
‘Abd al-‘Azîz ibn ‘Abd Allah nous a rapporté : Ibrâhîm ibn Sa‘d nous a rapporté, d’après Sâlih, d’après Ibn Chihâb, d’après ‘Urwa ibn az-Zubayr, que ‘Â’icha, épouse du Prophète, a dit : « Un groupe de juifs entra chez le Messager d’Allah et dit : “As-sâm ‘alaykum” — “Que la mort soit sur vous.” Je compris leurs paroles et répondis : “Et sur vous la mort et la malédiction.” Le Messager d’Allah dit : “Doucement, ‘Â’icha ! Allah aime la douceur en toute chose.” Je lui dis : “Ô Messager d’Allah, n’as-tu pas entendu ce qu’ils ont dit ?” Le Messager d’Allah répondit : “J’ai dit : ‘Et sur vous.’” »
‘Abd Allah ibn ‘Abd al-Wahhâb nous a rapporté : Hammâd ibn Zayd nous a rapporté, d’après Thâbit, d’après Anas ibn Mâlik : « Un Bédouin urina dans la mosquée. Les gens se levèrent pour l’en empêcher, mais le Messager d’Allah dit : “Ne l’interrompez pas.” Puis il demanda un seau d’eau et le versa sur l’endroit. »
Chapitre 36
تَعَاوُنِ الْمُؤْمِنِينَ بَعْضِهِمْ بَعْضًا
Muhammad ibn Yûsuf nous a rapporté : Sufyân nous a rapporté, d’après Abou Burda, Burayd ibn Abî Burda, qui dit : Mon grand-père Abou Burda m’a rapporté, d’après son père Abou Mûsâ, d’après le Prophète, qui a dit : « Le croyant est pour le croyant comme un édifice dont les parties se renforcent mutuellement. » Puis il entrelaça ses doigts. Le Prophète était assis lorsqu’un homme vint demander quelque chose ou solliciter un besoin. Il se tourna vers nous et dit : « Intercédez en sa faveur, vous en serez récompensés. Qu’Allah décide ensuite, par la parole de Son Prophète, ce qu’Il veut. »
Chapitre 37
بَابُ قَوْلِ اللَّهِ تَعَالَى: {مَنْ يَشْفَعْ شَفَاعَةً حَسَنَةً يَكُنْ لَهُ نَصِيبٌ مِنْهَا وَمَنْ يَشْفَعْ شَفَاعَةً سَيِّئَةً يَكُنْ لَهُ كِفْلٌ مِنْهَا وَكَانَ اللَّهُ عَلَى كُلِّ شَيْءٍ مُقِيتًا}
Muhammad ibn al-‘Alâ’ nous a rapporté : Abou Usâma nous a rapporté, d’après Burayd, d’après Abou Burda, d’après Abou Mûsâ, que le Prophète, lorsqu’on venait lui demander quelque chose ou lui présenter un besoin, disait : « Intercédez en sa faveur, vous en serez récompensés. Qu’Allah décide, par la parole de Son Messager, ce qu’Il veut. »
Chapitre 38
لَمْ يَكُنِ النَّبِيُّ صلى الله عليه وسلم فَاحِشًا وَلاَ مُتَفَحِّشًا
Hafs ibn ‘Umar nous a rapporté : Chu‘ba nous a rapporté, d’après Sulaymân, qui dit : J’ai entendu Abou Wâ’il, qui dit : J’ai entendu Masrûq rapporter d’après ‘Abd Allah ibn ‘Amr. Qutayba nous a rapporté : Jarîr nous a rapporté, d’après al-A‘mach, d’après Chaqîq ibn Salama, d’après Masrûq, qui dit : « Nous rendîmes visite à ‘Abd Allah ibn ‘Amr lorsqu’il arriva à Kûfa avec Mu‘âwiya. Il évoqua le Messager d’Allah et dit : “Il n’était ni grossier ni ne cherchait à l’être.” Il dit aussi que le Messager d’Allah avait dit : “Les meilleurs d’entre vous sont ceux qui ont le meilleur caractère.” »